A qui le Trophée du Marchairuz ?

Le Trophée du Marchairuz se déroulait autrefois par patrouille civile de trois skieurs depuis Gimel. Dès 1993, une boucle de 15 km a été tracée depuis la Fontaine Froide, à 1 360 m.


 

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Serait-ce l’une des victimes collatérales du réchauffement climatique ? Sans doute pas plus que les autres courses du massif, mais force est de constater que depuis sa création en 1971, le Trophée du Marchairuz n’a cessé de remonter en altitude son départ de course… De Gimel à 723 m (Vaud) à l’origine, en passant par La Palud, Saint-George à 944 m, et enfin, depuis 1993, Fontaine Froide à 1 360 m, le ski-club Gimel a suivi l’évolution climatique et s’est adapté dans le même temps à la demande des skieurs.

 Course historique de Suisse romande chaque deuxième dimanche de mars, le Trophée du Marchairuz est né à l’époque où le ski alpinisme séduisait de très nombreux pratiquants, dans les années septante.

 Voici plus de quarante ans, trois jeunes coureurs en préparation pour le Trophée du Muveran, célèbre course des Préalpes vaudoises, mettent en place cette course locale. Le défi, qui s’étend alors sur 24 km, est de partir de Gimel, de monter au col du Marchairuz via les Monts de Bière, qui donnent sur le flanc sud-est du col et ouvrent vers un magnifique panorama sur le lac Léman, et de revenir à Gimel.


 « C’était dans le pur esprit patrouille militaire, observe l’actuel président du comité d’organisation du ski-club Gimel, Laurent Guignard. Par équipe de trois et en style classique, les fondeurs choisissaient leur horaire de départ. Parfois, ils partaient skis à la main depuis Gimel quand l’enneigement était limité. »


 Mais l’évolution du climat… et du matériel est passée par là. Après huit départs depuis Gimel dont le dernier en 1988, les organisateurs sont contraints de remonter plus haut sur la montagne. « On ne pouvait plus envisager que les coureurs fassent 2 ou 3 kilomètres à pied avant de chausser les skis. Le matériel ne le permettrait plus », rapporte Reynald Isely, ancien président du comité pendant deux décennies et ex-coureur « populaire ».

Parcours identique depuis 20 ans

 Sous la pression conjuguée de Dame météo… et des associations protectrices de l’environnement, l’organisation doit donc revoir sa copie. Jusqu’au début des années nonante, la course se déroulait sans autorisations officielles et la protection du Grand Tétras, présent sur le secteur du col du Marchairuz, s’est rappelée au bon souvenir de l’organisation.

Deux fois la boucle de 15 km

 Depuis 1993, le départ est donc donné depuis Fontaine Froide, à près de 1 360 m. La boucle de quinze kilomètres à parcourir une ou deux fois se fait en style libre depuis 2001 et individuellement. Le départ en masse a été une des dernières évolutions apportées à cette course. Quant au parcours, il est immuablement le même depuis 20 ans. La superbe combe des Amburnex sert de toile de fond à cette épreuve réputée plutôt difficile et technique.

 Le Trophée du Marchairuz fêtera sa 43e édition le 10 mars prochain. Elle n’a connu qu’une seule annulation en 2011. « Il y avait 20 cm d’eau sur certaines parties de la piste », commente Laurent Guignard.

Aujourd’hui fort d’une fréquentation stable de 150 à 170 coureurs, dont un tiers de Français que l’organisation aimerait fidéliser, la course est aussi un moment de convivialité important dans la grande famille nordique. Elle marque en effet la fin de la saison et les repas à refaire le monde au sein de la salle des fêtes de Gimel restent à jamais gravés dans la tête des plus anciens coureurs. L’histoire est partie pour durer au moins jusqu’en 2020, année du 50e anniversaire. |

 

43e Trophée du Marchairuz, le 10 mars. Distances : 15 ou 30 km libre et 3 ou 7 km pour les enfants.
www.tropheedumarchairuz.ch