Alexandre Rousselet : « Il faut prendre Northug à son propre piège »

 Pour Nordic Magazine, le recordman de la Transjurassienne, cinq podiums en coupe du monde et quatrième au JO analyse la performance du team France le week-end dernier en Norvège. 

 

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 Alexandre Rousselet, les deux équipes de France de ski hommes et dames ont pris la 4e et 5e place lors du premier relais de la coupe du monde. Qu'en pensez-vous ?
Je pense que c'est une belle mise en confiance pour l'entame de saison, qui conforte la préparation de nos deux équipes.C'est surtout très encourgeant pour les filles car elles ont montrer qu'il y avait des places à prendre pour elles en relais.
Les garçons se sont rassurés mais restent lucides car le niveau est serré et ils ont tout de même bénéficié de quelques chutes dans le dernier relais. C'est le jeu ! En tout cas, les relayeurs français ont fait un super job.

 Après un 10 km et un 15 km plutôt mitigés pour les Français, ils ont tous élevé leur niveau lors du par équipes, notamment chez les filles qui terminent derrière les Scandinaves. Faut-il y voir un “esprit tricolore” ?
Bien sûr, les relais ont toujours été un point fort des tricolores qui arrivent à se transcender en équipe. Cela reflète un bon état d'esprit au sein des deux groupes. Cela montre aussi que leur forme progresse mais surtout leur confiance au fil des courses. Il faudra essayer de conserver cette dynamique

 On a vu chez les hommes que lors d'une arrivée groupée, Northug est toujours aussi fort (et chambreur). Que penser de son attitude tout pour le spectacle et comment le battre sur ce genre d'arrivée ?
Personnellement je n'aime pas humainement l'attitude de Northug dans notre sport tellement humble, mais en revanche notre sport a besoin de champion comme lui. Il fait un bien fou au ski de fond, pour le spectacle et l'attrait. Pour le battre, il faut simplement lui faire perdre sa confiance et son égo, le faire douter ; c'est compliqué, mais il faut qu'il y ait un adversaire qui le prenne à son propore jeu (quitte à se griller s'il le faut...)

 La semaine prochaine, les sprinters entrent en lice à Düsseldorf avec un Cyril Miranda qui veut se racheter de sa saison passée. Quels écueils devra-t-il éviter ?
Cyril est un sprinteur de talent, surtout en classique. Il peut faire de belles choses en classique et même en team sprint avec Roddy Darragon. Il devra garder de la fraîcheur de jambes car il a un "gros" gabarit pour pouvoir profiter de ces atouts : la vitesse de pied en alternatif et la puissance.