Hommage à André Buffard

CARNET – L’une des grandes figures du ski jurassien vient de nous quitter. André Buffard, natif d’Arc-et-Senans, est décédé jeudi dernier à l’âge de 91 ans. Nordic Magazine lui rend hommage. Voici le portrait paru dans ses pages.

 

Dans le placard. Tout est dans le placard… Les six écussons au coq, emblème de l’équipe de France de ski de fond de 1948 à 1953 et puis les dizaines de coupes, de médailles, de fanions… La vie entière d’André Buffard tient dans la vitrine d’un petit meuble bien rangé dans le salon. 89 ans à brasser la neige [cet article est paru dans Nordic Magazine n°13], pour le meilleur et pour le pire. Le meilleur, c’est la victoire. La coupe Montefiore par trois fois, la Kurikkala en 1952, le championnat de France en relais six fois…

Le pire, c’est, c’est… Pour “le Dédé”, il n’y a pas de pire ! Ou alors, le pire eut été de ne pas connaître le ski.

Aujourd’hui, seul dans sa grande maison des Rousses, il vit avec son passé. Une nostalgie maîtrisée : « Je suis arrivé ici à trois ans, à la ferme de mes grands-parents aux Rousses d’en-bas, brûlée par les Allemands en 1944. La première piste était juste derrière l’église, au Pré Chavin. J’ai gagné ma première course en 1937 et j’ai commencé la compétition à l’hiver 1942, à 17 ans. » Licencié au ski-club rousseland depuis 67 ans, c’est à peine s’il en revient : « Je dois être l’un des plus anciens. »

 

 

Le ski, c’est un virus. Lui, c’est son oncle Gaston, sélectionné aux JO de 1936, qui le lui a transmis : « Il préparait ses habits, ses skis et tous ses déplacements à la ferme. » Le gamin regardait et rêvait de voyages. Il devra attendre 1944 pour faire son premier déplacement à Briançon aux championnats de France : « Depuis les Rousses, on a mis 52 heures en train, mais on a remporté la course en relais ! » En 1948 il participe aux JO de Saint-Moritz et, en 1950, c’est son premier voyage en avion à Lake Placid, aux Etats-Unis : « Il n’y avait pas de neige, dit-il. Pour s’entraîner, on faisait du footing sur les routes ! »

Martin Fourcade pour locataire

En 1952, une autre aventure commence. Il entre aux douanes et la douane, c’est du sérieux : « Il y avait une équipe et ils ont décidé de recruter de bons skieurs. Alors, je suis resté, mais j’ai passé mon concours comme tout le monde. L’hiver les skis, l’été le képi ! » Des souvenirs, André Buffard en a des tonnes, bien au chaud. Sa période comme entraîneur de l’équipe de France de biathlon de 1967 à 1969 : « On traçait nous-mêmes les pistes, il n’y avait ni docteur, ni masseur. On vivait au jour le jour avec les moyens du bord. Il fallait se bagarrer tout le temps. »

Il ne lâche rien. Normal, c’est de la graine de champion : « Je garde le contact avec les jeunes, j’aime bien. Martin (Fourcade) est resté un an chez moi, c’est un garçon charmant. Et puis, maintenant il y a Hugo Buffard, le petit-cousin. Avec lui, ça continue ; il sera le troisième Buffard à participer aux Jeux olympiques ! »

 

 

 

Laissez un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Time limit is exhausted. Please reload CAPTCHA.