Anouk Faivre-Picon : « cette saison, je manque de fraîcheur »

Après sa victoire de l’an dernier, la Pontissalienne Anouk Faivre-Picon a terminé troisième de la dernière édition de l’Engadine. « Je mesure la valeur de cette belle place », confie-t-elle. Entretien avec la fondeuse de l’équipe de France actuellement à Oslo pour la coupe du monde.

 

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Anouk Faivre-Picon à Val di Fiemme
Photo : Agence Zoom 

 

Anouk Faivre-Picon, après votre victoire sur l’Engadine l’an passé, vous avez terminé ce dimanche sur la troisième marche du podium. Quelle analyse dressez-vous de cette belle performance ?

C’est vrai que j’avais à cœur de défendre ma place de l’année dernière. J’étais presque déçue à l’arrivée de faire “juste” troisième. Mais après coup je mesure toute la valeur de cette belle place sur ce marathon si réputé.

 

Racontez votre course : avez-vous pu suivre un temps le rythme de la Finlandaise Roponen et le Suissesse Sereina Boner, respectivement 1re et 2e ?

Rita Lisa Roponen est partie au premier sprint intermédiaire, je l’ai laissée aller mais ne suis jamais revenue dans la bosse entre St Moritz et Pontresinat. Elle était tout simplement en meilleure forme que moi. Quant à Sereina Bonner, elle est revenue dans mes skis à Pontrésinat et m’a suivie une bonne partie de la deuxième moitié de course. A 4 km de l’arrivée, elle a posé une accélération à laquelle je n’ai pu répondre. Je nourris quelques regrets pour la deuxième place : elle était à portée de spatules.

 

Ces deux championnes ont disputé beaucoup de longues distances cette année alors que de votre côté, vous étiez sur le circuit coupe du monde et rentrez juste des mondiaux de Val di Fiemme. Le manque de fraîcheur a-t-il joué ?

Je ne pense pas car ces deux athlètes ont également eu un programme très chargé cette dernière saison : championnats du monde pour Roponen et Vasaloppet le week-end dernier pour Boner. Je crois que j’étais juste moins en forme qu’elles. A l’image de ma saison dans sa globalité : je manque de fraîcheur, d’autant plus que je sortais d’une période de volume pour préparer la coupe du monde d’Oslo.

 

Les Jurassiens sont seuls sur ce genre de courses

Comme l’an passé, Emmanuel Jonnier, ancien de l’équipe de France de ski de fond, était à vos côtés sur cette épreuve. Une présence importante à vos yeux ?

Oui trés importante… pour le côté pratique : Manu s’occupe sur un week-end comme cela de toute la logistique, du fartage de nos skis course, il conduit avec moi jusqu’à Saint-Moritz. Il est également présent sur la course. L’année dernière, il m’avait permis de continuer en me donnant un bâton alors que j’avais cassé le mien. Cette année le début de course s’est déroulé sans embûche, il a donc pu rester à mes côtés (devant surtout !) tout au long du parcours. Je peux ainsi m’abriter, il me préserve dans ces gros groupes de skieurs des autres concurrents qui ont parfois tendance à vous marcher sur les spatules, il m’encourage….
Mais surtout sans lui je ne pourrais pas participer de façon compétitive à une course de cette ampleur. Depuis la fin de Franche-Comté ski de fond, les Jurassiens se retrouvent seuls sur ce genre de course qui demande le même professionnalisme qu’une coupe du monde. D’ailleurs les autres Français étaient sur place avec leur team (HSN, team Isère, Rossignol), de même pour les étrangers (Roponen avec Skinfit, Boner avec Coop). En l’absence d’une structure présente sur le massif de jura, sans la présence d’un bon samaritain tel que Manu, je serais complétement perdue ! Je lui suis donc très reconnaissante de pouvoir bénéficier de son aide et de son expérience.

 

La saison touche bientôt à sa fin mais il reste quelques rendez-vous importants comme les France aux Saisies. Quels seront vos derniers objectifs ?

Pour commencer je m’envole dans deux jours pour la coupe du monde d’Oslo, avec un format (30 km skate) que je n’ai jamais disputé à ce niveau mais où j’espère obtenir une bonne place.
Ensuite ça sera le week-end de championnats de France (clubs et longues distances) du coté de la Savoie. Mais surtout je disputerai les Jeux Mondiaux Militaires à Annecy la dernière semaine de mars, ce qui reste un gros objectif. Puis je concluerai la saison aux Contamines aux championnats de France (sprint, relais comité, 10 km classique).