A. Rousselet : «On ne pouvait pas laisser tomber les filles »

En lien avec l’armée de Terre et la fédération française de ski, Alexandre Rousselet est le nouvel entraîneur “officiel” de l’équipe de France dames de ski de fond. 

Alexandre Rousselet, vous êtes aujourd’hui et officiellement le nouvel entraîneur de l’équipe de France dames de ski de fond. Une annonce qui met un terme à une situation compliquée pour Coraline Thomas-Hugue et Anouk Faivre-Picon…

En fait, après la saison dernière, il y a eu un remaniement important dans l’équipe et un gros flottement a suivi depuis le printemps : l’entraîneur est parti, Célia Aymonier s’est orientée vers le biathlon, le groupe coupe du monde était réduit à deux athlètes, Aurore Jean que je souhaitais ramener dans le groupe apprend qu’elle est enceinte… Ensuite, la fédé m’a appelé pour savoir quelles solutions nous pourrions mettre en place via l’armée et moi. Ça fait quelques années que je travaille aux côtés des athlètes sur la coupe du monde, notamment avec les nordiques sur la glisse et la technique… La fédération m’a donc proposé de reprendre le groupe composé de filles de l’équipe de France militaire de ski : Coraline et Anouk.

Et tout cela a pris un certain temps…

Oui car les autorités militaires devaient valider cette évolution de poste qui entre dans mes prérogatives actuelles au sein de l’équipe de France militaire de ski. Cette mission est vraiment en lien avec mon poste, seulement c’est désormais plus officiel avec la fédé. Par ce choix, l’armée aide encore davantage le ski de fond français. Je ferai aussi des stages avec les plus jeunes en plus des deux filles. En fait, je les ai reprises dès la fin du printemps car c’est une période de préparation très importante mais ce n’était pas officiel. Elles étaient jusqu’alors dans le flou. On a déjà fait trois stages : à Chamonix-Mont-Blanc, Prémanon et on était à Fontainebleau la semaine dernière au nouveau centre national du sport militaire.

Concrètement, comment fonctionne votre petit groupe ?

J’ai un budget de la fédé octroyé pour les filles. Ensuite, je fais en sorte d’organiser des stages avec d’autres athlètes pour conserver une certaine émulation. A Prémanon avec les biathlètes par exemple. Elles ont besoin de se confronter pour progresser encore. Anouk participera par exemple ces jours à un stage avec les Américaines ! On sera à la Féclaz en août, Oberhof en septembre puis aux France en Corse, Ramsau et puis Beito pour l’ouverture des épreuves internationales.

Justement, comment voyez-vous la coupe du monde avec deux athlètes plutôt skateuses ? Il y a aura des choix à faire…

La première chose, c’est qu’on hypothèque les relais et les sprints… Tout est à recréer avec Cora et Anouk qui sont bonnes en distance et en skate : Anouk fait 5 aux mondiaux, Coraline est capable de top 10 en coupe du monde… Il n’est pas question de les faire courir tous les dimanches sur des formats qui ne leur conviennent pas du tout. Elles se concentreront sur des épreuves cochées sur le calendrier : les objectifs sont déjà définis. Ensuite, on essaiera de faire évoluer le groupe des plus jeunes. Je sais que ce sera très long et pas simple. Mais on ne peut pas tout laisser tomber parce qu’elles ne sont plus que deux aussi bien la fédération que l’armée. On ne pouvait pas les abandonner…

 

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