Florent Claude : « Mon présent, c’est l’équipe de Belgique »

Florent Claude

BIATHLON – Le Vosgien Florent Claude qui a rejoint l’équipe de Belgique, a terminé 2e de la mass-start des championnats d’Allemagne. De quoi le rassurer en cette fin d’été. Le jeune homme de 24 ans attend maintenant d’obtenir la double nationalité pour participer aux épreuves internationales de l’hiver. Entretien.

 

 

Florent Claude, vous avez terminé 2e de la mass-start des championnats d’Allemagne. Vous aviez 6e du sprint. Voilà de quoi vous rassurer en cette fin de préparation estivale.
Effectivement nous avons participé à ces courses car c’était également les championnats de Belgique pour nous. C’est sûr que cela rassure : après des gros mois d’entraînements l’été, il est toujours bien de pouvoir se comparer avec les tous meilleurs, afin d’évaluer ce que l’on a pu bien faire ou non, ce qu’il faut encore faire pour progresser… Pour ma part, j’y allais sans avoir préparé le championnat, à la différence des Allemands car, pour eux, ces courses sont des sélections importantes.
Mon objectif était de continuer ma préparation en faisant des intenses. Je suis content de mon niveau physique, je n’ai pas eu de soucis avec mon genou ou mon dos cet été, et je pense avoir progressé. Mais il y a encore beaucoup de points à travailler.
Concernant le tir aussi, je voulais mettre en place de nouvelles choses, et c’était l’occasion de le faire en conditions de courses. Donc forcément un bilan positif, avec cette superbe mass-start, un public énorme qui était venu et l’ambiance dans le stade. C’était déjà une petite coupe du monde pour les gens à Oberhof. Après, il ne faut pas s’emballer, c’était une course d’été , à mi-chemin dans la préparation avant hiver, mais cela me donne envie de poursuivre car le plaisir est là.
Florent Claude est monté sur le podium des championnats d'Allemagne.

Florent Claude est monté sur le podium des championnats d’Allemagne.

Justement, racontez-nous comment vous vous êtes préparé, pour cette première année loin de l’Equipe de France.
Je suis en master 1 spécialité entraînement, donc j’ai la chance d’avoir acquis des connaissances que je mixe avec mes années de pratique dans le haut niveau. Je reprends ce qui marchait bien pour moi, en essayant de corriger le moins bon. Je peux faire exactement ce que je pense être bien pour moi, je planifie mon entraînement au plus proche de mes sensations de fatigue ou non. Mais c’est pour ça que c’est important de participer aussi à des compétitions dans la préparation, afin de vérifier si je suis toujours dans la bonne voie…

 

Chacun a envie de développer le biathlon et c’est intéressant d’y contribuer un petit peu.
Parlez-nous de l’équipe belge à laquelle vous appartenez désormais. Comment se présente-t-elle ?
L’équipe belge a, je pense, de l’avenir, dans les années futures. J’espère que l’on arrivera à tous progresser pour la faire remonter dans le classement nation. Michael Roesch a l’air très bien cette saison et notre entente se passe super bien, comme avec les plus jeunes qui sont Loïc Dehottay, Thierry Langer et Tom Lahaye-Goffart. Le staff et la fédération sont motivés et j’ai découvert la gentillesse de l’accueil belge.
Chacun a envie de développer le biathlon et c’est intéressant d’y contribuer un petit peu.

 

Vous vous êtes retrouvé à Antholz-Anterselva pour un stage. Avez-vous ressenti de grosses différences par rapport à un stage avec l’équipe de France ?
Effectivement, en août, nous nous sommes tous retrouvés à Antholz pour le premier stage de la saison. C’était l’occasion de faire connaissance avec les plus jeunes et ceux que je ne connaissais pas trop bien, et de rencontrer le staff. Nous avons bien travaillé en physique et en tir, mais la différence essentielle est venue des langues parlées, car tous ne parlent pas français. J’étais en chambre avec Michael (Roesch ) et donc on parlait anglais ou allemand, tout comme avec les autres membres de l’équipe. Cela donne une dimension en plus.
Par rapport au stage en lui-même, pas véritablement de différences, cela reste de l’entraînement, mais c’était vraiment bien de partager avec les autres, de voir ce qu’ils font à l’étranger…

 

Le Vosgien a retrouvé la compétition dans des courses qui servaient aussi de cadre aux championnats belges.

Le Vosgien a retrouvé la compétition dans des courses qui servaient aussi de cadre aux championnats belges.

 

En cette mi-septembre, sur quels points vous reste-t-il à travailler avant l’hiver ?
Je dirais un peu tout. Entre ces deux week-ends de compétitions, nous étions en même temps en stage à Oberhof et j’ai pu continuer le travail normalement. C’est sûr il y a des points positifs au tir et au niveau physique que je vais garder et renforcer, mais j’ai aussi pu voir ce qui n’allait pas, car il y en a encore beaucoup (rires) et je vais essayer de travailler plus.
Quel est votre programme jusqu’à la reprise des compétitions ?
Ce week-end, il y a les championnats de ski de fond de Belgique : c’est une montée de col et je vais la faire. Ensuite je vais repartir sur un gros cycle de volume et de travail. Fin octobre, nous retournons à nouveau en stage à Oberhof ; je trouve très intéressant de pouvoir y aller plusieurs fois car, là-bas, nous pouvons utiliser le tunnel et faire du vrai ski. Ensuite pour l’hiver, on verra où tombe la neige…

 

Je ne me pose pas la question de savoir si j’ai des regrets ou non, j’ai fait un choix.
Et après, à quoi rassemblera l’hiver de Florent Claude ?
Pour le moment je dois attendre d’avoir ma double nationalité afin de vraiment pouvoir concourir avec la Belgique en international. Mais les deux objectifs majeurs de l’hiver, si tout se déroule bien, et que je peux courir, seront les championnats d’Europe et les championnats du monde à Hochfilzen. Je ne me prends pas la tête à savoir quand j’aurai la double nationalité : je m’entraîne et me fais plaisir et je verrai comment cela se passe.
Après je prendrai les compétitions comme elles viennent.

 

Plus de trois mois après votre décision de porter les couleurs de la Belgique, aucun regret apparemment ?
J’ai saisi une opportunité. Pour moi, c’est comme une nouvelle carrière qui a commencé. Je suis très content de ce que je vis maintenant, je découvre plein de nouvelles choses, cela me permet de parler trois langues et je me sens vraiment bien. Je ne me pose pas la question de savoir si j’ai des regrets ou non, j’ai fait un choix car j’avais encore envie de faire du biathlon et j’étais prêt à en assumer les conséquences et le reste je ne m’en occupe pas.
Je me sens bien dans tous les points de vue et j’essaie de rester concentré sur mes objectifs, sans me polluer l’esprit avec des considérations secondaires. Mon présent, c’est l’équipe de Belgique et sans doute un long futur car je n’ai que 24 ans : j’ai encore beaucoup à progresser mais avant tout je suis heureux et pleinement acteur de ma vie sportive. J’ai la chance d’avoir été très bien accueilli et secondé dans mon projet par tout le staff belge et j’espère leur renvoyer l’ascenseur.

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