Julien Robert : « Une grosse attente pour Oslo »

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BIATHLON – Ambiance veille de départ pour le groupe féminin de l’équipe de France de biathlon qui s’est offert un dernier chrono sur le stade des Tuffes à Prémanon ce samedi. L’occasion de passer les troupes en revue avec l’entraîneur Julien Robert.

Julien Robert, quel a été le programme des biathlètes depuis votre retour de la coupe du monde Presque Isle, en Amérique du nord ?

C’était vraiment que du repos car entre le voyage, le décalage horaire et la fatigue de janvier-février, la première semaine a été dédié au calage du sommeil, à bien récupérer. Elles ont repris le ski le week-end dernier et on s’est ensuite retrouvé ici (au stade des Tuffes) pour des séances spécifiques afin de se remettre dans le bain.

Ce samedi, quel est l’objectif de ce dernier chrono sur la piste du stade Jason Lamy Chappuis Les Tuffes avant le grand départ pour Oslo ?

Après 15 jours sans courir, le corps a besoin d’efforts intenses pour se souvenir de ce qu’est l’acide lactique et le rythme. On a fait une course très courte avec quatre tirs. L’essentiel est fait puisqu’on voyage ce dimanche (hier) et qu’il restera trois jours sur place pour celles qui disputent le relais mixte et cinq pour les biathlètes alignées sur le sprint-poursuite. On va jouer sur la fraîcheur.

Comment est le groupe avant le principal rendez-vous de cette saison ?

Tout le monde a envie d’aller à Oslo, c’est le pays du nordique après le Jura bien sûr (rires) ! Ça va être une belle fête et on a envie d’y performer. En tant qu’entraîneur, on a une grosse attente, envie de vivre ces moments de stress, d’émotions… Les athlètes y vont avec un rêve au fond de leur tête. Le relais mixte nous donnera beaucoup d’informations pour les courses à venir ensuite. C’est un peu le tremplin des mondiaux, on espère le réussir pour partir sur de bonnes bases.

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Vous arrivez à Oslo avec collectivement deux médailles d’argent en relais mixte et relais dames à défendre. Un peu de pression ?

Non, car chaque année ne ressemble pas. On ne se focalise pas sur les résultats de l’an passé. On sait que l’équipe filles est assez dense, comme celle des garçons d’ailleurs. On a moyen de réaliser des supers trucs. L’avantage, c’est qu’on a pas mal de courses et donc d’occasions de réaliser quelque chose de bien là-bas. On ne se met pas de pression particulière par rapport à Kontiolahti 2015 et on regarde devant nous, concentrés sur la quinzaine à venir. On sait que Marie est dans le coup, on va retrouver les mêmes personnes que celles qui brillent sur la coupe du monde. Il faut aussi un peu de réussite pour se faire une petite place sur le podium.

Marie Dorin-Habert, numéro 2 mondiale, arrive en Oslo en tant que double championne du monde. Comme gère-t-elle l’attente générée autour d’elle ?

Elle n’a pas la mentalité d’un Martin qui aime être le numéro un, Marie adore la compétition, ce qu’elle fait. Par contre, elle n’a pas le même raisonnement pour aller chercher les résultats, comme une impression que les résultats doivent venir à elle. Peut-être que la frontière qui la sépare de très grands résultats réguliers, c’est peut-être cette limite là. Elle doit travailler sur elle pour se dire, “Aujourd’hui, je mets tout en place pour aller chercher la gagne”…

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De son côté, Anaïs Bescond arrive en Norvège après une montée en puissance régulière sur la coupe du monde. Elle sera une sérieuse outsider…

Oui, elle a le rôle type d’un outsider, avec moins de pression que Marie. Elle a les capacités de briller sur plein de formats différents. Elle a fait trois fois quatrième cet hiver. C’est un peu rageant, j’aimerais qu’elle soit récompensé par le bonus d’une médaille car elle en est capable.

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Célia Aymonier, qui espérait simplement disputer une ou deux coupes du monde cet hiver, se retrouve aux championnats du monde dans la Mecque à Oslo. Quel regard posez-vous sur son parcours cet hiver ?

On est tous surpris pas par son potentiel mais de la vitesse de sa progression. Il y a seulement deux mois et demi, elle se battait pour une qualification en IBU cup. Le chemin a été rapide et court. On s’attendait qu’à l’avenir elle fasse ce qu’elle réalise aujourd’hui. Elle est dans un moment de sa vie et de sa carrière qui est très positif où les résultats s’enchaînent alors que beaucoup de choses sont à améliorer : la régularité du tir qui demandera quelques années, la gestion de course… Elle a un regard toujours positif, elle voit toujours le verre à moitié plein. Elle s’est également bien fondue dans le moule de l’équipe. Pour elle, c’est 10 jours de bonus. Comme nous avons cinq quotas pour le sprint/poursuite avec Marie championne du monde en titre, elle sera au départ.

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Quelles sont vos attentes concernant Justine Braisaz, elle aussi régulièrement dans le top 30 et Anaïs Chevalier, remontée en coupe du monde en début d’hiver ?

Anaïs, après une saison difficile et des problèmes de dos importants, est bien revenue. Même mieux que bien. Elle a redressé la barre, beaucoup mûri après cette blessure, et sera en outsider en sachant que ce sera compliqué d’aller chercher des titres individuels mais elle nous aidera beaucoup dans les relais. Justine continue d’apprendre, elle est encore loin du sommet de sa progression. Il lui manque des années d’expérience et de la maturité. Avec le potentiel qui est le sien, elle peut rêver d’une belle surprise sur Oslo.

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Enfin, Enora Latuillière a mis un terme prématurément à sa saison. Quelles sont les nouvelles concernant ses problèmes de dos ?

Oui, moralement, ça lui a fait du bien de couper. Tout l’été, elle a couru après son entraînement. Elle a fini la saison fatiguée, elle a attaqué trop tôt le printemps. Elle a coupé complètement en juillet et repris trop vite ensuite… Elle a traîné sa fatigue avec anxiété. Elle s’est reposé depuis un ou deux mois avant de partir pendant trois semaines à Cap Breton en mars pour trouver une solution à ses soucis de dos et attaquer l’entraînement tout doucement au printemps. J’espère la retrouver dès la saison prochaine avec le potentiel qu’on lui connaît.

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