Vu de Norge #109 : le biathlon et le combiné concernés par l’affaire Johaug

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RUBRIQUE – Retrouvez chaque mardi toute l’actualité nordique norvégienne.

 

 

La FIS doute de Johaug

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Après l’annonce de sa suspension pour deux mois de l’équipe nationale en attendant qu’un verdict soit rendu, Therese Johaug a tout de même promis à ses fans et ses détracteurs que, même si elle est ensuite suspendue pour un an voire deux, elle reviendra au plus haut niveau. Un bel état d’esprit qui n’a pas été salué par tous, surtout pas par le président de la FIS, le Suisse Gian-Franco Kasper.

 

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Dans une interview pour Dagbladet, celui-ci a en effet révélé qu’il ne croyait pas vraiment à l’explication de la fondeuse norvégienne. « Je n’ai vu aucune preuve. Ce sera aux médecins experts de déterminer si c’est vrai ou non, mais j’ai des doutes, » déclare-t-il. Pour le lui, il ne fait aucun doute que, si elle est déclarée coupable, elle écopera de 4 ans de suspension pouvant être ramenés à 2 ou 3 si elle fait appel. La FIS s’attend en tous cas à une punition exemplaire si Johaug est reconnue responsable et coupable de dopage. « Mais c’est aux Norvégiens de la juger, » dit-il, « en revanche, si la peine nous paraît insuffisante ou qu’elle est acquittée sans réelle investigation, nous ferons appel. »

Malgré son impartialité, Gian-Franco Kasper souligne qu’il espère que cette affaire et celle concernant Sundby ne sont que des cas isolés, la Norvège ayant toujours activement participé à la lutte anti-dopage et étant un allié de poids pour la FIS. Le président de l’instance internationale rappelle tout de même que dans les affaires de dopage, on ne peut jamais faire confiance à personne puisqu’il y a toujours une part d’ombre dans chaque fédération…
 

 


Biathlon et combiné : ce qu’on pense du dernier scandale

Le fond n’est pas le seul sport touché en Norvège par le dernier scandale en date autour de Therese Johaug. Le combiné nordique et le biathlon aussi, sports dont le fond est un élément central, ont décidé de réagir.

Jan Schmid, combiné norvégien, a ainsi appelé les hautes instances nationales à enfin être honnêtes et à arrêter d’entretenir le flou autour des différentes affaires. Il avoue se sentir tout de même désolé pour ses deux compatriotes, Johaug comme Sundby, même s’il affirme que tout est objectivement leurs fautes puisque l’athlète est responsable des médicaments qu’il prend. Néanmoins, la brutalité des scandales a été trop importante pour Schmid qui est donc triste pour les deux Norvégiens. Au micro de la NRK, il déclare qu’il faut plus de transparence, tant pour le public que pour les athlètes qui doivent être formés et prendre leurs responsabilités. Le combiné nordique termine sur le constat amer que la Norvège pourrait désormais passer pour une nation malhonnête, verdict inconcevable pour lui.

 

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Du côté du biathlon, Tiril Eckhoff a été la première athlète à réagir, se disant attristée pour Therese Johaug, qu’elle voit comme un modèle fort pour les plus jeunes fondeuses de Norvège. Son coéquipier, Emil Hegle Svendsen a confirmé que Johaug devait vivre un cauchemar et, lui aussi, a dit que cela aurait pu arriver à n’importe lequel d’entre eux, en biathlon comme en fond. « On ne peut plus faire confiance à nos médecins, » avoue Eckhoff devant les caméras de la NRK, « on doit tout vérifier nous-mêmes maintenant et s’informer sur les médicaments ». La fédération de biathlon norvégienne a donc tout de suite mis un programme en place pour ses athlètes et a vérifié ses procédures qui semblent plus adéquates que celle de son homologue en fond.

 


129 jours sans contrôle : pourquoi ?

De septembre 2015 à mai 2016, Therese Johaug a été contrôlée pas moins de 18 fois. Normal quand on est numéro 1 mondial. Mais il a fallu 129 jours pour que la fondeuse passe de nouveau au test anti-dopage, en septembre 2016, contrôle s’avérant positif. La question se pose donc : est-ce normal que la jeune femme n’ait pas été vue par les agences anti-dopage pendant près de quatre mois ? Un contrôleur, Inngard Lereim, n’est pas étonné : « Cela varie beaucoup, ce n’est pas rare, surtout hors-saison et surtout pour les meilleurs qui sont beaucoup contrôlés pendant l’hiver, » explique-t-il dans les colonnes de Dagbladet. Un expert suédois confirme le diagnostic.

 

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Dagbladet a donc mené l’enquête auprès de sportifs norvégiens. Alexander Kristoff, cycliste, avoue voir les agences anti-dopage une à deux fois par mois toute l’année, soit 25 à 30 contrôles en un an. Sverre Lunde Pedersen, patineur de vitesse, a quant à lui été testé quatre fois depuis le 13 mars, date de la fin de saison mais il avoue que cela varie beaucoup d’une année à l’autre. Pour finir, Dagbladet a posé la même question à Anders Fannemel, recordman de distance en saut à ski. Le sauteur a déclaré qu’il a été contrôlé il y a quelques semaines après une longue absence de test anti-dopage. Il semblerait donc que les contrôles varient d’un sport à l’autre…

 

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Mais pour éviter d’autres scandales au sein de l’équipe de fond norvégienne, la ligue antidopage de la FIS a mené de nombreux tests sur l’équipe nationale lors de leur stage à Val Senales. Arrivés mercredi 19 au soir, c’est dès 8h du matin le lendemain que les contrôleurs se sont présentés aux portes des chambres d’hôtel. Hetland, entraîneur de l’équipe masculine, ne voit pourtant pas là une croisade contre son équipe, juste un contrôle de routine, plusieurs équipes étant présentes sur le glacier italien à cette période de l’année. « Nous n’avons rien à cacher, nous voulons bien être testés aussi souvent que possible, » déclare même le coach de fond au micro de la NRK.

 


Préserver les enfants : un enjeu majeur

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Alors que le scandale autour de Therese Johaug fait rage, Øysten Pettersen ravive celui autour des médicaments contre l’asthme, révélant qu’en plus de la ventoline, des athlètes ont utilisé des nébuliseurs dans le camion de fartage. S’il n’a pas hésité à défendre sa compatriote Johaug, avouant que cela aurait pu arriver à n’importe qui, même à lui, Pettersen n’est pas aussi prompt à protéger l’équipe nationale dont il ne fait plus partie sur son utilisation de la médecine contre l’asthme. Vidar Løfshus, directeur de l’équipe nationale, a confirmé les propos de Pettersen, déclarant lui aussi que les Norvégiens ont bien utilisé des nébuliseurs. Pas interdits, Løfshus explique même qu’ils continueront cette pratique.

En revanche, il est hors de question d’exposer les enfants du pays à ce genre « d’excès » de l’équipe nationale. « Ils n’ont pas besoin de connaître ces aspects du sport d’élite, » affirme Øysten Pettersen. Encore une fois, les Norvégiens semblent vouloir protéger les plus jeunes des dérives de l’équipe nationale. Pour protéger le sport roi de la Norvège et ne pas décevoir les enfants ?
 

 

 


Svendsen : un manque d’entraînement


 
Il n’était pas certain de faire le déplacement pour le camp d’entraînement en France mais Emil Hegle Svendsen a finalement décidé de suivre le reste de l’équipe à Villard-de-Lans, cinq jours après ses coéquipiers. Avec ce contretemps, le biathlète a désormais moins d’espoir quant à un possible gros globe cette saison. En effet, si rien n’est encore joué, avec la perte de près de deux mois de formation, les choses se sont compliquées pour le Norvégien. « Je ne peux pas participer aux séances les plus difficiles, » confie Svendsen au micro de la NRK. Il vise donc déjà la pause de Noël pour reprendre des forces et mieux se battre sur la deuxième partie de la saison. Le biathlète espère ainsi être en forme pour aller chercher l’or à Hochfilzen lors des mondiaux : « la saison est longue, il y a des occasions de gagner tout au long de l’hiver, » rappelle-t-il.

 

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Son coéquipier, Tarjei Bø a quant à lui dû retourner se reposer à cause d’une maladie respiratoire. Ne reste donc que Johannes Thingnes Bø pour aller titiller Martin Fourcade dès Östersund fin novembre.
 

 


Des athlètes absents d’un séminaire anti-dopage

Alors que les Finlandais comparent les scandales de l’été en Norvège à celui de 2001 à Lahti (où pas moins de six athlètes finlandais avaient tout perdu après avoir été contrôlés positifs), le directeur du fond norvégien, Vidar Løfshus, a confirmé que plusieurs athlètes ne s’étaient pas déplacés à un séminaire anti-dopage en mai. Organisé pour tous les athlètes de l’équipe nationale afin de les sensibiliser à l’importance de rester « propre », tous ne sont pas venus contrairement à l’édition 2015. Un échec pour Løfshus qui aimerait, avec le reste de la fédération norvégienne, rendre désormais plus indépendants tous les athlètes nationaux en les sensibilisant aux risques de dopage afin que plus jamais de tels scandales n’affectent la Norvège.

 

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