Vu de Norge #126 : Klæbo 1 – 0 Northug

CHRONIQUE – Avec Vu de Norge et nulle part ailleurs, retrouvez toute l’actualité nordique norvégienne.

 

 

 

Klæbo vs. Northug

 

Depuis son arrivée sur le circuit mondial à Beitostølen lors de la pré-saison, Johannes Høsflot Klæbo (que l’on retrouve dans le dernier numéro de Nordic Magazine) s’est vu attribuer un nouveau surnom : le « nouveau Northug ». S’il était flatté au départ, le jeune fondeur de 20 ans commence à s’en lasser. Lors des mondiaux de Lahti, il espère donc se faire un nom, processus déjà bien entamé avec sa victoire sur le sprint d’Otepää.

 

 

Stort å få sin første World Cup seier🤘😎 #takkforallegratulasjoner #zedge #høyertrondheim #headbrands

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En fait, certains pensent même déjà que le talent de Klæbo dépasse celui de Northug. Pettersen, Hattestad, tous s’accordent pour dire que les qualités physiques des deux Norvégiens se valent mais, là où Klæbo excelle, c’est sur le plan technique et mental : le jeune athlète fait attention à tous les détails. Tor Arne Hetland, entraîneur de l’équipe nationale, et Fredrik Aukland, expert NRK, sont eux aussi du même avis : Klæbo se conduit déjà comme un grand athlète avec de l’expérience grâce aux bons conseils de son grand-père et entraîneur personnel. Même Sergey Ustiugov voit le Norvégien favori pour le titre en sprint à Lahti, comme il l’a avoué au quotidien VG.
 

 
Du côté de Northug, si l’enfant terrible du ski de fond compte bien aller chercher l’or sur le sprint, arguant qu’il n’irait pas à Lahti s’il ne pensait pas avoir ses chances, ses coéquipiers ne sont pas de cet avis. Niklas Dyrhaug, son grand ami, estime ainsi qu’il est toujours difficile de savoir ce dont le natif de Mosvik est capable. Et si tous s’accordent pour dire qu’il ne faut pas vendre la peau du Northug avant de l’avoir tué, personne ne serait prêt à parier qu’il ira chercher l’or.

Klæbo 1 – 0 Northug

 

 


Johaug abandonnée par les siens

 

Depuis le verdict d’une sanction de 13 mois pour Therese Johaug, la fondeuse enchaîne les catastrophes. Si elle a décidé de ne pas faire appel, tout comme l’agence antidopage norvégienne, ses sponsors ne sont pas aussi indulgents. Fischer, son fournisseur de ski, a ainsi déclaré qu’ils mettaient un terme à son contrat en accord avec la clause antidopage que la Norvégienne a signée et permettant à Fischer de se retirer en cas de condamnation après un test positif.

Jørn Ernst, manager de Johaug, a déclaré qu’on s’y attendait dans le camp de la fondeuse et qu’un contrat serait de nouveau négocié à la fin de la suspension. Reste à savoir si Johaug pourra continuer de s’entraîner avec les skis qu’elle a déjà en stock car, pour les experts NRK, perdre ses skis est bien plus grave que perdre de l’argent. L’objectif de rester avec Fischer est d’ailleurs clair pour le manager de la Norvégienne et Johannes Thingnes Bø, le biathlète, pense lui aussi que sa compatriote devrait et pourra continuer avec la marque de ski.

Et si les autres sponsors de Johaug ont décidé, pour le moment et malgré des clauses antidopage similaires, de ne pas rompre leurs contrats avec la fondeuse, le camion de fartage de l’équipe nationale n’affichera plus le visage de l’une de ses grandes héroïnes tant que celle-ci sera suspendue. « Ce n’est pas personnel, il ne faut pas qu’elle se sente mise à l’écart mais ça devait être fait », explique la fédération. Therese Johaug, quant à elle, a fait savoir qu’elle comprenait cette décision.
 

 


Fanny Horn Birkeland prend sa retraite

A 28 ans, Fanny Horn Birkeland a décidé de mettre un terme à sa carrière de biathlète. La Norvégienne explique dans les colonnes de VG qu’elle a longtemps mûri ce choix mais n’a vraiment pris sa décision qu’il y a deux semaines, après le sprint des mondiaux où elle termine 72e. « J’en ai beaucoup discuté avec Lars (son mari)… Je n’ai plus aucun bon jour à l’entraînement, ça ne sert à rien de continuer encore un an », déclare-t-elle au quotidien. La biathlète a donc décidé d’arrêter un an plutôt que prévu et de ne pas aller jusqu’aux Jeux Olympiques. Elle devrait donc terminer sa carrière à domicile, à Oslo, dernier week-end de la saison. « Mes coéquipières ont eu un choc, avoue-t-elle, mais elles ont été compréhensives. C’était un vrai plaisir de travailler avec elles et ça sera étrange de ne plus faire partie de l’équipe… » Elle se retire avec une victoire au compteur sur le sprint de Ruhpolding en janvier 2015 et une médaille d’or sur le relais des mondiaux d’Oslo 2016.

 

 


Johannes Bø pour sauver l’honneur

(Photos : Stanko Gruden/Agence Zoom)

 

Aucun titre pour la Norvège lors des mondiaux de biathlon d’Hochfilzen les deux dernières semaines. Voilà le bilan difficile de l’une des premières nations du monde de ce sport nordique qui n’était pas repartie sans médaille d’or depuis 1999. « Ca peut arriver mais l’an dernier, ce n’était pas mieux », résume Emil Hegle Svendsen, réaliste. Et si l’adversaire de Martin Fourcade avait espéré glaner quelques breloques, c’est finalement son coéquipier Johannes Thingnes Bø qui a sauvé l’honneur des Norvégiens en ramenant 3 médailles d’argent. La quatrième médaille et dernière de la moisson scandinave est ramenée par Bjørndalen avec le bronze sur la poursuite.

Côté féminin, le fiasco est encore plus total : aucune médaille contre deux l’an passé à Oslo avec l’or d’Eckhoff sur le sprint et le titre du relais. Toutes déçues, les Norvégiennes repartent bredouilles d’Autriche où elles ont aussi appris qu’elles perdraient l’une des leurs avec l’annonce de la retraite de Fanny Birkeland.

 

 

Mais Martin Fourcade, numéro 1 mondial, se veut rassurant. « Je n’ai aucun conseil à leur donner, assure le Français dans les colonnes de VG, ils reviendront aux avant-postes, ils savent ce qu’ils ont à faire. » Pour Fourcade, repartir sans titre, ça fait partie du jeu. Celui qui avait dominé les mondiaux d’Oslo le sait bien : ce sont les courses d’un jour. Pour preuve, lui aussi repart avec moins de titres que l’an passé. Et pour finir de leur remonter le moral, le Catalan a laissé ses adversaires Svendsen et les frères Bø taper sur une piñata à son effigie. De quoi récupérer quelques médailles d’or !
 


 


De nouvelles combinaisons

 

Comme pour presque tous les championnats du monde, l’équipe de fond a eu droit à des combinaisons flambant neuves. Combinaison que Marit Bjørgen s’est empressée de tester lors de son stage à Davos avant les épreuves estoniennes d’Otepää. « Elle est très confortable et très légère », assure la reine du ski de fond.

En effet, le nouvel équipement ne pèse que 230grammes. De quoi gagner en vitesse, surtout grâce à la matière des manches et des jambes, faites dans la même texture que les balles de golf et réduisant ainsi la résistance à l’air. Un véritable atout de l’avis de Bjørgen qui sait que chaque dixième, chaque centième compte désormais sur une compétition. Roar Hjelmeset, entraîneur national de l’équipe féminine, est d’accord avec son athlète : « c’est toujours agréable d’arriver sur les mondiaux avec une nouvelle tenue et si, en plus, elle peut nous apporter un avantage, c’est un plus », dit-il au micro de la NRK. Reste à voir si cela suffira pour mettre tous leurs concurrents en échec à Lahti.

 


Les sauteurs retenus pour Lahti

Halvor Egner Granerud

 

Six sauteurs masculins et trois de leurs homologues féminines feront le déplacement à Lahti pour les championnats du monde. Côté femmes, on retrouvera Maren Lundby en leader et ses coéquipières Anniken Mork et Silje Opseth. Côté hommes, Daniel Andre Tande, Anders Fannemel, Johann Andre Forfang, Andreas Stjernen, Robert Johannson et Tom Hilde seront de la partie.

Déception pour le jeune Halvor Egner Granerud qui, malgré son meilleur résultat en carrière avec une 16e place à Pyeongchang, ne sera pas du voyage. « Mais c’est positif pour la Norvège si le 16e en coupe du monde peut ne pas être sélectionné parmi les 6 meilleurs norvégiens », relativise-t-il. Il souhaite ainsi à ses compatriotes de montrer le meilleur d’eux-mêmes. Hilde, de son côté, se dit ravi de toujours avoir la confiance des chefs du saut norvégien. Clas Brede Bråthen, directeur sportif, admet que le choix s’est avéré difficile pour cette 6e place dans l’équipe masculine.

Les principaux espoirs de médaille reposent bien entendu sur Tande et Lundby ainsi que la compétition par équipe. Mais Fannemel n’a pas dit son dernier mot. S’il n’a pas pour habitude de retourner s’entraîner à domicile en plein mois de février, il assure au micro de la NRK que cela lui a fait du bien et qu’il est en grande forme. « L’objectif est d’aller se battre pour la médaille », conclut-il.

 

 

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