Vu de Norge #125 : un départ en fanfare des mondiaux

CHRONIQUE – Avec Vu de Norge et nulle part ailleurs, retrouvez chaque mardi l’essentiel de l’actualité nordique norvégienne.

 

 

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Mondiaux : une moisson estimée à 20 médailles

Outre les espoirs de médailles en ski alpin aux mondiaux de St Moritz, les experts NRK ont tablé sur une vingtaine de médailles en ski nordique.

Aux mondiaux de biathlon d’Hochfilzen, avant le début des épreuves la semaine dernière, Ola Lunde, expert NRK de la discipline, confiait au micro de la chaîne qu’il y a un mois, il n’aurait tablé que sur 5 médailles. Désormais, Lunde en espère 9, trois de chaque couleur. Pour y arriver, Johannes Thingnes Bø et Emil Hegle Svendsen seraient les meilleurs espoirs car ils devraient être de mieux en mieux. Bjørndalen aurait aussi un coup à jouer et il suffirait à Tiril Eckhoff de retrouver une stabilité sur le pas de tir pour rapporter des breloques. Pour le moment, l’expert NRK s’en sort plutôt bien puisqu’après le relais mixte, les sprints et les poursuites, la Norvège repart déjà avec 3 médailles : deux d’argent et une de bronze. Pour Lunde, la Norvège sera d’ailleurs parmi les favoris du relais masculin ce qui devrait lui rapporter au moins une 4e médaille.

Du côté des mondiaux de Lahti, tous les espoirs reposent bien sûr sur le ski de fond. Pour Fredrik Aukland, l’expert NRK, il faudra suivre du côté masculin Martin Johnsrud Sundby plutôt que Petter Northug Jr. Le leader mondial aura à cœur de ramener des titres individuels puisqu’il n’en compte pour le moment aucun. Côté femmes, la favorite est bien entendu Marit Bjørgen, surnommée la reine du ski de fond. Pour Aukland, Sundby et Bjørgen peuvent prendre 3 titres chacun. D’autres sont aussi de grands espoirs comme Falla en sprint, Weng, Østberg, Krogh, Iversen, Klæbo et même Northug.

En saut à ski Daniel Andre Tande et Maren Lundby ont aussi une carte à jouer puisqu’ils sont tous deux dans le top 3 mondial. Pour Johan Remen Evensen, ancien sauteur et maintenant consultant NRK, la Norvège peut ramener 3 médailles des tremplins finlandais.

En combiné, Jørgen Graabak est le mieux placé pour surprendre et obtenir une breloque après son titre aux Jeux de Sochi 2014. Les combinés norvégiens pourront aussi aller à la pêche aux médailles sur les épreuves par équipe.

 

 


Une équipe de fond soudée ?

La concurrence est plus que rude dans l’équipe de ski de fond norvégienne. Pourtant, s’ils ne se font pas de cadeaux entre eux, les fondeurs sont très soudés. L’expert de fond NRK, Carl-Henning Gran, s’en étonne avec plaisir : « il semblerait que l’entente soit bien meilleure qu’avant et qu’ils se soutiennent vraiment. » L’exemple le plus criant est le 30 km des championnats nationaux durant lequel Sundby n’a pas hésité à donner de la voix pour encourager ses coéquipiers Dyrhaug, Røthe et Tønseth. Et cette nouvelle amitié pourrait bien servir d’arme secrète aux Norvégiens durant les mondiaux de Lahti. En effet, le moral des troupes et le soutien entre coéquipiers sont primordiaux pour obtenir de bons résultats, surtout dans les relais mais aussi en individuel. Pour preuve, lors de ce même 30km, le petit groupe encouragé par Sundby n’a pas mis longtemps à se détacher des autres et à travailler ensemble. Et à l’arrivée, le leader mondial n’a pas hésité à dire sa joie : « mon dieu ! Les gars, je suis super fier de vous ! » s’est-il écrié. Malheureusement, ce schéma ne pourra pas être reproduit sur le 50km de Lahti puisque Dyrhaug a été laissé sur le bas-côté au profit de Krogh. Mais peut-être celui-ci pourra-t-il se greffer au groupe ? Dans ce cas, la Norvège pourrait bien rafler les 4 premières places…

 

Martin Johnsrud Sundby en quête d’un premier titre mondial individuel.

 

Côté féminin, l’équipe était depuis longtemps soudée. Une bande d’amies réunies autour d’une leader : Marit Bjørgen. Et ne leur parlez pas de remplacer l’une de leurs coéquipières ! Quand on lui a demandé si elle aimerait terminer le relais mondial, Weng a ainsi refusé tout net. Pour elle, c’est toujours Bjørgen qui doit prendre le dernier tour. Le maillot jaune mondial fait ainsi preuve d’humilité, assurant qu’elle préfère prendre un autre relais plutôt que de saboter le travail de ses coéquipières si elle perdait au sprint final. Pourquoi changer une mécanique bien huilée ?

 

 

 


Objectif : éviter les maladies à tout prix

C’est bien connu : les Norvégiens sont très soucieux de rester en bonne santé et d’éviter les maladies. Alors en période de championnats, ils prennent des mesures drastiques.

Parmi les précautions habituelles : plastifier le sol des chambres d’hôtel pour éviter les microbes, avoir toujours sur soi une solution antibactérienne, se changer pour des vêtements secs aussitôt l’entraînement fini, faire attention à ce qu’ils avalent, manger séparément des autres, s’asseoir devant dans l’avion, ne pas faire de poignées de main et, au premier éternuement, éloigner la source de microbes. Bjørndalen a aussi confié qu’il se rinçait la bouche avec de la vodka pure tous les soirs.

Svendsen, lui, a poussé les mesures plus loin : il n’a pas embrassé sa fiancée, Samantha Skogrand, depuis décembre. Le plus étonnant, c’est que c’est elle qui a demandé à Svendsen de prendre cette précaution. « Je suis rarement malade mais je trimballe des microbes, il a souvent été malade et je ne veux pas en être la cause », déclare-t-elle à la NRK. Le biathlète admet qu’il se trouve lui-même paranoïaque.

 

Emil Hegle Svendsen.

 

Mais Sundby a tout de même décidé de l’imiter. Pourtant, toutes ces précautions n’ont pas empêché les Norvégiens de souvent tomber malade… Qu’importe. Le fondeur ne veut pas réitérer les erreurs de Falun où, malade, il n’avait ramené aucun titre individuel. S’il n’est jamais avare de marques d’affection pour sa famille, à l’approche des mondiaux de Lahti, Martin Johnsrud Sundby a choisi de changer la donne. « Je veux la médaille d’or, c’est un rêve d’enfant, confie-t-il à Dagbladet. Je vais profiter de ma famille mais deux semaines avant les championnats, je vais rester seul. » S’il ne craint pas la maladie, arguant que cela fait partie de la vie et qu’on ne peut rien y faire, il pense en revanche avoir eu sa dose cette année avec le début de saison où il n’était pas en pleine forme.

Reste à savoir si toutes ces précautions porteront leurs fruits…

 

 


Les Norvégiens, médiateurs de paix

L’événement de cette première semaine de mondiaux de biathlon, c’est bien évidemment la guerre que se sont livrés Martin Fourcade et les Russes. Forcément, les médias norvégiens n’ont pas oublié d’en parler et les biathlètes scandinaves non plus. Et tous ont appelé au calme.

« Ils peuvent être en désaccord s’ils veulent mais ils feraient mieux d’aller en parler en privé, ça donne une mauvaise image des mondiaux et du sport », affirme Tarjei Bø dans les colonnes de VG. Emil Hegle Svendsen, lui, avoue qu’il n’avait jamais rien vu de semblable. Et s’il supporte Martin Fourcade dans sa lutte antidopage, Svendsen s’interroge quant à savoir si le relais mixte était bien le lieu approprié pour amener cette lutte un cran plus loin. « C’est louable ce qu’il fait mais on ne peut pas utiliser les compétitions pour régler les problèmes politiques », termine-t-il.

 

 

De son côté Ole Einar Bjørndalen, qui soutient le Français et l’a aidé à mettre en place une pétition, a refusé de prendre parti. « Je m’entends bien avec les deux parties, de telles choses peuvent arriver. On parle de deux caractères forts avec Shipulin et Fourcade alors, forcément, quand ils se heurtent, ça fait du bruit », explique le vétéran du biathlon. « Maintenant, je pense qu’on devrait se concentrer sur les Allemands qui ont gagné, ils méritent plus d’attention. Tout ça va se tasser », conclut-il. Johannes Thingnes Bø approuve son coéquipier : « c’est ennuyeux qu’ils attirent tous les projecteurs sur eux… ».

Heureusement, tout est rentré dans l’ordre et les Norvégiens n’auront plus besoin de tenter de calmer le jeu dans les médias puisque Martin Fourcade et Anton Shipulin ont fait la paix.

 


Médailles en famille

L’argent pour Domracheva, le bronze pour Bjørndalen. La poursuite a réussi au couple, tout juste parents d’une petite fille l’année dernière. Seulement 4 mois après l’accouchement, la Biélorusse est de retour à son meilleur niveau et elle sait qui elle doit remercier : son mari Ole Einar Bjørndalen. « Il a été un soutien incroyable, c’est vraiment important pour un athlète de haut niveau, affirme Domracheva. Il m’a aussi beaucoup appris sur la façon de s’entraîner et m’a donné de bons conseils. » Le perfectionnisme de Bjørndalen aurait-il déteint sur sa femme ? Il semblerait que oui… La Norvège envisage même de lui offrir une place dans le groupe d’entraînement des biathlètes féminines, pensant qu’elle pourrait beaucoup leur apporter.

 

 

Mais avant cela, c’était au tour de Bjørndalen de remporter une breloque. Un événement qu’il vit avec bonheur, ne regrettant pas d’avoir perdu l’argent au profit du jeune Johannes Thingnes Bø. « La médaille de Darya est bien plus importante que la mienne après tout ce qu’elle a traversé », confie la légende du biathlon. La petite famille est ensuite allée célébrer ces récompenses avec sa fille, Ksenija.

Et le biathlon étant décidément un sport de famille, la fratrie Bø a elle aussi connu le bonheur en ce début de championnat. Après les deux médailles d’argent de son petit frère, Tarjei n’a pas hésité à exprimer sa fierté. « Je suis très, très fier d’être son frère », déclare-t-il au quotidien VG. Vantant les mérites de son frère, Tarjei a ainsi remonté le moral de Johannes qui s’en voulait d’avoir manqué l’or sur le sprint. L’aîné des Bø n’a pas non plus hésité à donner sa meilleure paire de skis à son cadet pour mettre toutes les chances de son côté sur la poursuite. Malheureusement, cela n’aura pas suffit pour battre Martin Fourcade.


La pétition des biathlètes

La Russie a officiellement perdu les mondiaux 2021 de Tyumen. L’IBU a exigé qu’ils renoncent à l’organisation de ces championnats avant le 24 février. Dans le cas contraire, c’est le conseil de l’IBU lui-même qui les interdira. Anders Besseberg, président de l’IBU, a expliqué cette décision : l’AMA (Agence Mondiale Antidopage) a expressément demandé à la fédération d’agir de la sorte puisque la Russie ne possède pas un programme antidopage approuvé. Halvard Hanevold, expert NRK en biathlon, explique que si l’IBU ne respecte pas les ordonnances de l’AMA, il y aurait eu un risque qu’aucun biathlète n’ait le droit de participer aux prochains Jeux Olympiques de Pyeongchang l’hiver prochain.

Le retour à la compétition de Loginov, suspendu deux ans, a suscité de nombreux remous.

 

La fédération de biathlon risquait aussi de se mettre à dos beaucoup d’athlètes si elle n’avait pas agi, Martin Fourcade et Ole Einar Bjørndalen en tête. Les deux champions de la discipline ont ainsi publié une pétition à l’instar des fondeurs, demandant à leur fédération de prendre de vraies mesures antidopage contre les athlètes et les pays concernés. Pas moins de 160 athlètes ont signé cette pétition où ils exigent des sanctions plus sévères, particulièrement après la publication du rapport McLaren où 31 biathlètes seraient mis en cause.

L’IBU ayant accédé à certaines demandes des athlètes, Besseberg souligne donc qu’ils peuvent être heureux d’avoir été écoutés (ce qui n’est pas encore le cas pour les fondeurs).

 

 


Stöckl réaliste sur les chances de médaille en saut

Les mondiaux de Falun ont été une réussite pour l’équipe de saut norvégienne. Mais il pourrait en être tout autrement pour ceux de Lahti… En effet, trois des quatre médaillés en Suède ont pris leur retraite : Rune Velta, Anders Bardal et Anders Jacobsen. Le quatrième, Kenneth Gangnes, est quant à lui blessé. Et les seuls qui sembleraient aptes à prendre des médailles, Fannemel et Forfang, ne sont pas en forme. « On a perdu notre meilleur homme avec la blessure de Gangnes, les autres ne sont pas à 100% », explique leur coach Alexander Stöckl. Dans ces conditions, il sera difficile de répéter l’exploit de 4 médailles sur 4 compétitions (petit et grand tremplins, mixte et par équipe). La seule consolation de Stöckl est de compter dans ses effectifs Daniel Andre Tande et, chez les filles, Maren Lundby. « Ils ont le potentiel pour gagner. Sans eux, j’aurais été vraiment inquiet », confie l’entraîneur. Le problème, c’est que derrière Tande, le reste de l’équipe ne suit pas et n’obtient pas les mêmes résultats. Et sans une bonne densité, l’espoir de titre s’amenuise…

 

 

 


Affaire Johaug : une série TV ?

Si du côté de la FIS comme de Therese Johaug, rien n’a encore été décidé quant à un possible appel du verdict de 13 mois de suspension pour la fondeuse, l’affaire continue de faire couler de l’encre. Le nouveau projet de la chaîne TV2 est de faire de toute l’histoire un documentaire qui ferait partie d’une série TV appelée « Supersport ». L’agent de Johaug, Jørn Ernst, affirme en revanche que le projet était déjà envisagé avant même le contrôle antidopage positif de la fondeuse. Mais Johaug et son manager ont pourtant choisi de continuer le tournage même après les résultats du test en septembre dernier. Ernst dévoile que la Norvégienne a été filmée lors de ses stages d’entraînement, entre autre à Pyeongchang, et a donné quelques interviews pour alimenter le documentaire. Cette série devrait être lancée à l’automne.

 

 

Therese Johaug

 

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