Vu de Norge #103 : la réputation du fond norvégien mise à mal

Vu-de-Norge-600x400

RUBRIQUE – On vous prévient, l’actualité nordique norvégienne n’est pas très gaie. Polémique, affaire de dopage, affaires des gros sous… et quelques bonnes nouvelles quand même.

 

 

 

Therese Johaug, blessée par la polémique sur l’asthme

Therese Johaug à Davos (Photo : Vianney Thibaut/Agence Zoom)

Therese Johaug à Davos (Photo : Vianney Thibaut/Agence Zoom)

 

La réputation de Martin Johnsrud Sundby a pris un coup avec l’affaire du dopage aux médicaments contre l’asthme et Therese Johaug craint bien que la sienne aussi. Si pour le moment, son nom n’est apparu nulle part malgré quelques problèmes respiratoires, la fondeuse sent le poids des soupçons peser sur ses épaules.

Voyant l’ampleur que prenait la polémique, elle s’est donc exprimée librement au micro de TV2, avouant qu’elle trouve injuste le regard que l’on porte sur elle et ses compatriotes malades.

Johaug a en effet l’impression que spectateurs, fans et médias perçoivent l’utilisation de ces médicaments comme quelque chose d’illégal alors que ce n’est pas le cas. Sa compatriote Heidi Weng ne peut qu’acquiescer : « c’est injuste que nous ayons l’impression de faire quelque chose de mal, d’en être accusé alors que c’est faux », déclare-t-elle à TV2.

Revue de web

 


La réputation norvégienne mise à mal

Alors que la polémique continue en Norvège sur l’utilisation (et sur-utilisation) de médicaments contre l’asthme, le constat est de plus en plus accablant pour la réputation du pays scandinave. Les résultats d’un sondage mené par le quotidien VG démontrent en effet que plus de la moitié de la population norvégienne pense que la réputation de leur équipe nationale de ski de fond est « altérée » ou « clairement affaiblie ».

 

Revue de web

 

Un constat sans équivoque et lourd de conséquences pour une nation vue auparavant comme propre, voire blanche comme neige. Pour l’expert Haakon B. Schroder, les chiffres délivrés par le sondage montrent clairement que le regard que la population porte sur son équipe a changé en l’espace de quelques semaines.

Malgré tout, il ne pense pas que les Norvégiens iront jusqu’à se retourner contre leurs représentants en ski de fond, qui ont jusque là porter fièrement les couleurs de leur patrie dans la discipline de prédilection du pays.

L’association norvégienne de ski a quant à elle déclaré dans un communiqué que tout serait mis en œuvre pour regagner la confiance du public et Vidar Løfshus, directeur du ski de fond, compte bien commencer en ramenant un grand nombre de médailles des championnats de Lahti.

 


Un Tour de ski en Norvège ?

 

Après la création d’un Tour de Ski en Amérique, la FIS réfléchit maintenant très sérieusement à en créer un troisième. Reste à savoir où ces nouvelles épreuves auraient lieu… Et il semblerait que les pays les mieux placés soient, pour le moment, la Suède et la Norvège ! L’association de ski norvégienne, toujours prête à porter haut les couleurs du ski de fond, est déjà en train de réfléchir aux possibilités d’un événement en 2020.

Mais même si les Suédois sont leurs ennemis héréditaires sur les skis, ils seraient prêts à créer un nouveau Tour de ski qui commencerait chez leurs voisins, à Östersund pour se terminer dans le Trøndelag, région norvégienne, à Trondheim.

Ne reste que quelques détails à peaufiner avant de soumettre le projet à la FIS. Un projet grandement excitant pour les experts et fans des deux côtés de la frontière car, s’il voit le jour, il promet un très beau spectacle !

 


Une crise du pétrole qui touche le saut norvégien

La compagnie pétrolière autrichienne OMV, sponsor de nombreuses équipes de saut à ski, a décidé cet été de retirer son apport financier au saut norvégien, après deux années d’un contrat de trois ans.

Le quotidien VG estime que c’est ainsi 10 millions de couronnes norvégiennes que perd l’équipe nationale, soit la moitié de ses contrats de sponsoring qui représentent eux 70% du chiffre d’affaires.

Un coup dur pour Clas Brede Braathen, chef du saut norvégien, qui a déjà dû renoncer à un voyage de reconnaissance sur les tremplins de Pyeongchang en vue de repérer les lieux pour 2018. Bjørn Einar Romøren, ancien sauteur et désormais directeur marketing, souligne d’ailleurs qu’il est très dur de trouver de nouveaux contrats pour pallier à cette perte : « C’est difficile, mais pas impossible » déclare-t-il à VG.
Mais que leurs fans se rassurent, les hommes de Stöckl pourront toujours concourir dans les meilleures conditions possibles, puisqu’ils ont trouvé ce lundi un nouveau sponsor : LO, le plus grand syndicat du pays. Plus qu’un contrat de sponsoring, c’est en fait une coopération entre les deux entités pour améliorer la santé publique. Braathen espère ainsi, grâce à ce partenariat de 30 millions de couronnes norvégiennes, pouvoir replacer la Norvège comme la plus grande nation du saut à ski.
Loin de ces soucis financiers, les sauteurs ont quant à eux fait un stage de repérage à Lahti avant les mondiaux en février prochain.

 


Le choix de la Russie soutenu par Besseberg

Malgré les révélations sur le dopage d’état russe et la mise en garde du CIO contre l’organisation de championnats en Russie, l’IBU a décidé de donner les mondiaux 2021 à Tyumen plutôt qu’à Polkjuka (Slovénie) ou Nove Mesto (République Tchèque). Un choix que le biathlète tchèque Moravec a du mal à accepter au vu des révélations sur le dopage à Sochi.

 

Revue de web

 

Chef de l’union internationale du biathlon, le Norvégien Anders Besserbeg s’est expliqué sur ce choix dans les colonnes du quotidien VG. A propos de la recommandation du CIO, il rappelle que les candidatures déjà entamées (comme l’était celle de Tyumen) pouvaient être menées à terme. Quant au dopage, Besseberg souligne que les biathlètes russes sont innocents tant qu’ils n’ont pas été jugés coupables. D’ailleurs, si le rapport McLaren faisait état de 10 athlètes contrôlés positifs, l’IBU estime que déjà six d’entre eux ont été sanctionnés.

La ville de Tyumen, qui a reçu 25 voix sur 49 lors du vote décisif, est aussi un fief du biathlon. Les Russes étant passionnés par ce sport, il leur semblait donc logique de leur donner ces championnats.

 

Laissez un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Time limit is exhausted. Please reload CAPTCHA.