Baptiste Gros : «Je dois accepter le statut de favori»

GROS Baptiste

SKI DE FOND – Le meilleur sprinteur français, 4e du classement sprint de la coupe du monde, Baptiste Gros est heureux après son incroyable saison marquée par sa première victoire sur le circuit. Il a passé un cap énorme tout comme le groupe France.

 

Ce mercredi soir, TeamWork réunissait à Genève son équipe de sportifs voile et montagne. Dernière recrue de ce team où se côtoient une alpiniste de très haut niveau en quête des sommets de 8000 m, un freerider champion du monde et des navigateurs suisses, le fondeur de l’équipe de France Baptiste Gros a brillé sur les pistes cet hiver, terminant 4e du classement sprint de la coupe du monde. L’occasion de le rencontrer après une incroyable saison.

Baptiste Gros, en début de cette saison, vous vous inquiétiez pour boucler votre budget et puis vous avez intégré l’équipe de TeamWork, une véritable délivrance…

C’était hyper important en effet. C’est énorme d’avoir été démarché par TeamWork, vraiment une chance énorme, presque un miracle car j’étais pas loin de la catastrophe financièrement. J’ai appris à découvrir toute l’équipe voile et montagne. Philippe Rey-Gorrez, avec son entreprise, a débloqué un budget important pour le sponsoring. C’est pour moi un partenaire idéal. il y a tout : beaucoup de proximité, de la recherche, un accompagnement dans les besoins, dans la construction d’un projet, d’une évolution de carrière. Les valeurs du sport sont partout chez TeamWork et nous poussent à donner le meilleur de nous-mêmes.

Cet accompagnement vous a d’ailleurs permis de signer la meilleure saison de votre (jeune) carrière.

Les résultats sportifs sont liés à une addition de plein de choses, les à-côtés de notre vie, l’aspect financiers y tiennent une grande place. ça m’a libéré d’un poids, apporté un vrai soutien. Quand quelqu’un vous fait confiance de la sorte, ça vous pousse à aller un peu plus loin. ça m’a encourager à être ambitieux. D’entrée, je lui ai dit que je voulais faire partie du top 5 du sprint mondial !

 

Baptiste Gros avec PDG de TeamWork.

Baptiste Gros avec Philippe Rey-Gorrez, le PDG de TeamWork.


 

Quel regard portez-vous sur cette saison riche en émotions, en podiums et en victoire ?

Pour moi et pour le groupe sprint, c’est une saison complète. Quand on définit des objectifs en début de saison et qu’on peut s’y tenir, c’est une réussite. Tous les objectifs comme la première gagne en coupe du monde, le top 5 mondial, une finale en classique ont été réalisés. On vise aussi avec le groupe à développer la notoriété de notre sport, de notre discipline et je crois qu’on est attendu pour l’an prochain. Il y a un bel élan autour du ski de fond chez les Français, c’est peut-être notre plus gros objectif.

 

Sa victoire au Canada :


 
 

Vous étiez monté sur le podium en coupe du monde : troisième, deuxième puis la plus haute marche. Cette fameuse marche ne revêt-elle pas aussi un caractère psychologique ?

Oui un peu. Je reprends ce soir une citation de Senèque : “Ce n’est pas parce que les choses sont difficiles qu’on ose pas, c’est parce qu’on n’ose pas que les choses sont difficiles”. ça représente plutôt bien ma saison. Elle montre ce qui c’est passé cet hiver. On nous a dit : “C’est historique ce que vous faites”. C’est donc que des barrières psychologiques ont sauté et qu’à un moment, si on se fixe des limites, on n’ira pas plus loin. Ce début de saison, nos objectifs étaient élevés. Je fais ma meilleure saison. Richard Jouve, en sénior 2, est monté deux fois sur le podium et est respecté par les tous les skieurs internationaux, Lucas Chanavat qui est champion du monde U23… ça commence à causer.

Avec encore Valentin Chauvin ou Renaud Jay montés sur le podium en team sprint, vous êtes porté par une dynamique positive…

Il y a beaucoup d’effet de groupe, de remises en cause l’été qui bouscule tout en début de saison. Cyril Burdet est aussi arrivé avec un discours très clair : “Si je viens, je veux des ambitions. Et si vous me dites que la vôtre c’est de faire des top 30 ou des top 10, c’est bien mais je ne suis pas là pour ça ! Dans quatre ans, il y a des Jeux olympiques, et je ne repartirai pas des Jeux dans médailles”. Quant t’entends ça, tu te dis que le gars a totale confiance dans ce qu’il fait et dans le potentiel de ses athlètes.

 
 
DAVOS, SWITZERLAND - DECEMBER 13: Baptiste Gros of France takes 2nd place during the FIS Nordic World Cup Men's and Women's Cross Country Sprint on December 13, 2015 in Davos, Switzerland. (Photo by Vianney Thibaut/Agence Zoom)
 
 

Vous serez à Tyumen pour un show biathlon fond en Russie, ensuite place aux vacances ?

Oui, on sera avec Martin et Simon Fourcade, Marie Dorin-Habert, Richard Jouve et moi notamment pour cet événement. Ensuite, après des vacances bienvenues, on attaque début mai avec un stage tourné vers l’haltérophilie ! Ce ne sera pas facile mais très enrichissant pour se préparer en vue de la nouvelle saison.

Lathi 2017, les mondiaux de ski nordique : c’est une date que vous avez déjà coché dans votre agenda ?

Oui forcément, un sprint skate en plus ! J’y étais pas cette année mais j’ai regardé la piste et pris des informations via d’autres athlètes. D’ailleurs, on a fait part de nos réserves à la Fis concernant les derniers virages de cette piste. On craint une loterie et avons demandé des aménagements pour plus d’équité. Pour moi, ce sera une étape importante. Il faudrait accepter d’être attendu, de ne plus être dans un statut d’outsider. On a déjà goûté à ce nouveau statut de favoris après Planica et les deux doubles podiums des français. Derrière, ça a parlé… Il faudra être prêt.

 
 

Le team sprint de Planica :

 

Laissez un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Time limit is exhausted. Please reload CAPTCHA.