Les tops et les flops des mondiaux de Lahti

NORDIQUE – Les mondiaux de Lahti se sont terminés ce dimanche par un magnifique 50 km libre disputé sous le soleil finlandaise. L’heure est au bilan : qui sont les vainqueurs et les déçus de ces championnats ?

 

 

LES TOPS

 

  • Johannes Rydzek et les Allemands en combiné

 

Avec quatre médailles d’or en autant de courses, Johannes Rydzek aura marqué de son empreinte ces mondiaux de Lahti. En faisant mieux qu’un certain Jason Lamy Chappuis, triple médaillé d’or à Val di Fiemme en 2013, le combiné allemand est entré dans l’histoire de son sport. Impérial sur la piste, toujours régulier en saut, le combiné d’Oberstdorf a survolé les débats, tactiquement comme physiquement.

 

Il confirme d’ailleurs la main mise de l’Allemagne sur le combiné mondial cette année avec l’or collectif sur le relais et le team sprint, associé à Eric Frenzel, quadruple vainqueur du globe. La fin de saison sera dantesque entre les deux extraterrestres de la discipline pour s’aduger le général de la coupe du monde.

 

 

  • Marit Bjoergen, reine des mondiaux

 

Elle aussi a remporté quatre titres planétaires. Mais sur le papier, rien n’était fait d’avance pour la fondeuse norvégienne qui revenait d’une saison blanche suite à sa maternité. Mais Marit Bjoergen reste une athlète à part, une sportive tout simplement exceptionnelle. Sacrée en skiathlon, sur le 30 km classique, en relais et sur le 10 km classique, la reine Marit affiche désormais 12 titres mondiaux individuels, un fabuleux record quand on sait que les mondiaux de nordique ont lieu seulement tous les deux ans ! C’est certain, la jeune maman sera encore en quête d’or olympique dans un an aux Jeux de Pyeongchang.

 

  • François Braud, seul médaillé français

 

Il “défendait” trois médailles en arrivant en Finlande. François Braud a tenu son rang en décrochant la troisième place individuelle du concours sur grand tremplin. Après s’être rassuré avec une belle 6e place sur le petit tremplin, le Chamoniard a parfaitement géré le concours suivant. Fort sur la piste et performant tactiquement, le leader français a trouvé les ressources pour décrocher une belle médaille, la seule glanée par le camp tricolore.

 

Le staff du combiné nordique français espérait créer la surprise en prenant une breloque, c’est chose faite même si la médaille dans le team sprint fut jouable pendant un long moment.

 

 

  • Les fondeuses américaines

 

On retiendra aussi le sourire de Jessica Diggins lors de ces mondiaux de Lahti. La jolie Américaine rentre de Finlande avec deux médailles : l’argent sur le sprint et le bronze sur le team sprint associée à Sadie Bjoernsen. Si l’on ajoute également le bronze glané par la jeune maman Kikkan Randall et la superbe 4e place sur le relais au finish derrière la Finlande, le bilan des Américaines est épatant. Cet état d’esprit positif et d’entraide permet aux fondeuses US de briller individuellement et collectivement. Assurément une nation qui fait partie du gratin mondial aux côtés de la Norvège, la Suède et la Finlande.

 

  • La moisson du Russe Sergey Usytiugov

 

Avec cinq médailles sur six possibles, il est l’homme fort de ces mondiaux de ski de fond. Sergey Ustiugov est monté sur le podium de toutes les courses sauf le 10 km classique. Médaillé d’or sur le skiathlon et le team sprint (avec Nikita Kriukov), le Russe a impressionné par sa volonté et son engagement total sur les épreuves.

 

 

  • Les sauteurs Carina Vogt et Stefan Kraft

 

Avec deux médailles d’or (individuel et par équipes), Carina Vogt a une nouvelle fois démontré qu’elle savait préparer les grands rendez-vous mieux que personne. De son côté, Stefan Kraft a plané sur les tremplins finlandais. Sacré sur petit et grand tremplin, récompensé dans les deux concours collectifs, l’Autrichien a devancé par deux fois l’Allemand Andreas Willinger. Le numéro un mondial Kamil Stoch se console avec le titre par équipes.

 

 

LES FLOPS

 

 

  • Le bilan tricolore

 

Certes le bilan de Falun 2015 était exceptionnel avec six médailles et la 4e place des nations, certes Jason Lamy Chappuis et Sébastien Lacroix ont quitté la scène depuis les mondiaux suédois, certes les fondeurs tricolores n’étaient montés que sur un podium cet hiver, avec une seule médaille décrochée sur ces mondiaux de Lahti, le bilan tricolore n’en est pas moins maigre. Voire inquiétant en vue des Jeux olympiques l’an prochain.

On pourra se rassurer avec la médaille de François Braud et le bel esprit montré par les bleus, notamment les jeunes Antoine Gérard, Laurent Muhlethaler, Clément Parisse… Mais force est de reconnaître que le compte n’y est pas pour les hommes de François Faivre et Cyril Burdet. Oui, le sprint s’est joué à de petits détails, comme toujours. Oui, un 15 km classique en Finlande est forcément ultra relevé. Oui, Maurice Manificat et Clément Parisse ont assuré un superbe 50 km avant de lâcher en toute fin de course malgré un top 10 très honorable du chef de file français. Oui, les bleus étaient dans le coup pour la médaille en relais avant la défaillance d’un Robin Duvillard bien assez attristé pour en ajouter une couche…

En saut, Vincent Descombes-Sevoie est passé à côté. A aucun moment le Chamoniard n’a retrouvé le niveau exceptionnel qu’il a montré au cours de l’hiver. Sur le grand tremplin, il n’a pas réussi à se qualifier.

Ces vérités ne modifient pas pour autant la moisson bleu-blanc-rouge. Ce relatif échec, quoique riche de promesses pour la suite, devra servir d’électrochoc pour l’année prochaine. Comprendre ce qui n’a pas fonctionné dans la préparation du rendez-vous phare de l’année. Pour corriger le tir dès cet été.

 

 

  • L’équipe masculine de Norvège

 

Même si la Norvège occupe la première place au classement des nations tout juste devant l’Allemagne avec 18 médailles don’t 7 en or contre 11 dont 6 dorées, la nation reine du nordique a établi une statistique dont elle se serait bien passée. Depuis les mondiaux de 1995, un Norvégien était à chaque campagne revenu avec un titre individuel… sauf cette année. L’or est venu pour les deux relais, chez les hommes après une épique bataille avec les Russes, et chez les dames de la reine Marit, mais pas sur les courses individuelles masculines. Martin Sundby court donc toujours après son premier titre mondial ! Médaillé d’argent malheureux du skiathlon après la casse d’un bâton dans l’emballage final, sorti du podium du 50 km après avoir mené le train sur les derniers kilomètres, le numéro un mondial a ensuite buté sur un Iivo Niskanen de gala dans le 15 km classique. Le barbu va devoir se mettre en quête d’un nouvel objectif : un nouveau globe de cristal qui lui tend les bras puis l’or olympique en 2018.

 

  • Pas de skieuses françaises alignées

 

Et bien sûr, comment ne pas souligner l’absence de fondeuses françaises sur cet événément mondial. Absentes, les deux leaders Anouk Faivre-Picon et Coraline Thomas-Hugue viennent de vivre un heureux événement et la jeunesse n’est pas encore aguerrie pour la compétition au plus haut niveau… mais la France aurait pu imiter d’autres nations qui ont fait le choix d’aligner leurs jeunes pousses en vue des prochaines échéances. N’était-ce pas l’occasion de se confronter à l’élite ? De découvrir un championnat du monde qui plus est en terre nordique ?

On peut toutefois se réjouir du travail de fond mis en place (lire Nordic magazine) pour retrouver des Françaises sur la coupe du monde puis aux Jeux 2018 voire 2022 et des mondiaux de Seefled en 2019.

 

 

  • Faible médiatisation

 

Les Mondiaux de Lahti se sont terminés… mais qui a su qu’ils avaient commencé. En France, la faible médiatisation ce cet événement est à déplorer, malgré un effort consenti par France Télévisions. Le groupe public a diffusé les épreuves sur son site FranceTVSport la semaine et sur sa chaîne de la TNT France 4 le week-end. Comme à son habitude, Eurosport a fait le job avec ses journalistes Gilles Della Posta et Simon Dos Santos et son équipe de consultants (dont Nicolas Jean-Prost et Jeff Devaux).

Les fans de nordique auront donc pu suivre les épreuves, mais le grand public, lui, n’en aura rien su. Peu de reporters français en Finlande, point de rayonnement. Amusez-vous à chercher un écho dans la presse nationale non sportive.

 

 

  • Pas de médaille pour la Suisse

 

 

Point de médaille pour les Suisses, mais ils s’en sont approché. Nathalie von Siebenthal a réalisé une 4e place sur le skiathlon. Il s’agit du deuxième meilleur résultat d’une Helvète dans l’histoire des championnats du monde, après la médaille de bronze sur 5 km d’Evi Kratzer en 1987.

 

Dans le relais masculin où Jason Rüesch, Jonas Baumann, Dario Cologna et Curdin Perl ont obtenu une 4e place, la Suisse a aussi décroché son meilleur résultat à une compétition majeure (JO ou Mondiaux) en relais depuis les JO de Sapporo en 1972 (bronze).

 

 

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