Alexis Boeuf… dans la maille du filet

Alexis Boeuf, La Maille du filet, Clément Mailler
Ski nordique, ski de fond, saut à ski, combiné nordique, biathlon, coupe du monde, FIS, Ski, hiver, Nordic Magazine, vainqueur, ski, saut à ski,

CHRONIQUE – Tous les athlètes redoutent de tomber dans La Maille de son filet. Chaque jeudi, Clément Mailler ne les épargne pas quand il s’agit de leur poser les bonnes questions. Point d’échappatoire pour eux : ils doivent répondre. Victime du jour : Alexis Boeuf.

 

Pour être célèbre il faut être sur les plateaux… mais les plateaux télé ou les plateaux aux pieds ? Comme d’autres grands champions, il est passé de l’autre côté du micro avec succès, mais est-il plus célèbre pour autant ? Peut-on se permettre de dire ce qu’on veut à l’antenne ? Est-ce qu’on a plus la pression de la question stupide ? Des athlètes impossibles à interviewer ? Réponse en détails avec Alexis Bœuf… dans La Maille du filet.

 

 

  • Alexis Boeuf, il y a beaucoup de grands noms du ski français qui sont devenus commentateurs sportifs. Est-ce plus une récompense de la carrière effectuée ou c’est vraiment une compétence que les chaînes viennent chercher ?

Sur beaucoup de sports qui sont un peu techniques, et surtout le biathlon qui est un sport hyper précis, il y a besoin d’experts qui sont capables d’expliquer les règles du sport. C’est bien aussi d’avoir des athlètes assez récents qui connaissent les dernières évolutions du sport. Une carrière de consultant ça ne dure pas plus de 5 à 6 ans. Il faut bien être à la page !

 

  • La notoriété est meilleure en tant qu’athlète ou en tant que consultant ?

Euh… pour moi c’est difficile de comparer parce que je suis devenu consultant quand l’Equipe a eu les droits donc cela a amélioré la notoriété de tous les acteurs du biathlon. Forcément les athlètes en ont bénéficié, et moi j’ai ai aussi profité. Aujourd’hui beaucoup de gens me connaissent en tant que consultant, et ces gens là ne savent pas forcément que j’ai fait du biathlon avant… car ils ne suivaient pas le biathlon avant. Je ne peux pas dire que je suis plus connu depuis que je suis consultant. Il faudrait comparer avec un athlète qui est plus jeune et qui fera la transition dans quelques années.

  • Quand tu commentes est-ce-que tu te permets des choses personnelles, envoyer des tacles à ceux que tu n’aimes pas… ?

Non on est toujours très écoutés par nos chefs ! Et par beaucoup de monde aussi. Tout ce que tu vas dire en direct peut être enregistré, ou peut choquer des gens. Il faut faire gaffe à chaque mot que tu prononces mais de temps en temps tu  peux placer quelque chose d’un peu personnel sur ton ressenti… mais ta place est d’être assez neutre même si on n’est toujours un peu chauvin car c’est une chaîne française. Si tu veux que ton aventure continue un peu… il ne faut pas faire n’importe quoi non plus (rires) !

 

  • D’un point de vue d’athlète on pense parfois que les journalistes posent des questions stupides. Quand on passe de l’un à l’autre est-ce qu’on se prend au jeu des médias ou l’on fait attention à ça justement ?

Je pense que ce qui est pas mal justement c’est d’avoir une vision des deux côtés. Quand tu es athlète tu as parfois l’impression que les journalistes essayent de te coincer ou te piéger, et quand tu es de l’autre côté tu te rends compte que personne n’est là pour te coincer. Le but c’est de pouvoir présenter les gens tels qui sont et de pouvoir proposer du bon contenu. J’essaye de décrire la réalité au maximum, après ce qui peut se passer c’est qu’un athlète essaye de trop bloquer. Ça pousse les journalistes à inventer des choses ou poser des questions qui ne sont pas forcément sur le sport.

 

  • Est-ce qu’il y a des athlètes qui sont impossibles à interviewer ?

(Il réfléchit) …Je pense qu’ils sont tous un peu différents. Avec les jeunes ce n’est jamais évident parce qu’ils ne savent pas vraiment faire au début et ils ont de l’appréhension. Il peut y avoir ce petit stress… mais à l’inverse il y a ceux qui ont beaucoup d’expérience et peu importe la question que tu vas poser ils savent déjà ce qu’ils ont envi de dire. En équipe de France tout le monde est plutôt correct et agréable à interroger.

  • Quand tu dis une connerie en direct, tu arrives à te rattraper ?

Eh bien il y a deux solutions. Ça arrive des fois comme quand aux championnats du monde j’ai enchaîné cinq ou six heures de direct…  au bout d’un moment… C’est soit tu essayes de le reprendre rapidement, soit après… Moi en général ce que je dis à l’antenne c’est volontaire donc si je le dis, même si c’est une connerie, c’est soit fait exprès soit je l’assume ! Et si vraiment ce n’est pas le cas j’essaye de l’expliquer pour que les gens aient la bonne vision. Je fais avec les instruments que j’ai et ça peut tout à fait m’arriver de me tromper.

 

  • J’ai lu une interview de toi où l’on te qualifie « d’esthète ». Est-ce que cela te ressemble ou pas ?

Ah oui oui le but c’est d ‘essayer de bien faire pour que les gens apprécient ! Je pense que pour intéresser les gens il faut qu’ils comprennent le sport qu’ils regardent car c’est toujours difficile de s’intéresser à quelque chose que l’on ne comprend pas. Et en même temps le but est de ne pas non plus se répéter. La difficulté sur la chaîne l’Equipe actuellement c’est qu’il y a une partie des personnes qui sont devenues expertes mais à chaque diffusion il y a une partie de nouvelles personnes. Il faut trouver un équilibre entre les deux. Expliquer aux nouveaux sans saouler les autres.

 

  • J’ai vu quelques échanges que tu as eu sur les réseaux sociaux où tu répondais à des critiques de téléspectateurs. C’est dur de répondre en « politiquement correct » ou il y en a qui t’énervent vraiment ? 

C’est vrai qu’on reçoit des dizaines de messages tous les jours de félicitations et c’est très agréable ! Mais malheureusement ceux qu’on va le plus remarquer c’est les quelques personnes qui vont critiquer certaines choses. Moi globalement j’essaye de ne pas répondre. Je regarde souvent les tendances car cela m’a aidé dans le passé à corriger des tics de langage ou autre… mais sur Twitter notamment il y a des gens qui le font de la manière d’un troll ou qui se cachent derrière un pseudo… c’est difficile de leur accorder du crédit ! Les gens qui se cachent tu sais très bien qu’ils n’assument pas. Mais je regarde quand même pour voir les tendances pour des fois les mots que je répète trop souvent, sinon j’essaye de ne pas répondre sauf si il y des choses qui sont vraiment aberrantes ou que j’ai envie de débattre sur un sujet. Mais une fois que tu commences à répondre… ça peut vite prendre des proportions importantes. Les petits trucs un peu stupides je ne m’attarde pas dessus.

 

  • Imaginons que la chaîne l’Equipe arrête la diffusion du biathlon mais décide de te garder pour commenter soit la pétanque, soit le saut à ski féminin. Ton choix ?

(Il réfléchit) La pétanque je pense parce qu’il y aura plus de choses à commenter et puis ça dure plus longtemps dans l’année ! Il y a une bonne audience et je pense qu’il y a des trucs un peu délire à dire… donc ça peut être drôle !

  • Avec la Team Valoche c’est que du fun ou il y a un côté professionnel ?

J’invite tout le monde à aller regarder un reportage qui est passé sur Tout le Sport (ndlm : émission de France 3). Tu connais bien comment ça fonctionne, il y a beaucoup de déconnade et de délire derrière tout ce qu’on fait ! Après il ne faut pas rêver, il y a quand même une partie « pro » au moment de faire le rendu final. On travaille comme des professionnels avec des logiciels de professionnels et du matériel de professionnels. C’est ça qui fonctionne bien avec la Team Valoche, c’est qu’il y a à la fois cet aspect « délire » qui nous permet d’avoir des idées farfelues, mais en même temps de les construire de manière professionnelle. D’avoir un « rendu professionnel », le but n’est pas commercial.

 

  • Et enfin, tu penses à quoi là tout de suite ?

Je pense au Sprint Break qui arrive ce samedi 13, on est sur l’organisation en ce moment. (ndlm : le  Sprint Break par la Team Valoche le samedi 13 avril à La Feclaz. 100m ski, bar à neige, et d’autres animations… et une bonne dose de fun).

 

Photo : Louis Garnier

Laissez un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *


Time limit is exhausted. Please reload CAPTCHA.