A. Vuillermoz : « La Flèche Wallone, c’est un peu la coupe du monde VTT d’Houffalize »

Brillant puis malheureux sur la Flèche Wallone, l’une des plus belles classiques dumonde disputée ce mercredi, Alexis Vuillermoz confie son envie de briller sur la route tout en n’oubliant pas le VTT, son sport d’origine. Entretien.

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Alexis Vuillermoz sous ses nouvelles couleurs Saur-Sojasun.

 

Alexis Vuillermoz, vous avez découvert ce mercredi un monument du cyclisme mondial en vous alignant, avec votre équipe Sojasun, sur la Flèche Wallone. La réputation de cette course est-elle justifiée ? Racontez-nous votre journée ?
La Flèche Wallonne c’est un peu la mythique coupe du monde VTT d’Houffalize (BE). L’engouement est grand, il y a vraiment beaucoup de monde tout au long du parcours. Au niveau de la course, cela cours comme sur les autres courses pro-tour, il faut être placé et être vigilant assez loin de l’arrivé. C’est une course d’écrémage qui reste assez lisible tactiquement (surtout avec les conseils de l’équipe qui connaît parfaitement le scénario). Après m’être placé dans les 5 premiers en haut du mur de Huit au dernier tour, un coureur m’a accroché et cassé 3 rayons de ma roue avant alors que l’écrémage s’opérait. Avec ces bonnes sensations et la chance que Sojasun me donne pour jouer ma carte personnelle sur ce type de course, c’est vraiment dommage de ne pas avoir pu concrétiser cette course par un bon résultat…

Cette classique ardennaise est seulement votre troisième course depuis votre chute et votre blessure lors de l’avant dernière étape de Paris-Nice. Comment sont les sensations ?
J’ai pour habitude de revenir assez vite en forme, c’est vrai que je ne me sens pas à 100% surtout en bosse où j’ai du mal à retrouver de grandes sensations, mais la puissance prise sur les courses plus plates, ma bonne base foncière et la liberté que me laisse l’équipe, me permet d’être mieux sur les fins de course où c’est plus la réserve d’énergie qui prime.

Pour revenir sur ce Paris-Nice, votre première grande course sur route à étapes, quel était votre sentiment avant cette chute ? On vous a vu plusieurs fois à l’attaque…
Malgré la chute, cela reste un de mes meilleurs souvenirs cyclistes. C’est vraiment une course exceptionnelle, un avant-goût de Tour de France. J’aime beaucoup la manière dont les courses world tour se courent. C’est très limpide, organisé et physique. Le niveau est très élevé mais reste accessible c’est ce qui me permet d’élever mon niveau et de progresser, c’est vraiment intéressant.


J’aimerais concrétiser mon aventure
sur la route par un bon résultat”

 

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Sur ce début de saison, vous êtes très orienté route mais vous avez annoncé vouloir disputer les premières coupes du monde de VTT à Nove Mesto et Albstadt. Le VTT vous manque à ce point là 😉
Je me plait énormément sur route et j’ai retrouvé du plaisir sur mon vélo alors qu’en VTT j’avais l’impression de tourner en rond. Mais ça reste en quelque sorte une partie de ma famille où j’ai passé tant de bons moments. Ça va me faire du bien de retrouver cette ambiance tout en me préparant idéalement pour la suite de la saison. Le problème sur route, c’est qu’on roule souvent au seuil et on a tendance à ne pas aller jusqu’à l’effort maximal comme en VTT, 1h30 de course à 100% devrait me faire du bien pour les épreuves de montagne de cette été.

Concrètement, comme jonglez-vous entre les deux disciplines ? Sur route, vous êtes membre de l’équipe Sojasun mais en VTT comment vous organisez-vous côté logistique, matériel…
L’équipe Sojasun est équipée par la marque BH, qui m’a fourni un VTT. Ensuite sur les coupes du monde Jean-Baptiste Quiclet (entraineur de l’équipe Sojasun et Jurassien d’origine) ainsi que mon entraîneur Yvan Clolus devrait m’aider sur les courses ! Bref, tout sera réuni pour passer un super week-end !

Jean-Christophe Péraud a montré, en décrochant l’argent olympique à Pékin et en brillant sur le Tour de France, qu’on peut concilier à très haut-niveau la route et le VTT. Etes-vous dans cette dynamique là aujourd’hui ?
Pour l’instant j’aimerais concrétiser mon aventure sur la route par un bon résultat, c’est vraiment ma priorité et j’aime beaucoup le déroulement des courses. Mais je n’oublie pas le VTT xc et xce qui sont mes disciplines d’origines. J’aimerais pouvoir faire comme JC mais je ne veux pas « courir 2 lièvres à la fois », si ça marche en VTT cela sera la cerise sur le gâteau.