Vu de Norge #163 : Gangnes et Dyrhaug blessés

CHRONIQUE – Avec Vu de Norge et nulle part ailleurs, retrouvez toute l’actualité nordique norvégienne.

 

Gangnes : la malédiction continue

Après avoir perdu l’hiver dernier où il espérait briller sur le circuit mondial, Kenneth Gangnes s’était concentré sur les Jeux Olympiques en février prochain. Mais le sort en a décidé autrement. Lors d’une petite chute sur le tremplin de Midtstubakken, le sauteur a de nouveau ressenti une douleur à son genou maudit. L’IRM révèle un peu plus tard une grave fracture à l’os. « J’ai fait très attention, j’étais revenu à un vraiment bon niveau et je ne comprends pas comment ça a pu arriver, confie Gangnes. Peut-être que c’est génétique… »

 

En effet, en sept ans, le Norvégien a subi une lourde blessure au genou déjà quatre fois : de quoi penser à une malédiction l’empêchant de révéler tout son potentiel sur le circuit mondial. « J’avais de si grands objectifs pour cet hiver et maintenant, je risque de ne pas en voir la couleur », ajoute le sauteur. Le Norvégien va désormais de nouveau se faire opérer. Quant à la suite de sa carrière, il avoue ne pas encore avoir décidé : revenir au saut à ski ou prendre un rôle différent dans l’équipe ?
« C’est très dur, il avait tellement travaillé l’hiver dernier et cet été pour revenir cette saison, déclare son entraîneur Alexander Stöckl. Il a pourtant tout fait dans les règles. » Espen Bredesen, expert NRK, met quant à lui en garde le jeune sauteur : « il a encore la vie devant lui alors il faut bien qu’il réfléchisse, penser à sa santé pour l’avenir. »

 

Blessé, Niklas Dyrhaug manquera Beitostølen et Kuusamo

Dans un communiqué de presse, la fédération de ski de fond norvégienne a déclaré que Niklas Dyrhaug ne participerait ni aux épreuves de Beitostølen ni à l’ouverture de la coupe du monde à Kuusamo en raison d’une blessure au dos datant d’il y a deux semaines. Sur sa page facebook, le Norvégien a confié être déçu de devoir prendre plus de temps de repos avant de revenir en compétition.

 

Northug surveillé de près

32 jours. Jamais Petter Northug Jr. n’était resté si longtemps à un camp d’entraînement en altitude. Les résultats négatifs d’une aventure similaire l’an dernier ont pourtant diminué les effets de ce nouveau record : le fondeur a beau être très motivé pour faire ses preuves dès le début de la saison, son équipe le surveille de très près. Pas question que, comme l’hiver dernier, il ait de gros problèmes de forme après le camp en altitude. « Juste après ces 32 jours, il est allé dans les Canaries où il reçoit un traitement musculaire journalier et il a levé le pied la première semaine », déclare Stig Rune Kveen, son entraîneur personnel.

Le Norvégien promet que, cette fois, ils ont fait particulièrement attention pour qu’aucun effet négatif ne ressorte de ce camp d’altitude. Après les Canaries, Northug s’est dirigé vers la Suède et Bruksvallarna où, là encore, son équipe ne l’a pas quitté d’une semelle, s’assurant qu’il garde sa forme au plus haut niveau pour l’ouverture de la saison à Beitostølen puis à Kuusamo.

 

Tønseth en mauvaise posture

Tombé en ski-roues début septembre et souffrant d’une commotion cérébrale, Didrik Tønseth se remet à peine des conséquences de sa blessure à la tête. « Heureusement, j’avais un casque mais c’est toujours très douloureux », confie le fondeur. Privé de camp d’entraînement à Val Senales, il a presque été privé d’entraînement tout court puisque sa blessure ne lui permet pas de faire des efforts intensifs. « Il a repris l’exercice mais avec très peu d’intensité, il lui faut encore du temps pour revenir même si nous espérons le voir à Beitostølen, explique son coach Tor Arne Hetland. Nous prenons cette blessure très au sérieux. » Au-delà de son espoir de voir Tønseth au départ dès l’ouverture de la saison en Norvège, l’entraîneur de fond attend de son fondeur qu’il soit à son meilleur niveau lors de cette saison olympique magré cette complication. Didrik Tønseth, conscient des enjeux qui se profilent dès l’étape de Ruka, nourrit les mêmes espérances.

 

Objectif sommeil en Corée

Pour se caler sur les horaires européens, les compétitions olympiques en Corée auront lieu en soirée. Résultat : de longues journées à attendre pour les athlètes avant de prendre le départ. Sauf pour Tarjei Bø et ceux qui l’imiteront. « On va dormir jusqu’à midi voir 13h comme ça, on attendra moins », explique le Norvégien à la NRK.

Egil Kristiansen, entraîneur de l’équipe masculine de biathlon, confirme cette méthode : « il faudra parfois dormir tard dans la journée et se lever la nuit pour les épreuves très décalées. » Certes, les problèmes de luminosité et de bruit le matin pourraient venir contrecarrer les plans norvégiens mais Kristiansen promet que ses athlètes auront le droit aux meilleures conditions possibles. Comme les sauteurs à ski, les biathlètes s’acclimateront progressivement à l’heure coréenne et aux 7h de décalage pour mettre toutes les chances de leur côté et ramener un maximum de médailles.

 

Nouvelle technologie pour les sauteurs

En saut à ski, les équipes cherchent sans arrêt à trouver la combinaison permettant d’obtenir des conditions de saut optimales. Tom Hilde franchit un nouveau pas dans la recherche de cette combinaison parfaite. Il a créé une version imprimée 3D de lui-même afin de tester différentes combinaisons pour trouver la meilleure tout en respectant les règles de la FIS. « C’est un peu bizarre de l’avoir chez soi la première semaine, je l’avoue », confie le Norvégien. Alors pourquoi réaliser cette folie ? « Les autres équipes sont en avance sur nous, explique Hilde. La chose la plus importante est que la combinaison permette de garder la vitesse et il nous faut donc trouver les meilleurs matériaux pour trouver comment obtenir ce résultat. » Et ces recherches sont d’une importance cruciale puisqu’une bonne combinaison peut permettre à un bon sauteur de gagner jusqu’à 30 mètres !

 

Les experts NRK impatients

A l’approche de cette saison olympique et alors que le saut à ski ouvrira le grand cirque blanc nordique ce week-end, les experts NRK promettent à leurs téléspectateurs du grand spectacle !
Johan Remen Evensen, ancien sauteur et désormais commentateur pour la chaîne TV norvégienne, prédit que Daniel Andre Tande pourrait faire des étincelles lors de cette saison, suivi de près par Forfang, Stjernen et Fannemel. Il faudra particulièrement les suivre à Pyeongchang bien sûr mais aussi lors du Raw Air en mars et les mondiaux de vol à ski en janvier.
En combiné nordique, Fred Børre Lundberg, compagnon de Marit Bjørgen et expert NRK, aimerait voir Magnus Moan briller de nouveau. Avec deux victoires en Grand Prix d’été dernièrement, les voyants semblent être au vert. Il en va de même pour Jarl Magnus Riiber, le jeune petit prodige du combiné norvégien. « Suivre le retour de Jason Lamy-Chappuis et affronter les Allemands qui devraient encore être très bons promet un combat excitant », analyse Lundberg.

 

Le biathlon aussi promet un hiver de toute beauté avec, en ligne de mire, le combat entre les Norvégiens et Martin Fourcade. Johannes Thingnes Bø est tout particulièrement attendu au tournant. « Il est solide et si quelqu’un peut battre Fourcade, c’est lui mais il ne faudra tout de même pas oublier Bjørndalen », explique Ola Lunde, expert NRK. Du côté des femmes, le commentateur attend beaucoup de Tiril Eckhoff et Marte Olsbu, entre autres lors du rendez-vous à Oslo, très attendu.
Enfin, les experts du fond rongent leur frein en attendant l’ouverture de la saison à Beitostølen puis à Ruka. Avec trois rendez-vous norvégiens au calendrier en plus des Jeux Olympiques, les commentateurs NRK espèrent que leurs équipes masculine et féminine mèneront encore la danse avec, bien évidemment, en chefs de file Marit Bjørgen et Martin Johnsrud Sundby. « Klæbo aussi promet de belles choses et nous attendons de voir la forme de Northug en espérant qu’il soit à son de niveau de Falun 2015 », déclare Torgeir Bjørn.

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