Procès Johaug : Marit Bjoergen à la barre

JUSTICE. Hier se tenait la deuxième journée du procès contre Therese Johaug, accusée de dopage. La fondeuse risque 14 mois de suspension, voire plus.

 

Etaient appelés en tant que témoins en ce deuxième jour d’audience le médecin Fredrik Bendiksen et la skieuse Marit Bjoergen.

Interrogé en premier, l’ancien médecin de l’équipe nationale (il a donné sa démission juste après la révélation du test positif de Johaug) a confirmé entièrement le récit de la Norvégienne. Il a d’abord expliqué pourquoi ne pas avoir acheté la crème plus tôt : « elle souffrait aussi d’une insolation alors nous avons principalement parlé de ça au téléphone avant que j’arrive sur le stage le 1er septembre. Quand je suis arrivé, j’ai dû m’occuper de la luxation de l’épaule de Hans Christer Holunder et seulement après, je suis allé à la pharmacie », dit-il.

 

Jamais elle n’aurait pris un produit dopant volontairement.

 

Mais la question qui est sur toutes les lèvres, c’est bien celle-ci : comment un médecin avec 30 ans d’expérience dans le sport a-t-il pu donner une crème contenant un produit dopant à une athlète ? La raison n’est pas même connue de Bendiksen lui-même. « La pharmacienne parlait mal anglais, mais j’ai réussi à lui faire comprendre que je voulais la crème Terra-Cortril que je prescris d’habitude. Elle ne l’avait pas et m’a proposé une sorte de baume pour les lèvres mais je voulais un produit contenant un antibactérien. C’est là qu’elle m’a vendu la crème Trofodermin, raconte le médecin. Je ne sais pas pourquoi je n’ai pas tout de suite fait le lien en regardant les ingrédients. J’étais tellement concentré sur l’antibactérien que j’ai oublié que le clostébol était interdit par l’AMA (Agence Mondiale Antidopage). » Résultat, un test de dopage positif pour Johaug et la carrière du médecin norvégien ruinée.

Marit Bjoergen a ensuite été appelée à la barre des témoins pour répondre à la question suivante : à la place de sa compatriote, aurait-elle utilisé la crème ? Sans hésiter, la championne a répondu que oui, car elle avait une entière confiance dans Fredrik Bendiksen. « Il a de l’expérience, il sait ce qu’il fait et je lui fais confiance alors oui, j’aurais agi comme Therese », affirme Bjoergen. Et d’ajouter : « Quant à Therese, je la connais depuis 10 ans et elle a des valeurs, elle est ordonnée aussi et jamais elle n’aurait pris un produit dopant volontairement. Elle a toujours été contre le dopage. »

De nouveau interrogée, Johaug, elle, s’est confiée sur ses propos d’hier. « J’ai dit une bêtise, j’ai reçu un mail de la fédération en avril pour me rappeler de participer au programme antidopage mais je ne m’en souviens absolument pas », rapporte-t-elle. Pour les experts, comme Fredrik Aukland de la NRK, cela prouve seulement que le suivi de cette formation n’est pas assez strict et qu’il faudra rapidement y remédier.

Pour clore cette seconde journée, l’agence antidopage norvégienne a de nouveau demandé 14 mois de suspension, mais après les témoignages de Bendiksen et Bjørgen, les experts tablent sur une peine moindre, pensant que le vent a tourné en faveur de Johaug qui s’est montrée honnête. L’avocat de la fondeuse, Christian Hjort, a rappelé que sa cliente avait rempli son rôle en demandant conseil au médecin de l’équipe nationale et n’avait aucune obligation de pousser son enquête plus loin.

Ce vendredi, le verdict sera rendu après une dernière journée d’audience.

 

Photo : Capture d’écran Dagbladet.

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