Vu de Norge #164 : rien n’est perdu pour Northug

CHRONIQUE – Avec Vu de Norge et nulle part ailleurs, retrouvez toute l’actualité nordique norvégienne.

 

Klæbo ne s’arrête pas de briller

Vainqueur du sprint de Beitostølen comme l’an dernier, Johannes Høsflot Klæbo n’a cette fois pas créé la surprise. En revanche, il a de nouveau impressionné le monde du ski de fond et particulièrement la Norvège par sa technique particulière et sa tactique irréprochable que salue le coach de l’équipe de sprint Arild Monsen : « nous n’avions jamais vu ça, c’est incroyable, s’exclame-t-il devant les caméras de la chaîne de télévision NRK.

Il joue tout dans les virages et prend des fractions de seconde face à ses concurrents. » Le grand-père de Klæbo, lui, assure que son petit-fils et protégé ne fait qu’exploiter toutes les possibilités des pistes modernes. Ses coéquipiers savent ce qui leur reste à faire : étudier les données GPS de leur jeune compatriote pour voir où il a pris ces ultimes secondes lui attribuant la victoire et pour tenter de combler l’écart.

Ce nouveau coup d’éclat pourrait-il assurer très vite à Klæbo un billet pour les Jeux olympiques en février ? En sprint, les chances sont infimes qu’il ne fasse pas le déplacement. Mais avec ses aptitudes en distance comme il l’a démontré l’hiver dernier, le jeune prodige Norvégien de 21 ans pourrait aussi décrocher un ticket pour d’autres compétitions olympiques.

Tor Arne Hetland, entraîneur de l’équipe nationale, n’exclut en tous cas pas cette idée, surtout si le fondeur fait des étincelles sur le Tour de Ski.
Ce qui est sûr, c’est que ses coéquipiers ne parieraient pas contre lui et surtout pas Martin Johnsrud Sundby qui a vu de quoi son jeune adversaire était capable sur le 15 km classique de Beitostølen lorsqu’il a terminé à la deuxième place derrière le leader de l’hiver dernier. « C’est un compétiteur sérieux et ça promet une vraiment belle bagarre et une saison passionnante », promet Sundby dans les colonnes de VG.

 

Northug a encore sa chance

Non, Finn Hågen Krogh n’est pas encore assuré d’avoir le relais final lors du par équipe aux Jeux olympiques. Non, Petter Northug Jr. n’est pas encore écarté des listes, malgré son absence à Beitostølen et donc à Kuusamo. Contrairement à ce que l’entraîneur Tor Arne Hetland a déclaré, rien n’est encore joué. Vidar Løfshus, chef des équipes de ski de fond norvégiennes, l’assure : « nous aviserons avant les JO, nous ne choisirons que les meilleurs du moment. »

Krogh pourrait ainsi obtenir la place mais Løfshus n’écarte pas les autres hommes forts de l’équipe à l’instar de Northug ou même Klæbo.

 

Martin Johnsrud Sundby, lui, devrait avoir une place assurée dans l’équipe olympique si tout se passe comme les dernières années. Pour autant, il espère réellement que son compatriote sera aussi son coéquipier en Corée du Sud. « C’est une légende du fond norvégien et international, confie Sundby à VG. Il a les moyens et il doit entrer dans l’équipe olympique. On a besoin de lui. »

 

 

La joie norvégienne

Amputé de Kenneth Gangnes qui passait sur la table d’opération vendredi, l’équipe de saut norvégienne a aussi failli se passer de Johann Andre Forfang qui a débarqué en Pologne sans son matériel de saut, resté coincé à l’aéroport. Chaussures, lunettes, casque, gants, sous-vêtements : tout avait disparu. Une situation qui n’était pas nouvelle pour Forfang qui avait déjà dû faire sans ses skis au Japon la dernière fois.

 

Heureusement, le Norvégien a pu trouver un équipement pour participer au week-end d’ouverture de la coupe du monde à Wisla et surtout à la compétition par équipe samedi qui a ravie l’équipe norvégienne. Face aux Polonais à domicile et aux Autrichiens, l’équipe scandinave s’est imposée pour seulement 17 petits points après un concours très disputé. « C’est très positif, nous avons fait un excellent travail pour régler tous les petits détails et nos quatre athlètes ont été fantastiques », commente leur coach Alexander Stöckl. « Je suis impatient de voir les résultats cette saison, on peut avoir plusieurs sauteurs parmi les meilleurs », ajoute Johan Remen Evensen, commentateur NRK et ancien sauteur norvégien.

Kokslien de retour en or

Grand ami de Jason Lamy-Chappuis et à une époque son grand rival, Mikko Kokslien avait du mal à faire le poids face au jeune Riiber, prodige au tremplin. Le combiné norvégien ne s’est pourtant pas laissé abattre et s’est accroché, rêvant de retrouver les podiums. C’est chose faite puisqu’il a remporté ce week-end l’or aux championnats nationaux norvégiens de Beitostølen. « Je n’y aurais jamais cru. Fin juillet, j’étais très limite et j’étais vraiment fatigué en août et en septembre, confie Kokslien. Mais tout s’est bien passé et c’était une très bonne journée. » Peut-être parce que le combiné a enfin appris à lever le pied.

Depuis un moment, ses entraîneurs tentaient de le convaincre qu’il en faisait trop hors du sport. Sa baisse de forme cet été n’a fait que confirmer cette idée et Kokslien a donc dû apprendre à lâcher prise et à ne pas toujours finir au plus vite ce qu’il entreprend comme la rénovation d’une maison par exemple… Au lieu de cela, le vétéran du combiné nordique se concentre sur les Jeux olympiques où son coach Bjørn Kåre Ingebrigtsen le voit bien faire des miracles.
 

 

Biathlon : objectif vision

Il y a un mois, Tiril Eckhoff découvrait qu’elle avait des problèmes de vision entraînant des fautes au tir. Depuis, elle travaille avec une ophtalmologue pour apprendre à pallier à ce défaut, à se détendre sur le pas de tir pour éviter toute erreur. « J’ai déjà vu de vrais progrès et mon docteur est d’accord », raconte la Norvégienne heureuse de ses progrès après quelques semaines d’entraînement, un cache sur l’œil et en équilibre en train de viser une balle. « Maintenant, elle n’a plus qu’à continuer ces exercices seule, elle est très douée et elle devrait y arriver », commente Elin Hansson, son ophtalmologue. « Avant, il y avait des zones sombres, des brouillards mais maintenant je vois si clair que tout cela en vaut la peine », conclut Eckhoff.

 

Et son problème pourrait bien en aider d’autres. L’équipe norvégienne de biathlon a en effet décidé d’instaurer des tests de vision pour tous ses athlètes afin de vérifier qu’aucun ne souffre d’un quelconque défaut de vue. « Il est naturel d’offrir un suivi optique régulier à nos biathlètes », réagit Stian Eckhoff, entraîneur de tir de l’équipe féminine. « Cela fait bien quatre ans que je n’ai pas été chez l’ophtalmologue, admet Synnøve Solemdal. Et j’y retournerai bien ! C’est étrange qu’on n’y fasse pas plus attention sachant à quel point c’est important dans notre sport. »
Tous les biathlètes norvégiens devraient donc, dans l’année qui arrive, passer chacun des tests ophtalmologiques.
 

Rallonger la saison hivernale ?

Grâce aux nouvelles techniques de production de neige, la coupe du monde de saut à ski a pu s’ouvrir à Wisla dès ce week-end. Un événement que salue Alexander Stöckl même s’il souhaite mettre en garde contre les dérives d’une telle pratique. « Il y a une limite naturelle au début de la saison et il est vrai que l’on a de moins en moins de neige en hiver, reconnaît-il dans une interview pour la NRK. Il est aussi vrai qu’il y a 40 ans, on pouvait skier à la mi-novembre et qu’on est content d’avoir de la neige artificielle aussi tôt… Mais il ne faut pas non plus que cela devienne exagéré et que la saison débute en septembre ! »

En revanche, l’entraîneur de l’équipe norvégienne est pour rendre plus attractif le Grand Prix d’été. Il n’est pas non plus contre le fait que certaines épreuves hivernales se déroulent sur des tremplins au plastique blanc plutôt que vert pour donner une impression de neige en l’absence de celle-ci. « Pour moi, ça ne fait aucune différence, explique l’Autrichien. La seule différence est pour les spectateurs, mais avec du plastique blanc, ça passerait presque inaperçu… »

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