Vu de Norge #114 : Klæbo, la pépite du fond norvégien

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CHRONIQUE – Retrouvez chaque mardi toute l’actualité nordique norvégienne. C’est ici… et nulle part ailleurs.

 

 

Klæbo, nouvelle étoile du sprint

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Après les courses de Beitøstolen, les médias norvégiens vendaient au monde entier Høfslot Klæbo comme le nouveau Petter Northug Jr. Une comparaison qui plaît au jeune fondeur de 20 ans, sélectionné in extremis pour le sprint de Ruka après le forfait d’Eirik Brandsdal. « Ca me met beaucoup de pression », a-t-il admis en arrivant en Finlande au micro de TV2, « mais en même temps, ça va me permettre de gagner en expérience. » Klæbo continue : « les médias font ce qu’ils veulent, je suis qui je suis, Petter est Petter et on verra bien qui est le plus rapide sur les skis. »

 

 

Mais si Northug n’était pas là pour tenir la dragée haute à son jeune compatriote et coéquipier, le nouvel arrivant dans l’équipe nationale n’a pas manqué de faire parler de lui. Vainqueur des qualifications, de son quart et de sa demi-finale pour terminer 3e en finale, Klæbo a impressionné. « Il va tout démolir d’ici 10 ou 15 ans », assure Emil Iversen à la NRK, « c’est déjà un peu embarrassant qu’il nous dépose tous comme ça. »
 

 
Et ses adversaires sont du même avis. « Très fort », déclare l’Italien Pellegrino. « Une étoile est née », ajoute le Suédois Jönsson. Marit Bjørgen, quant à elle, n’oublie pas de souligner que le nouveau petit prodige vient de la même région qu’elle : le Trønderlag. Quant à Calle Halfvarsson, 2e du sprint, il a volontiers admis que son grand-père lui avait fait promettre de ne pas se laisser battre par le fondeur de 20 ans. « Il sera très dangereux à l’avenir, il faut le surveiller », affirme le Suédois.
 

 

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L’équipe de fond mal accueillie à Ruka

« Equipe de fond norvégienne = équipe de dopés ». Voilà l’affiche qui a accueilli les Norvégiens à Ruka. « C’est choquant et triste de voir ce genre de choses », a déclaré Niklas Dyrhaug. « Heureusement, peu de gens pensent cela », ajoute Emil Iversen. Finn Håghen Krogh, quant à lui, préfère le prendre comme une plaisanterie et s’attend même à en subir d’autres tout au long de l’hiver. Marit Bjørgen, elle aussi, s’est dite préparée à subir les questions des médias étrangers. Saarinen, la locale de l’étape, s’est dite ennuyée et dégoûtée par cette affiche posée, selon toute vraisemblance, par des Finlandais. Le reste de l’équipe finlandaise a d’ailleurs exprimé son mépris pour cette démonstration à l’encontre des Norvégiens.

 

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Heureusement, d’autres supporters sont plus cléments. Si l’arrivée de l’équipe de fond nationale s’est faite discrètement à l’aéroport de Kuusamo, au moins, ils n’ont pas été mal accueillis. Mieux, alors qu’Heidi Weng était interviewée par TV2 après sa 3e place au sprint, la fondeuse a demandé aux journalistes de se retourner et filmer des spectateurs finlandais tenant dans leurs mains des panneaux de soutien à Therese Johaug.

 

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De son côté, loin des polémiques, Petter Northug Jr. a décidé de passer son week-end loin des compétitions à construire une maison de Noël en chocolat.

 


 

 


Johaug interdite de Jeux Olympiques ?

Lors d’une réunion du CIO (Comité International Olympique) avec l’AMA (Agence Mondiale Antidopage), Tony Estanguet, vice-président du comité des athlètes, a proposé de remettre en place une règle qui interdirait aux athlètes ayant écopé de six mois de suspension pour dopage de participer aux évènements olympiques. Une mauvaise nouvelle pour Therese Johaug. Si aucun jugement n’a encore été rendu après son contrôle positif au Clostébol, les experts évaluent tout de même à six mois la durée de suspension dont elle écopera sûrement malgré sa semi-innocence. Dans l’hypothèse où cette nouvelle règle serait acceptée par le CIO, la fondeuse devrait donc dire adieu à une éventuelle participation aux Jeux olympiques 2018 de PyeongChang.
 
Un expert de la chaîne TV2, Mads Kaggestad, n’est pas très optimiste : « Prendre un an de suspension serait déjà très dur pour Johaug mais être en plus privée de JO, ce serait pire », confie-t-il. Pourtant, Kaggestad ne pense pas que cette proposition sera mise en application, le tribunal du sport ayant déjà jugé comme trop sévère cette « double-peine » en 2007 lorsque cette règle avait été créée pour la première fois.
L’expert TV2 insiste aussi sur le fait qu’après avoir purgé sa peine, un athlète devrait être autorisé à revenir dans des conditions normales. Un avis qui n’est pas partagé par tous, certains voulant exclure les sportifs pris pour dopage définitivement.

 

 


Riiber : le saut sinon rien

Il l’a dit, il le redit : il ne rêve que de saut à ski. Jarl Magnus Riiber avait déjà annoncé son souhait de prendre part, dans un avenir proche, à la coupe du monde de saut spécial. Et après ce week-end, qui pourrait douter de cette possibilité ? S’il n’a participé qu’aux sauts d’essai vendredi et samedi, montrant tout de même des sauts incroyables pour un combiné, il s’est vite repris ce dimanche. Se reposant à 133,5m, le Norvégien remporte le saut et s’élance premier sur le fond. Mais c’est là où le bât blesse : pas encore remis de sa maladie, Riiber termine 10e mais est tout de même satisfait comme il l’assure aux médias norvégiens. La marge d’amélioration en fond est grande encore.
 

 
En saut spécial, en revanche, le jeune combiné pourrait faire ses preuves. Son entraîneur, Ivar Stuan, en est persuadé. Il a donc pris contact avec Alexander Stöckl, coach de l’équipe nationale de saut, et Clas Brede Bråthen, directeur national du saut. Objectif : la coupe du monde à Lillehammer le week-end prochain, possibilité envisagée car les Norvégiens, à domicile, y auront un quota plus élevé. Et si ça ne fonctionne pas cette fois, Riiber n’aura de cesse de tenter sa chance tout au long de l’hiver.
 

 

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L’effet « parent » garant de victoires ?

L’effet « parent », c’est ce bonheur qui porte les athlètes nouveaux parents vers de nouvelles victoires. Chez les Français, Marie Dorin-Habert en est un bel exemple. Et bien, de toute évidence, Marit Bjørgen et Ole Einar Bjørndalen en profitent aussi.

 

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La fondeuse a d’abord remporté le 10km de Beitøstolen puis le 10km classique de Ruka. Juste après, elle a confié aux médias norvégiens que son fils, le petit Marius, lui avait donné des ailes. « Je suis très détendue, plus qu’avant et j’ai de nouvelles priorités », explique la jeune maman dans le quotidien VG, « ça m’aide je crois. » Northug et Weng semblaient d’ailleurs être assez jaloux de ce nouvel atout dans la poche de leur compatriote. Si la Norvégienne a admis qu’elle pensait presque à faire un bébé après avoir vu comme ça avait bien marché pour Bjørgen, Petter Northug Jr. n’est pas prêt à sauter le pas malgré les nombreuses affiches sur la piste le demandant en mariage et son piètre résultat sur le 15km de Beitøstolen.

Du côté d’Ole Einar Bjørndalen, c’est l’effet « papa » plus que « maman » qui fonctionne. Devenu père, il y a peu, le biathlète a un avantage sur les jeunes mères : il n’a pas besoin d’attendre pour revenir à la compétition. Une bonne nouvelle puisque lors du relais mixte remporté par la Norvège, le vétéran de l’équipe a fait une très belle course et fait le plein sur le pas de tir. De bon augure à l’orée d’une nouvelle saison.
 

 
 


Sjøen écarté de l’équipe nationale

SJOEEN Phillip

 

Malgré sa volonté de revenir sur le circuit coupe du monde, c’est sans Philip Sjøen que l’équipe nationale de saut s’est rendue à Ruka en Finlande. Pourquoi ? Alexander Stöckl, coach du saut norvégien, s’est expliqué auprès des médias locaux sur son choix d’évincer Sjøen : « il manque d’humilité », déclare l’Autrichien à Dagbladet, « il a du talent mais ça ne suffit pas. »

Echaudé par les déclarations du jeune athlète qui, n’ayant pas marqué un seul point en coupe du monde, avait annoncé qu’il remporterait le Tournoi des Quatre Tremplins et les Jeux olympiques très vite – une annonce qui ne s’était pas réalisée – Stöckl n’envisage pas de le sélectionner en coupe du monde cet hiver.

Pour toute réponse, Philip Sjøen a expliqué qu’il n’avait pas parlé avec l’entraîneur de la Norvège depuis un long moment et n’a pas manqué d’être surpris par cette confession de Stöckl aux médias. Il a aussi confié qu’il aurait préféré que l’Autrichien prenne directement contact avec lui.

Loin de s’attarder sur cette affaire, Sjøen a ensuite assuré au micro de la NRK que, dans tous les cas, souffrant d’un mal de dos et manquant toujours de motivation, il n’avait pas prévu de concourir cet hiver.

 


Fiasco pour le saut à Ruka

Dur week-end pour le saut norvégien. Très en forme l’hiver dernier, l’équipe d’Alexander Stöckl n’a pas mis beaucoup de ses représentants sur le devant de la scène. Seul Daniel Andre Tande a atteint le podium à Ruka. « On va travailler sur les vidéos pour comprendre ce qui n’a pas été », affirme l’entraîneur de l’équipe nationale au quotidien VG après la dernière compétition samedi. Les experts NRK font le même constat après le premier concours où le meilleur norvégien ne se classe que 14e : « c’est décevant mais il n’y a aucune excuse », explique Arne Scheie, ancien commentateur NRK. « Tout le monde est déçu », déclare Joachim Hauer après-coup. « Ils ont bien plus de potentiel que ce qu’ils ont montré », ajoute Stöckl.
 

 

Mais hormis des résultats décevants sur le tremplin, les Norvégiens n’ont pas non plus échappé aux disqualifications. D’abord Hauer, vendredi, qui n’a pas bien réglé la ceinture de sa combinaison, un nouvel élément empêchant les sauteurs de tricher en étendant le tissu sur l’entrejambe, gagnant ainsi plus de portance. Halvor Egner Granerud ensuite, qui tentait de se qualifier sur sa première coupe du monde. Mais, retournement de situation, sa disqualification a été annulée. « Je n’avais même pas encore sauté et je suis redescendu, c’était assez horrible », confie le Norvégien. Quelques minutes plus tard, pourtant, il doit remonter. Heureusement, Granerud parvient à se reconcentrer et se qualifie pour la compétition de vendredi. Pas rancunier, le sauteur déclare ensuite : « ça arrive, l’erreur est humaine, ça ne m’a rien coûté au final alors ce n’est pas grave. »

En tous cas, Alexander Stöckl a assuré, après ce week-end ayant frôlé la catastrophe avant le podium de Tande, qu’il allait remettre les choses au point avec son équipe.

 

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