Vu de Norge #134 ; objectif 30 médailles aux JO

CHRONIQUE – Avec Vu de Norge et nulle part ailleurs, retrouvez toute l’actualité nordique norvégienne.

 

JO 2018 : objectif 30 médailles

 

Aux Jeux Olympiques de Sochi en 2014, la Norvège avait pris 26 médailles et s’était classée 2e derrière la Russie. Pour les prochains JO à Pyeongchang en 2018, la fédération norvégienne vise les 30 médailles. Le ski de fond serait bien sûr la figure de proue de cette campagne olympique. Pour les dirigeants, le biathlon et le ski alpin peuvent aussi ramener de nombreuses médailles et ils ont bon espoir que le combiné et le saut à ski suivent le même chemin. Mais ils soulignent aussi que, dans beaucoup d’épreuves, la Norvège avait terminé 4e. C’est là que se jouera le plus gros des médailles : comment parvenir à transformer ces 4e places en breloque olympique ? Les dirigeants de l’Olympiatoppen insistent aussi sur le fait que tous les athlètes devront mettre à jour leurs priorités, prenant l’exemple de Bjørgen et Weng. Si la première a fait l’impasse sur certaines compétitions mondiales, elle a remporté quatre titres à Lahti alors que Weng, elle, a participé à toutes les courses mais n’a pas gagné une seule compétition aux mondiaux. Les dirigeants de la fédération norvégienne pensent donc que tous les athlètes allant aux JO devront se concentrer sur cet unique objectif. Toutes les conditions seront alors réunies pour atteindre l’objectif de 30 médailles.

De leur côté, les directeurs sportifs de chaque discipline énoncent leurs objectifs. En combiné, il s’agira de faire mieux que cet hiver et de trouver ce qui n’a pas fonctionné afin de replacer l’équipe sur les podiums. En ski de fond, Vidar Løfshus ne se fait aucun souci, sachant très bien que ses équipes sont les plus fortes du monde. Clas Brede Bråthen, chef du saut, annonce quant à lui que les Norvégiens tenteront de prendre des médailles dans 3 voire 5 compétitions pour être la meilleure nation de la discipline. Enfin, en biathlon, les objectifs seront fixés après les premiers tests estivaux.

 

 

Les sauteuses à ski se rebellent

 

Aussitôt le calendrier de la prochaine saison de saut à ski dévoilé, Maren Lundby n’a pas hésité à faire part de sa désapprobation dans les médias. « C’est certain qu’il pourrait être amélioré, déclare-t-elle à la NRK. On dit que l’évolution du saut féminin se fait étape par étape mais je me demande à quelle vitesse elles vont, ces étapes. » En effet, le calendrier féminin comptera 15 épreuves contre 19 l’hiver dernier dont 1 étape seulement sur grand tremplin contre 3 cette saison. « Depuis que la coupe du monde féminine a été lancée, on est au point mort », s’indigne-t-elle. Elle continue : « je ne comprends pas qu’on soit considérées comme un sous-produit. Pourquoi ne peut-on pas avoir les mêmes épreuves que les garçons comme c’est le cas en biathlon ou en ski de fond ? »

Mais la jeune sauteuse norvégienne le promet : elle fera changer les choses. Et elle compte bien commencer dès les Jeux Olympiques sur lesquelles elle se concentre déjà, étant le plus grand espoir norvégien de médaille en saut féminin.

 

 

La Nordenskiöldsloppet : la plus longue course à ski du monde

 

220 kilomètres. C’est la distance qu’a dû parcourir le Norvégien Andreas Nygaard pour remporter la plus longue course de ski de fond du monde samedi dernier. La Nordenskiöldsloppet, créée en 1884, avait dû attendre 132 ans et 2016 pour être de nouveau courue l’an dernier. Allant de Jokkmokk à Qvikjokk en Suède, la course fut originellement créée par le scientifique Nordenskiöld pour prouver qu’il avait bien été capable de parcourir 460km en 57 heures lors d’une expédition à ski au Groenland. Les autres scientifiques doutant de la faisabilité de ce qu’il avançait, Nordenskiöld avait organisé cette course entre les deux villes de Laponie suédoise où le climat et les conditions étaient similaires à ce qu’il avait connu au Groenland. Le but serait de parcourir plus de 200km sans s’arrêter une seule fois.

En 2015, la ville de Jokkmokk a décidé de réinstaurer cette course extraordinaire sur le tracé d’origine. Inaugurée en 2016, le Norvégien John Kristian Dahl avait alors terminé en 8h35. Cette année, Andreas Nygaard termine en 11h48, seulement deux secondes devant son dauphin Øyvind Moen Fjeld. « C’est la course la plus folle que j’ai faite, s’exclame Nygaard à l’arrivée. C’est tellement impressionnant. Et remporter la course la plus longue du monde, c’est plutôt cool. »

Plus de 320 personnes de 18 pays étaient inscrites à cette course hors-norme et certains ne sont arrivés que le dimanche matin…

 

 

Mattis Stenshagen : nouveau talent ?

 

Johannes Høsflot Klæbo, du haut de ses 20 ans, a impressionné le monde du fond cette saison en remportant le petit globe du sprint, une médaille mondiale et le mini-tour du Canada. Mais il pourrait bien ne pas être le seul fondeur né en 1996 à faire son entrée en équipe nationale pour la prochaine saison olympique. Vidar Løfshus, chef des équipes de fond, a en effet admis qu’il gardait un œil sur les jeunes talents norvégiens, dont Mattis Stenshagen. « Il a fait un très bon début de saison mais il est ensuite tombé malade ce qui ne lui a pas permis de tenir un aussi haut rang que Klæbo », dévoile Løfshus. Le chef du fond est formel : il a de grandes qualités et il est important pour la Norvège de protéger et former ce genre de talent. Alors que la liste de l’équipe nationale devrait sortir à la fin du mois, Løfshus rappelle qu’aucun des Norvégiens engagés sur le circuit international n’a démérité cet hiver. « Mais il n’y a pas de la place pour tout le monde », conclut-il. Tous devront donc faire leurs preuves pour être sélectionnés aux Jeux Olympiques. Et les plus vieux devraient se méfier des deux jeunes de 20 ans… Klæbo et son compatriote Stenshagen pourraient bien avoir les dents longues.

 

 

Chine-Norvège : vers un accord sportif ?

 

Après avoir obtenu les Jeux Olympiques d’hiver en 2022, la Chine a décidé de former de futurs talents nordiques. Pas question de faire office de figurants à domicile. Mais le ski ne fait pas partie de la culture de l’Empire du milieu. Les meilleurs dans ce domaine, ce sont les Norvégiens. La Chine avait donc fait appel aux Scandinaves pour leur fournir des entraîneurs. Si rien n’est encore fait, Gerhard Heiberg, membre du CIO (Comité Olympique), appelle à une réelle coopération entre la Chine et la Norvège.

Politiquement, les deux nations vont vers un dégel de leurs relations qui se portaient mal depuis 2010 et l’attribution du prix Nobel à Liu Xiaobo, défenseur des droits de l’homme en Chine et opposant au gouvernement. Sportivement, en revanche, Heiberg a toujours gardé contact avec ses homologues asiatiques. Après la rencontre des chefs d’Etat, c’est donc tout naturellement qu’il a de nouveau engagé les discussions avec le ministre des sports chinois. « Nous avons pensé à un accord de grande envergure », confie Heiberg au quotidien Dagbladet. En effet, le gouvernement asiatique aimerait que les habitants des régions où les sports d’hiver sont praticables soient formés dès le plus jeune âge afin de créer un engouement pour les JO 2022. Les constructions de site sont donc en cours. Du côté de la Norvège, ils devraient envoyer des entraîneurs, des formateurs et tous ceux pouvant aider à développer la culture du ski en Chine. « Ils veulent avoir vite des Norvégiens dans leur staff pour commencer à former les équipes olympiques, explique Heiberg. J’ai dit oui. » Les universités du sport chinoise et norvégienne devraient aussi coopérer en envoyant les étudiants asiatiques en Norvège et, en retour, en envoyant des professeurs scandinaves en Chine.

L’accord a été signé le 7 avril dernier et il permettra aussi à la Norvège d’entretenir de meilleures relations avec l’un des plus puissants pays du monde actuel.

 

 

Northug ne deviendra pas russe

 

Battu de peu par Ustiugov lors d’une course de 50km en Russie, Petter Northug Jr. avait été séduit par l’ambiance russe. De nouveau en conflit avec la fédération norvégienne, Northug n’a pas hésité à répondre aux médias présents que si les choses ne s’arrangeaient pas, il pourrait bien demander à courir pour la Russie contre la Norvège. Bien évidemment, le fondeur de Mosvik ne faisait que plaisanter. Evident pour les médias norvégiens qui savent à quel point l’athlète est patriote. Moins évident pour les Russes qui n’ont cessé de commenter les paroles de Northug.

Finalement, c’est l’équipe de fond russe qui a tranché : ils n’ont pas besoin du Norvégien. « Nous avons énormément d’athlètes talentueux et certains sont meilleurs que lui », déclare l’entraîneur Oleg Perevoztsjikov. Quant à Jelena Välbe, directrice du fond russe, elle a pris la plaisanterie pour ce qu’elle était : une plaisanterie. « Je suis sûre à 99,9% que ce n’était qu’une blague alors je ne le prends vraiment pas au sérieux », dit-elle.

Quant à Northug, une fois sa bombe lancée, il en a profité pour visiter Moscou avant de reprendre la route de l’entraînement.

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