Vu de Norge #159 : la disparition du sprint classique fait débat

CHRONIQUE – Avec Vu de Norge et nulle part ailleurs, retrouvez toute l’actualité nordique norvégienne.

 

 

 

Fond : les formats changent

Le congrès de la FIS s’est intéressé au saut à ski (lire Vu de Norge #158) ; il n’a pas oublié le ski de fond. Le calendrier pour la saison 2018/2019 pourrait ainsi connaître des changements drastiques qui seraient votés en mai. Selon la presse norvégienne, Vegard Ulvgang, chef du fond au sein de la FIS, « il est certain que ces changements adviendront. »

Parmi ces modifications, la possible disparition du skiathlon et du sprint classique. Pourraient alors apparaître ou réapparaître des poursuites suivant les 10 km et 15 km, ainsi que des relais mixtes. Les relais reviendraient aussi au calendrier après avoir disparu pour le prochain hiver 2017/2018.

 

Côté championnats du monde, les formats pourraient aussi changer dès Seefeld 2019. « On fait la même chose depuis les mondiaux d’Oberhof 2005, il est temps de changer et de devenir plus attractifs », explique Ulvgang.
La justification de cette volonté de changement et d’évolution ? Les plus petites nations du fond, pour s’agrandir, ont besoin d’un sport plus compréhensible pour les spectateurs néophytes. Le nombre de formats resterait donc à six, tout en se simplifiant pour les fans mais aussi pour les organisateurs. Reste donc à décider quels formats reviendront et lesquels disparaîtront.

 

Classique : la bataille continue

Maiken Caspersen Falla. (Photo : Vianney Thibaut/Agence Zoom)

 

Si les changements en fond sont entérinés pour la saison 2018/2019, ce serait un nouvel exercice classique qui disparaîtrait en même temps que le sprint classique. De nouveau, les pro-classique montent au créneau pour défendre ce style qui fait l’histoire de leur discipline. C’est le cas de Maiken Caspersen Falla. La sprinteuse norvégienne a ainsi confié au quotidien VG qu’elle ne souhaitait pas voir disparaître la technique classique. « Il est vrai qu’il y a eu beaucoup de tricheries, admet-elle. Mais les mesures prises sont bonnes et il ne faut pas abandonner le classique. C’est ce qui fait la particularité de notre sport. Sinon, on est juste du biathlon sans tir. »

 

Johannes Hoesflot Klaebo (photo : Agence Zoom).

 

Johannes Høsflot Klæbo, de son côté, n’est pas aussi catégorique : « ce qui devra se faire se fera et nous nous adapterons », répond-t-il seulement en interview pour VG. « Mais c’est l’âme du fond, le classique », proteste Falla.
Skinstad, lui, est déjà prêt à se battre. L’ancien entraîneur de l’équipe de fond et désormais représentant de la Norvège au sein du comité du fond de la FIS l’affirme : la disparition du sprint classique est le premier pas vers la disparition du style classique tout court. « Il est impératif de ne pas abandonner ce style, 80% des gens le pratiquent quand ils font du ski de fond », rappelle-t-il. Et la Norvège n’est pas seule : « j’ai déjà reçu le soutien d’entraîneurs suédois, finlandais, russes et allemands », évoque-t-il.
Chez les Suédois, même son de cloche. Les voisins ne se privent pas de donner leur avis, à l’instar de Teodor Peterson : « autant changer de sport ! » s’enflamme-t-il dans les médias.

 

Siegfried Mazet trop exigeant ?

 

« Je suis arrivé et je leur en ai demandé beaucoup. Egil Kristiansen aussi. Peut-être que les deux combinés, c’était trop. » Siegfried Mazet revient sur sa première année au sein de l’équipe norvégienne de biathlon sans concession. Les différentes maladies dont ont souffert ses athlètes pourraient être liées à une demande trop importante de la part de leurs nouveaux entraîneurs. « On les a trop poussés parce qu’on ne les connaissait pas encore assez, analyse le Français. Maintenant c’est différent et ça devrait permettre de les garder en forme. On connaît mieux leurs limites. »
Emil Hegle Svendsen confie sa propre expérience : « ils sont tous les deux très bons dans leurs domaines et ils en veulent donc beaucoup. On a peut-être trop poussé. Mais cette année nous serons de retour », affirme-t-il, confiant. Johannes Thingnes Bø, lui, refuse de reporter la faute sur ses coachs, affirmant que celle-ci est partagée.
« On est sur la bonne voie désormais », conclut Mazet, optimiste sur les chances de victoire de ses athlètes cette saison.

 

Solemdal de retour

Depuis plusieurs saisons, Synnøve Solemdal est aux abonnés absents. L’an dernier, la biathlète pensait même que sa carrière était terminée. Mais à 28 ans, la Norvégienne est désormais sur le retour, pleine d’espoirs. « Je ne savais pas pourquoi ça ne marchait pas, ce qui se passait… » confie Solemdal à la NRK. Après des semaines très compliquées au début de l’hiver dernier, les nombreux tests médicaux ont finalement permis de trouver la solution : l’athlète souffrait de la borréliose, maladie transmise par les tiques. Avec un traitement adapté pendant un mois, Solemdal a pu retrouver espoir. Elle a alors repris l’entraînement, bien décidée à revenir à son meilleur niveau. « Il faut tout recommencer de zéro, explique la Norvégienne. Ça prend du temps, ma patience a été bien éprouvée mais en même temps, on voit de petites améliorations alors ça permet de tenir. »
Synnøve Solemdal est officiellement de retour en équipe nationale pour le stage en France dans le Vercors, dans le but d’être prête pour les Jeux olympiques. « Tout fonctionne correctement, alors je vais faire de mon mieux pour aller sur les épreuves de coupe du monde et en Corée », conclut Solemdal.

 

 

Klæbo incertain

Petit prodige de la saison dernière, après avoir brillé à Beitostølen puis à Lillehammer, Johannes Høsflot Klæbo n’avait pas pu étaler son talent au monde lors du Tour de Ski, chose qu’il avait regretté même si, malade, il valait mieux pour lui rentrer et se préparer pour les mondiaux de Lahti.

 

 

Cette saison, le jeune Norvégien est très attendu et les regards sont tous tournés vers lui : réussira-t-il une saison olympique exceptionnelle ? Pourra-t-il montrer sa polyvalence sur le Tour de Ski ?
Son coéquipier, Niklas Dyrhaug, préfère le mettre en garde : « Il n’a jamais participé au Tour, il ne sait donc pas s’il va bien tenir ou si cela va totalement l’épuiser, explique-t-il à TV2. Ca pourrait lui prendre énormément de temps de retrouver la forme mais après tout, il ne risque rien à participer aux premières épreuves. »
« Je vais écouter l’avis de mon grand-père et de notre coach, affirme quant à lui Klæbo. On se décidera après la première partie de saison, il y a beaucoup de paramètres à prendre en compte. On saura très vite si ça vaut la peine ou non de participer au Tour. »
Malgré son envie de participer au Tour de Ski, d’y faire ses preuves, Johannes Høsflot Klæbo pourrait donc bien en être privé une seconde fois pour se concentrer sur les Jeux olympiques…

 

Coca Cola investit dans le ski

En 2014, l’équipe de fond suédoise signait un accord avec les restaurants bien connus McDonald’s. La Norvège avait alors raillé ses adversaires… Trois ans après, c’est leur tour d’être le sujet de moqueries maintenant qu’il a été annoncé que les équipes nationales de ski alpin seraient sponsorisées par Coca Cola. Se repose alors la question du choix des sponsors dans le monde du sport.
Il y a trois ans, Bernt Halvard Olderskog, chef des sponsors de l’équipe de fond norvégienne, avait affirmé que jamais ils ne voudraient être associés à la chaîne de restaurants américaine, peu importe leur investissement financier. « Nous savons quelle image nous voulons donner, explique-t-il à la presse, et nous savons à quoi nous sommes opposés. Nous voulons avoir une image positive et saine d’où notre volonté de ne surtout pas être associés à McDonald’s. »

Quant au nouveau sponsor de l’équipe alpine, il préfère ne pas commenter et se contente d’affirmer son respect pour les directeurs de la fédération alpine norvégienne. De leur côté, ceux-ci affirment que Coca Cola est un choix raisonnable puisqu’ils sont impliqués dans le sport depuis des années. L’équipe alpine, d’ailleurs, pour éviter la polémique sur la santé ou les risques environnementaux, a choisi de n’être sponsorisée que par Coca Cola Zero qui promeut une plus grande responsabilité environnementale.

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