Simon Fourcade : “On ressent un réel engouement pour le biathlon”

BIATHLON – Ce dimanche, Simon Fourcade est l’invité de Nordic magazine. Le biathlète le plus expérimenté de l’équipe de France revient sur sa saison en coupe du monde… et se projette déjà sur les prochaines avec en vue les Jeux olympiques de PeyongChang en 2018. Le biathlète qui se confie en toute sincérité, animera une démonstration de biathlon à destination d’enfants malades le 14 mai à Corrençon-en-Vercors.

 

Simon Fourcade, quelle image vous vient en tête au moment de dresser un bilan de cette saison de coupe du monde de biathlon ?

Les championnats du monde d’Oslo bien évidement. Un public nombreux, une grosse ambiance et des courses magiques…. c’était tout simplement grandiose.

Vous terminez 27e du classement général cet hiver, quels sentiments prédominent quand vous observez ce classement ?

Même si j’ai connu de bons résultats, j’ai un peu de regret et de déception quand je regarde cette saison passée… J’ai eu du mal à retranscrire mes bonnes sensations à l’entrainement ou même sur des chronos test lorsque ça comptait vraiment. D’où ma déception.

FOURCADE Simon,FAK Jakov

Curieusement cette saison, vos sprints ont globalement été délicats alors que sur les poursuites vous avez souvent signé des courses très correctes. Comment analysez-vous cela ?

J’ai souvent besoin d’une course pour arriver à rentrer pleinement dans ma semaine de compétition. Aussi, j’apprécie particulièrement lorsque la semaine débute par un individuel par exemple. Pour moi, c est une course moins exigeante qui me permet de rentrer plus sereinement dans l’étape de coupe du monde et qui surtout, n’a pas de consequence sur les courses qui suivent
Le sprint est la course phare de notre discipline. Pas la plus spectaculaire, loin de là mais c’est une course que tout biathlète souhaite remporter car c’est une course face au chrono, face à soi même qui récompense le meilleur biathlète et ne pardonne pas la moindre erreur.

C’est également une course qui a beaucoup de conséquences sur les autres courses directement, comme par exemple sur les points pour les classements généraux, mais aussi indirectement comme pour le classement de la poursuite qui va suivre…  Autrement dit lorsque l’on réussi ou à l’inverse, lorsque l’on passe à côté d’un sprint, la récompense ou la sentence est double et cela a vite des conséquences sur la suite de la saison.  Ces contres performances sur les sprints sont aussi une des raisons pour lesquelles j’ai l impression que mon classement général ne reflète pas le niveau que j ai pu avoir cette saison.

Répondre présent d entrée de jeu, sur les sprints, est un axe primordial à améliorer pour la saison prochaine.

85% de réussite au tir, 87% l’an passé, 88% en 2014… Le tir est-il la satisfaction de votre hiver ? 

Pas vraiment… Aujourd’hui, si l’on regarde les statistiques, on se rend très vite compte que ceux qui sont devant et sont les plus réguliers sont ceux qui skient vite mais qui tirent le mieux également… Une évidence en fin de compte! Aujourd’hui il n’ y’a  plus le choix, lorsque l’on est un skieur correct, capable de se rapprocher des meilleurs dans un bon jour mais pas de rivaliser physiquement sur chaque course,il ne suffit plus de tirer bien, il faut tirer tres bien! 

Simon Fourcade à Méribel.

Simon Fourcade à Méribel.

La saison s’est bien terminée avec un nouveau titre de champion de France décroché à Méribel devant un public très nombreux. Le nordique, et le biathlon en particulier, a-t-il passé un cap dans la notoriété vis-à-vis du grand public cet hiver, avec la diffusion des épreuves en clair ?

On ressent de plus en plus cet engouement. Les bons résultats de Martin, Marie, Maurice oeuvrent dans ce sens et des annonceurs ou médias s’intéressent à nos disciplines.

Cependant, ce n’est pas aux championnats de France que je l’ai le plus ressenti cela mais à Oslo, lors des championnats du monde. Je n’avais jamais vu autant de Français dans les tribunes du stade d’Holmenkollen. Des spectateurs tricolores qui avaient spécialement fait  le déplacement, nous ont interpellés sur le chemin de retour jusqu’à notre hôtel. Et le plus surprenant, c’est qu’ils ne venaient pas uniquement des massifs alpin ou jurassien comme cela était très souvent le cas auparavant. La plupart venaient de la région Parisienne, de la Côte d’Azur et même de Bretagne… Ceci est la preuve que le biathlon plaît, se démocratise et que ce ne sont plus uniquement les pratiquants qui s’y intéressent.

Vous voilà tourné vers la prochaine saison. L’été dernier, vous étiez victime d’un chauffard lors d’un entraînement en ski-roues. La preuve que partager la route n’est pas ancré dans l’esprit de tous. Avez-vous des craintes dans la pratique de ce sport ?

Les semaines qui ont suivi mon accrochage ont été compliquées… J’étais vraiment attentif au moindre bruit de moteur et j’étais à la limite de m’arrêter sur le bas côté dès que j’entendais une voiture arriver dans mon dos. C’était assez flippant je dois dire et j’imaginais mal continuer à m’entraîner sur la voie publique. Puis au fur et à mesure des séances, le naturel est revenu et, tout en restant attentif, j’ai repris mes bonnes vielles habitudes.

Le ski-roues et une pratique dangereuse. Chaque pratiquant en est conscient et je pense que nous adoptons des attitudes responsables afin de limiter les risques. Cependant, le risque 0 n’existe pas. Cela concerne le ski à roulettes mais également d’autres disciplines pratiquées au milieu des automobilistes. Je pense notamment au milieu du cyclisme qui a connu ces derniers mois de nombreux accidents avec des athlètes qui n’ont pas eu la chance de s’en sortir uniquement avec quelques égratignures comme ce fut le cas pour moi.

Simon Fourcade s'est fait renverser l'été dernier.

Simon Fourcade s’est fait renverser l’été dernier.

Les automobilistes qui n’ont jamais eu la possibilité de pratiquer le ski-roues, le vélo, le roller ou même la moto n’ont pas forcément conscience que nous sommes très vulnérables.

Je suis également automobiliste et je peste certaines fois contre des cyclistes (ou autres) qui m’obligent à réduire ma vitesse lorsque je suis en retard. Pour autant, je n’adopte pas une attitude dangereuse au risque de mettre en péril l’intégrité physique de la personne, ce que beaucoup de conducteurs ont tendance à faire.

Dans certains pays de nombreuses solutions préventives et répressives sont déjà mises en place de manière à changer le comportement des conducteurs et il suffirait de peu pour que nous nous sentions plus rassurés sur des voies de circulation qui, rappelons le,  «  appartiennent à tous les usagers! »

Comment envisagez-vous la préparation estivale avec un nouvel entraîneur au tir suite au départ de Siegfried Mazet ?

Plutôt bien. Cela faisait maintenant 8 ans que je travaillais avec Siegfried et je pense que, personnellement, j’avais besoin d’un renouveau dans le discours et l’entrainement. A 32 ans, je prends ça comme un nouveau départ et cela me procure énormément de motivation pour les années de carrière qu’il me reste.

Nous savons d’ores et déjà qui devrait être notre futur coach de tir et je suis personnellement ravi et honoré de pouvoir travailler avec lui.

A plus long terme, vous projetez-vous déjà vers les Jeux olympiques de PeyongChang 2018 ?

Bien sûr. Peut être même plus loin… Tout dépendra de ma motivation et de la façon dont mon physique répondra dans les années à venir.

Mais pour en revenir aux J.O, contrairement à mes trois olympiades précédentes, je connais déjà le site de PeyongChang sur lequel j’ai déjà eu l’occasion de courir lors des mondiaux de 2009, ce qui me permettra de moins appréhender l’évènement.

Simon Fourcade aux côtés de Stéphane Bouthiaux et Siegfried Mazet.

Simon Fourcade aux côtés de Stéphane Bouthiaux et Siegfried Mazet.

Le 14 mai prochain, vous participez à Corrençon-en-Vercors à une animation à destination des enfants malades, en lien avec l’association Rêves… Vous pouvez expliquer le concept ?

Cette initiation a pour objectif de faire découvrir le biathlon à des enfants malades et de les sortir de leur quotidien de soins, pas toujours évident afin qu’ils s’amusent et partagent un moment de convivialité. En bref, le but sera de s’amuser et de se changer les idées 🙂

Qu’est ce qui vous a motivé dans cet événement aux côtés des enfants ?

Chaque sportif professionnel le sait, notre métier nous rend égoïste. Nous sommes toute l’année concentrés sur nous même, à l’écoute de notre corps, de nos sensations,… Nous sommes constamment pris en charge sans avoir à nous occuper d’autre chose que de notre petite personne afin de pouvoir donner le meilleur de nous même le jour J.

Je m’estime extrêmement chanceux de pouvoir vivre ce que je vis tous les jours. Aussi, à une période qui me le permet, je trouve important de pouvoir transmettre à travers ma passion, un peu de joie et d’évasion à ces enfants qui n’ont pas cette même chance.

Vous vous êtes associé à la société Glisshop pour créer l’enseigne Fourcade’s nordic by glisshop. Quel est le concept de ce “nordic store” qui ouvrira le 1er octobre ?


A l’origine de cette nouvelle aventure, il y a avant tout 2 potes. 2 potes qui se sont connus du côté des Pyrénées grâce au biathlon et qui, après avoir vécu leurs carrières respectives, se sont retrouvés, sur le plateau du Vercors, près de 10 ans plus tard.
Benjamin Dupont est un ami de longue date. Ancien biathlète ayant notamment obtenu un titre de champion de France en catégorie Jeune, il a par la suite acquis une grosse expérience, sur le terrain, en devenant entraineur mais également dans la vente en travaillant de nombreuses années pour une grande enseigne de matériel sportif.
Au cours d’une conversation, nous avons évoqué le fait que l’offre, en termes de matériel nordique, était limitée mais également que l’orientation, quant aux choix des produits, était généralement mal comprise. Suite à cela est née l’idée de Fourcade’S NORDIC, qui a simplement pour ambition de proposer une large gamme de produits et de conseiller au mieux le skieur afin que celui ci puisse choisir le matériel qui lui correspond le plus.
Par la suite, nous avons eu la chance de croiser la route de Frederic Morel, directeur de la société GLISSHOP, l’une des sociétés leaders au niveau européen, de la vente de ski sur internet, qui nous a tout de suite soutenu et avec qui nous nous sommes associés pour la mise en place de ce projet.
L’ouverture de la e-boutique Fourcade’S Nordic, aura donc lieu le 1 octobre prochain et proposera des services qui, à l’heure actuelle, n’existent pas pour le nordique.
Rendez vous sur www.fourcadesnordic.com dans quelques mois pour en savoir plus 😉

Photo : Agence Zoom / Nordic magazine –

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