Mondiaux d’Oslo : les tops et les flops

DORIN HABERT Marie,BESCOND Anais

BIATHLON – C’est déjà l’heure du bilan après des mondiaux d’Oslo passionnants et très populaires au pays du nordique. Un roi et une reine tricolores ont été sacrés.

 

LES TOPS

 

Marie Dorin-Habert

C’est incontestablement la reine de ces mondiaux, voire l’athlète de la quinzaine norvégienne. Marie Dorin-Habert a décroché la bagatelle de 6 médailles en 6 courses dont trois couronnes mondiales sur le relais mixte, l’individuel et la mass-start. Un exploit fabuleux pour la Dauphinoise à qui rien ne semblait pouvoir arriver en Norvège… Sure de son fait, forte derrière la carabine comme sur la piste, Dorin-Habert en a profité pour opérer un rapprochement important sur Gabriela Soukalova au classement général de la coupe du monde. Il reste trois courses individuelles à disputer en Russie : un sprint, une poursuite et une mass-start. Tout est possible et ce sera là une énorme cerise sur le gâteau que de voir deux Français détenteurs du gros globe dans la même saison.

DORIN HABERT Marie

 

Martin Fourcade

Les Norvégiens ont Harald V, mais ces mondiaux masculins ont couronné un autre roi : Martin Fourcade. Quadruple champion du monde, médaillé d’argent à l’issue d’une mass-start de titans, le Français a marqué de son empreinte cette quinzaine. Dominateur dans tous les compartiments qui font de lui un athlète complet, total, Fourcade est passé à un cheveu d’un rêve historique : décrocher les quatre titres individuels sur un mondial. Déçu du relais masculin où il n’aura joué que les figurants, heureux d’avoir conquis l’or avec les copains du relais mixte, Martin Fourcade a été phénoménal. Mais l’enchaînement des cérémonies, des sollicitations médiatiques l’auront sans doute entamé plus que de raison pour la dernière course, celles des rois justement. N’oublions pas que le Français décrochera cette fin de semaine son 5e globe consécutif, un record qui le place à une seul unité du roi Ole Einar Bjoerndalen.

FOURCADE Martin

 

Anaïs Bescond

La Jurassienne arrivait aux mondiaux avec trois quatrièmes places en coupe du monde cet hiver, preuve d’une montée en puissance régulière depuis la fin janvier. Après une préparation estivale tronquée par une blessure au pied, Anaïs Bescond a réalisé son rêve : devenir championne du monde avec le relais mixte, et double vice-championne du monde avec les copines du relais dames et sur l’individuel aux côtés de son amie Marie. L’histoire est belle, magnifique même pour la Française qui réalise des mondiaux pleins. La médaille était jouable sur la mass-start où elle franchit la ligne en 5e position. Dans le sillage de leurs deux leaders Marie et Anaïs, Anaïs Chevalier et Justine Braisaz sont elles aussi rentrées de Norvège avec l’argent mondial et avec leurs meilleures courses de l’hiver au compteur. De quoi concrétiser le très beau bilan d’ensemble des filles de Julien Robert.

 

DORIN HABERT Marie,BESCOND Anais

France relais dames

 

Laura Dahlmeier

La pépite allemande, malade en début de mondiaux comme (trop) souvent cet hiver, a montré qu’elle avait le talent d’une très grande. D’ailleurs, Laura Dahlmeier a tenu son rang une fois remise sur pied. Médaillée de bronze sur le sprint, elle est allée cueillir son premier titre mondial sur la poursuite dominée de bout en bout avec 48 sec d’avance sur Dorothea Wierer. L’Italienne a sauvé ses mondiaux sur cette course alors qu’on l’imaginait joué les premiers rôles sur chacune des épreuves, notamment à quatre tirs…

L’Allemande a continué sa moisson sur la mass-start avec l’argent derrière la reine Marie et devant la Finlandaise Kaisa Makaraïnen qui elle aussi sauve ses mondiaux in extremis.

Laura Dahlmeier

 

Ole Einar Bjoerndalen

La légende est éternelle. Martin Fourcade le premier n’imaginait pas voir le roi du biathlon Ole Einar Bjoerndalen réalisé un tel championnat du monde, qui plus est à la maison. Mais à bientôt 43 ans, le Norvégien a montré qu’il savait mieux que personne préparer un rendez-vous dans sa saison. Médaillé d’argent sur le sprint et la poursuite, de bronze sur la mass-start et d’or sur le relais hommes  OEB a réjouit un peuple qui l’adore et n’imagine pas le voir arrêter son époustouflante carrière. Même si sortir après une telle saison aurait belle allure !

BJOERNDALEN Ole Einar

 

Les relais Norvégiens

Ils étaient attendus et n’ont pas craqué face à l’immense pression des médias, du public, des partenaires… Que ce soit chez les filles ou chez les hommes, les Norvégiens ont décroché l’or des deux relais, une récompense qui sacre toute une équipe, des athlètes au staff en passant par les techniciens et médecins. Mieux, des athlètes qu’on disait fragilisés comme Svendsen ou Eckhoff ont tenu leur rang quand d’autres comme Marte Osblu s’est révélé, transformant cette pression en énergie positive. Chapeau les Norge !

 

LES FLOPS

 

Anton Shipulin et l’équipe Russe

Le dauphin de Martin Fourcade au classement général de la coupe du monde aura été transparent sur ces mondiaux. Le solide Russe Anton Shipulin, 9e du sprint et de la poursuite, 14e de l’individuel, est passé à côté du rendez-vous majeur de l’hiver. Tout comme l’ensemble de l’équipe Russe qui repart de Norvège sans la moindre breloque. Un première depuis 36 ans ! A la maison cette fin de semaine pour la dernière coupe du monde en Sibérie, les Russes auront à coeur de remettre les pendules à l’heure. Et tant mieux pour le spectacle.


SHIPULIN Anton

 

Gabriela Soukalova

Archi dominatrice sur le circuit de la coupe du monde avant Oslo, d’une précision diabolique face aux cibles, la numéro un mondiale est rentrée bredouille d’Oslo. Une vraie déconvenue pour celle qui a pris la 4e place du sprint et de la mass-start, la 5e de l’individuel, la 6e du relais… Même à 19/20 sur la mass-start, elle n’a pu jouer le podium au pied duquel elle termine à plus de 20 secondes. Pire, elle a vu revenir sur ses talons en général Marie Dorin-Habert qui peut rêver d’un gros globe…

SOUKALOVA Gabriela

 

Le relais français masculin

S’il fallait trouver une épine dans le bilan exceptionnel et historique de l’équipe de France, ce serait sans doute le relais hommes. Les hommes de Stéphane Bouthiaux, inhibés par la pression, débordés par l’enjeu ou peut-être stressés par l’idée de participer à la quête de grand chelem de leur coéquipier Martin Fourcade, n’ont jamais été à la bagarre de ce relais dominé par les Norvégiens devant les Allemands et d’incroyables canadiens. C’est dommage d’autant qu’individuellement, Simon Fourcade, Simon Desthieux et Quentin Fillon-Maillet, très éprouvé ce dimanche sur la mass-start, ont montré des choses intéressantes. Le costume de favoris étaient trop grands pour eux. Ce sera pour l’année prochaine à Hochfilzen !

1 Comment

  1. Parisot

    14/03/2016 à 18 h 16 min

    Ne sous-estimons pas la performance de Laura Dalmhaier qui a 23 ans et comme Marie Dorin-Habert,a été médaillée sur toutes les courses auquelle elle a participé. Même si c’est a un niveau un peu moindre que Marie. Bravo l’équipe de France !!! Vous nous avez fait vivre un rêve éveillé.

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