Anaïs Bescond : « Je vais travailler dur pour les Jeux »

BIATHLON – Après une saison en dent de scie, la Jurassienne a mieux terminé l’hiver avec deux podiums en coupe du monde et un titre national en relais. Sans langue de bois, la biathlète de Morbier fait le point sur un hiver bien en deça de ses espérances.

 

Anais Bescond, à regarder de près votre hiver, n’avez-vous pas le sentiment d’avoir vécu trois saisons en une avec un début enthousiasmant, un coup de moins bien sur janvier et ensuite une belle fin de saison ?

On peut dire ça mais je dirais plutôt une première très belle course et ensuite environ trois mois de galère et un dernier mois meilleur. En décembre, ce n’était déjà plus ça et malgré un petit sursaut sur le sprint de Nove Mesto, ce n’était clairement pas ce que j’attendais de mon hiver.

 

Avec un peu de recul, comment analysez-vous ces hauts et ces bas ?

J’ai eu des soucis de santé. Je ne me dédouane pas totalement avec cette excuse, ces soucis sont peut-être liés à des choses en amont. C’est un fait : quand on fait du haut-niveau, il faut que tous les signaux soient à 200%. Et dès le moment où la santé n’est pas là, ça devient vite très compliqué.

 

14e mondiale dans ces conditions, vous auriez signé en début d’année ?

Au final, je trouve que je m’en sors pas si mal !

 

Vous visiez, à Hochfilzen, forcément mieux qu’une participation à l’individuel seulement. Comment avez-vous vécu ces mondiaux écourtés et frustrants pour vous ?

J’ai en effet dû me contenter d’une course et encore, j’ai attrapé une angine deux jours avant l’individuel qui était mon objectif. Ces mondiaux ont été une catastrophe de bout en bout, je n’y ai rien défendu du tout. C’est énormément de peine et de frustration sur cette saison et sur ces mondiaux qui étaient mon objectif, je suis plus que passée au travers. Pas grand chose à dire de plus.

 

Comme un symbole de votre force de caractère, c’est sur l’étape suivante, à Pyeongchang, que vous avez rebondi en montant sur le podium de la poursuite !

En Autriche, avec mon dossard pour l’individuel où je défendais une médaille d’argent, j’étais motivée à 200% pour faire quelque chose de bien. Je me suis entraînée pour cette course, j’étais prête… L’angine en a décidé autrement. Après le relais où j’assurais le rôle de remplaçante qui est important, je suis rentrée chez moi et focalisée sur les trois semaines de mars. Je savais qu’après les mondiaux fatiguants pour tout le monde, il y avait des choses à faire quand parfois des filles se démobilisent un peu… Je me suis entraînée de nouveau pour Pyeongchang avec de gros objectifs et des ambitions élevées pour la fin de saison. Je suis d’autant plus contente d’avoir terminé ces trois semaines de la sorte.

Ensuite, une victoire sur le relais mixte avec une équipe de France inédite puis une troisème place sur le sprint à Oslo et la saison s’est terminée de belle manière avec un titre en relais avec les Jurassiennes… Une belle série !

Un podium chaque semaine, c’est plutôt sympa. Le relais avait une saveur particulière car j’aime beaucoup partager ces moments avec les plus jeunes. Ça m’a beaucoup apporté quand j’étais junior de côtoyer la Flo (Florence Baverel), Vince (Vincent Defrasne) ou Féfé (Férréol Cannard), c’était important pour nous les plus jeunes. Ça nous donnait envie, nous motivait… C’est aussi mon premier titre national en tant que sénior, 15 ans après le dernier titre chez les dames, en 2002.

 

Vous faites partie d’une équipe de France dames qui n’a cessé de surprendre par son talent, sa générosité et sa densité cette année. Que tirez-vous de la force de ce groupe ?

C’est comme une grosse locomotive à la fois devant, derrière et sur les côtés qui ne peut que t’emmener vers du mieux, de faire avancer dans la bonne direction, de tracter vers l’avant. C’est génial.

 

L’an prochain, les regards seront tournés vers Pyeongchang et les Jeux olympiques. Qu’avez-vous pensé du site ?

Le site m’a plu mais ce n’est parce que j’ai fait un podium là-bas que j’ai déjà gagné virtuellement une médaille ! Je vais travailler dur avec ça en tête et je sais pourquoi je vais m’y remettre en mai et également pourquoi j’ai besoin de me reposer avant ça.

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