Jérôme Laheurte : « Il nous manque l’étincelle »

LAHEURTE Jerome

COMBINE – Patron du combiné nordique tricolore, Jérôme Laheurte dresse un bilan contrasté à six concours de la fin d’une saison compliquée par la météo. Mais pointe aussi des points positifs.

Avec de gros points marqués à Lahti et Kuopio par Maxime Laheurte et François Braud et les premiers au compteur pour Antoine Gérard, l’équipe de France a fait une belle tournée finlandaise…

Ça fait du bien. On est assez cintent car les mecs se montrent. Mais il faut être encore plus costaud au tremplin pour jouer le podium. Maxime a progressé au tremplin, tout comme François, c’est leur niveau des dernières années. Mais on n’a pas d’étincelles avec un gros saut pour jouer tout devant. On est également satisfait pour Antoine avec ses premiers points. Si on jette un oeil dans le rétroviseur, on est globalement bien plus satisfait de cette période qu’après la dynamique suivant Chaux-Neuve, où l’après Jason a été dur à gérer. Il y a eu de bons résultats à Seefeld pour François et Maxime qui signent leur meilleur résultat sur le Triple. Aujourd’hui, François est 14e de la coupe du monde, 13e étant sa meilleure place l’an passé. Maxime est 20e, c’est son meilleur classement depuis bien des années. Le tableau n’est pas si noir, mais il nous manque l’étincelle.

« François Braud est à son niveau, mais il manque un petit truc pour jouer tout devant ».

« François Braud est à son niveau, mais il manque un petit truc pour jouer tout devant ».

Cette année fut extrêmement compliquée pour les combinés avec un très peu de compétitions avant la mi-janvier avant de finir en trombe avec 13 concours entre le 5 février et le 6 mars. Comment gérez-vous ce calendrier inédit !

Ça été compliqué tout le mois de janvier, on s’est arraché les cheveux avant Chaux-Neuve. On était la seule discipline à ne pas courir, une situation très frustrante. On a tenu les athlètes en faisant des stages et des tests avec d’autres nations pour essayer de mettre le dossard sur le dos. Malgré tout, ce n’était pas de vrais coupes du monde. Par contre, une fois qu’on est lancé, c’est beaucoup mieux, les repères et les sensations arrivent plus vite. On prie aussi pour qu’il n’y ait pas un petit souci de santé sur une telle densité de courses…

D’autant que la densité est énorme cette année au tremplin comme sur la piste !

Oui en ski de fond, les temps de ski sont très serrés, le niveau est beaucoup plus dense : on est ravi de voir nos gars jouer dans la bonne moitié haute du paquet. En saut, il y a trois ou quatre gars au dessus du lot : Riiber, Frenzel, Klemetssen et Watabe. Aujourd’hui, avec des sauts moyens, les bons fondeurs comme Moan ou Kokslien ne rentrent plus devant. Depuis quelques années, on a travaillé sur le fond mais le nouveau règlement du combiné nordique occasionne cette année de plus gros écarts au tremplin. Le saut est revenu aux avant-postes, on réorientera donc la préparation estivale sur le saut et l’explosivité. C’est un compromis délicat à trouver.

Lors du team sprint de Lahti.

Lors du team sprint de Lahti.

L’après Jason Lamy-Chappuis / Sébastien Lacroix a-t-il été plus compliqué à gérer que vous ne l’imaginiez ?

En termes d’entrainement et d’ambiance, non. Les jeunes sont super à vivre, l’âme de l’équipe est toujours présente et plaisante. Chaux-Neuve n’a pas été simple à gérer car les gens imaginaient que François allait remplacer Jason au niveau des résultats. Mais ça, ce n’est pas possible : un athlète comme lui, il y a en un par génération comme un Martin Fourcade sur la coupe du monde de biathlon !  De même, sur le team sprint, avec Jason et Seb dans le collectif, on arrivait souvent à claquer un podium ou mieux. Mais si on fait le compte, François est à son niveau même s’il manque un rien pour jouer le podium ou au moins un top 5, comme sur son saut de compétition à Kuopio où il prend vent de dos sur la fin de son vol alors que les sauteurs avant et après lui ont de super conditions…

Dès ce week-end en Italie à Val di Fiemme puis le suivant en Allemagne, à Schonach, se dérouleront les deux dernières étapes de la coupe du monde. Qu’attendez-vous de vos athlètes pour cette période de six concours ?

On va continuer d’avancer sur cette dynamique positive en se disant que ça finira par payer. La stratégie c’est d’aborder chaque compétition à fond. On gère la fatigue du mieux possible, la récupération également.  Et puis nous avons bien sûr en tête les quotas : c’est un objectif de la saison de sauver nos quatre quotas pour l’équipe de France. Il faut qu’Antoine remette des points en entrant dans le top 30, et qu’un autre, comme Laurent Muhlethaler rentre aussi dans le top 30. Il aurait pu grâce à une médaille aux mondiaux juniors, valider un quota. Laurent est à l’aise sur les grands tremplins : Val di Fiemme pourrait lui convenir.

Enfin, comment ne pas évoquer le couac des championnats du monde juniors où les jeunes Français n’ont pu se rendre, suite à un changement de calendrier de dernière minute de la FIS… Une immense déception avant tout pour les athlètes ?

Oui clairement ! En termes d’expérience, ça aurait été très intéressant pour les jeunes. On leur coupe l’herbe sous le pied, c’est dommage. Edgar Vallet ou Théo Rochat ont encore trois et quatre années de juniors, ils auront d’autres occasions. La frustration est lourde aussi pour Laurent qui pouvait jouer un podium. C’est assez invraisemblable comme situation…On réfléchit pour en inscrire certains sur la coupe continentale de Chaux-Neuve. On a 8 places pour cette étape, on va mettre des juniors, c’est certain.

Photo : Agence Zoom –

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