Dopage russe aux JO : les réactions se multiplient

DOPAGE – Les révélations de l’ex-patron du laboratoire antidopage de Moscou dans le New York Times ont largement été commentées.

 

 

Comme l’a relayé Nordic Magazine le 12 mai, Grigory Rodchenkov a confié au New York Times que des athlètes russes ont bénéficié d’un système de dopage planifié par Moscou durant les Jeux olympiques d’hiver de Sochi, en 2014. Selon l’ex-patron du laboratoire antidopage de Moscou, un tiers des trente-trois médailles remportées par la Russie l’ont été par des athlètes ayant suivi ce programme. Ils étaient plusieurs dizaines sur la liste. Aucun n’a été contrôlé positif.  Notamment mis en cause : Alexander Legkov,  quintuple vainqueur en coupe du monde. Il a aussi gagné le 50 kilomètres de ski de fond lors de la dernière journée des Jeux et a reçu sa médaille d’or pendant la cérémonie de clôture. Il a réagi dans les médias russes. Le fondeur a défendu ses « médailles acquises honnêtement » et a prétendu que Rodchenkov, qui a démissionné en tant que directeur du laboratoire l’année dernière à la suite d’autres allégations selon lesquelles il a couvert le dopage en athlétisme, n’était pas une source crédible. « Je ne comprends pas pourquoi une personne comme lui devrait être crue », a-t-il.  Paris Match résume : « Grigory Rodchenkov a failli perdre son accréditation et son droit d’exercer dans son laboratoire après des plaintes remontées jusqu’aux oreilles des experts de l’AMA. Mais l’affaire avait finalement été oubliée. En 2011, le médecin avait déjà été mis en cause dans une affaire de trafic de produits dopants. Il était alors persuadé d’aller en prison puisque sa sœur venait d’être incarcérée pour des faits similaires. Mais contrairement à elle, lui avait réussi à échapper aux poursuites après que l’enquête a mystérieusement été close. » « S’il écrit de telles choses, c’est visiblement que Rodtchenkov prend lui-même ces cocktails (méténolone, trenbolone, oxandrolone, NDLR) », a ajouté Alexander Legkov.

« Tout ça est infondé. Je trouve ça drôle et triste, s’est énervée la présidente de la Fédération russe du ski de fond, Elena Vialbié, auprès de TASS. Défendre Legkov ? Et pourquoi devrais-je le défendre, s’il ne s’est jamais dopé, ni avant les JO, ni pendant, ni après ? »

De son côté, le Kremlin a dénoncé ce vendredi « les calomnies d’une girouette».

 Le Comité international olympique (CIO) a réagi à ces révélations en faisant part de « son inquiétude »et a demandé à l’Agence mondiale antidopage (AMAM) de « conduire immédiatement une enquête ».

Les Russes ont un historique

Il n’empêche, la boîte de Pandore est ouverte. Des langues se délient. Au Canada, Alex Harvey a ainsi commenté : « Tu ne peux pas accuser du monde sans preuve, mais les Russes, on a toujours des doutes sur eux. Juste la façon dont ils courent : ils n’ont pas la meilleure stratégie de course. Ils sont juste plus forts que les autres. Et ils ont un historique : c’est presque toujours eux qui se font prendre dans notre sport.»

Robin Duvillard avait terminé 6e du 50 km des Jeux olympiques de Sochi. « Quelques jours après les Jeux, il y a eu des révélations sur l’usage par les Russes du gaz Xenon pour optimiser leurs performances. Et là, il y a ce témoignage qui relance le débat. Dans tous les cas, quand bien même on arriverait à prouver ce dopage organisé à l’échelle d’un Etat, même si je récupérais une médaille de bronze ou que l’on nous remette l’argent au lieu du bronze en relais, le mal est fait. On te vole des émotions. En regardant la course du 50 km à la télé, je terminerai toujours 6e », a-t-il confié à nos confrères du Dauphiné.

Dans tous les cas, avec cette nouvelle polémique, la Russie aura la plus grande peine à obtenir la requalification de ses athlètes pour les JO de Rio cet été, dont ils sont pour le moment suspendus en raison de précédentes accusations de l’Agence mondiale antidopage. 

 

Photo : Agence Zoom

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