Martin Fourcade/Jean-Marc Gaillard : et si l’on parlait vélo (1/2)

RENCONTRE – A chaque printemps, le rituel est immuable : les skieurs nordiques enfourchent les vélos pour construire les bases de l’hiver à venir. Avec l’aide de Scott France, nous avons réuni Martin Fourcade et Jean-Marc Gaillard pour parler bicyclette.

 

Nous sommes début mai et des nuages grisâtres restent désespérément accrochées aux cimes. Au siège de Scott France, nous retrouvons Martin Fourcade et Jean-Marc Gaillard. Les deux hommes avouent qu’ils n’ont pas encore repris l’entraînement. L’avant veille, le patron du biathlon mondial était sur le plateau de « On est pas couché ». Quant à Jean-Marc Gaillard, il confie : « Je n’ai pas encore repris, mais avec l’âge ce n’est pas dramatique… » Acteurs du nordique, les deux hommes, pratiquants assidus, passionnés et supporters sont également des mordus de vélo. Et l’interview formalisée a vite laissé sa place à une discussion d’hommes d’homme passionnés.

 

 

Début mai est synonyme de reprise de l’entraînement pour les nordiques. Et cela rime souvent avec les premières sorties de vélo. Parlez-nous de votre pratique du deux-roues…
Martin Fourcade : Quand j’étais jeune, l’été je faisais du VTT et l’hiver, je faisais du ski de fond. Il y a quinze ans, dans les Pyrénées, on faisait moins de ski-roues que les gamins d’aujourd’hui. On avait vraiment une double casquette vététiste-skieur. Je faisais de la compétition dans les deux domaines. Lorsque j’ai choisi le ski, j’ai un peu laissé le VTT. A mon arrivée dans les Alpes, la pratique du vélo de route était plus développée. Du coup, cela s’est transformé mais j’ai gardé une pratique régulière du vélo qui pousse à avoir envie de regarder ce qui se fait de mieux, de suivre l’actualité du vélo et supporter les coureurs.
Jean-Marc Gaillard : J’ai toujours trouvé plus fun le vélo que le ski à roulettes. Je prends plus de plaisir à rouler, en route ou en VTT. J’ai toujours suivi l’actualité du vélo, nous pratiquons deux sports qui se ressemblent énormément. Dans l’esprit, quand on parle avec des cyclistes, nous avons le même langage. Je me freine à chaque fois, ce n’est pas le sport idéal dans la préparation et le ski-roues reste primordial. Je roule au printemps et, quand l’été arrive, je baisse l’allure pour un entraînement plus spécifique.

On évoque le vélo de route, mais le ski nordique semble plus proche du VTT, tant dans l’état d’esprit, que l’effort. Il existe même des sites communs…
M.F : Paradoxalement, c’est ce qui nous pousse à faire moins de VTT au printemps. En cette période, on recherche avant tout les grosses sorties en vélo et on a plus tendance à le faire en vélo de route. Lorsqu’on se retrouve sur des efforts similaires, on va privilégier le spécifique et donc le ski-roues. Le VTT et le ski de fond sont tellement proches que l’on va privilégier l’apport technique du ski roues pour notre préparation.
J.M.G : L’effort du VTT est très proche de celui du ski de fond. Il y a toujours le risque de blessure qui existe peut-être un peu moins en vélo de route. J’aime bien rouler en VTT à l’automne notamment. Je me souviens de Sophie Villeneuve qui arrivait à enchaîner les deux saisons (participations aux Jeux d’été et d’hiver). Elle avait le moteur pour le faire. Physiquement elle était au dessus, mais c’est la preuve que la ressemblance est grande !

 

Le vélo sera des longues sorties à se tirer la bourre…

 

Alors, êtes-vous plus proche des vététistes ou des routiers ?
M.F.
 : Notre approche individuelle, le mode de vie, les circuits, se rapprochent du VTT. Idem pour les sites avec notamment Nove Mesto où biathlètes, vététistes et fondeurs ont fréquenté ce lieu. En revanche, on suit plus facilement le vélo de route vu la médiatisation.
J.M.G : J’aime bien suivre les compétitions. Je regarde souvent les épreuves de coupe du Monde sur RedBull TV. Je ne m’ennuie pas ! C’est sympa de les voir rouler à Nove Mesto, on arrive à situer où passe le circuit ! Je suis avant tout un sportif devant ma télé. 

Vu de la lorgnette des réseaux sociaux, on a l’impression que chaque sortie de vélo pour un fondeur se traduit par quatre ou cinq heures de selle. Vous confirmez ?
M.F
 :  J’ai deux approches. Soit une séance, donc forcément plus de 100 kilomètres. Soit, je vais rouler pour la récupération donc aux environs de deux heures.
J.M.G : Les biathlètes fonctionnent comme ça, avec des sorties de récupération sur le vélo en été ou en automne ! On a moins cet esprit en fond. Le vélo sera des longues sorties à se tirer la bourre…

 

Martin Fourcade / Jean-Marc Gaillard

 

Robin Duvillard a publié une photo de lui sur les réseaux sociaux où pour sa première sortie il avait roulé 120 kilomètres ! Ce n’est pas négligeable !
J.M.G
 : Robin, c’est un cas à part, il est dans l’excès en permanence (rires) !
M.F : Pour moi, ce sera des séances de plus de 100 kilomètres jusqu’en juillet et après, je vais me contenter de sorties de deux heures en tournant les jambes après des séances intenses en spécifique. Je continue à faire du volume en récupérant. A l’automne, je vais même privilégier le VTT.
J.M.G : Mai – Juin, on est dans les fondements de la saison avant la préparation estivale spécifique. Et le vélo est parfait pour ça.
M.F : Je ne sais pas si tu as déjà essayé quatre heures de ski-roues, mais je préfère en vélo !
J.M.G : Globalement, une séance de vélo sera beaucoup plus joueuse vu notre peu de pratique ! Les sorties de vélo entre nous sont souvent animées ! »

 

Photo : Frédéric Machabert pour Nordic Magazine

 

A Suivre…

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