Anouk Faivre-Picon : « La montée de Prémanon promet une belle bagarre »

Anouk Faivre-Picon remet son titre de championne de France de ski-roues en jeu ce week-end. Sacrée sur les pentes du col du Galibier en août 2012, elle devra composer avec un léger problème au dos pour briller de nouveau dans la côte de Prémanon. Entretien avec la Pontissalienne.

 

Anouk Faivre-Picon, avant d’attaquer les championnats de France de rollerski programmés ce week-end dans le Jura, comment allez-vous depuis votre petite blessure au dos lors du stage en Norvège ?

En fait, la préparation s’est plutôt bien déroulée jusqu’à fin juillet où je me suis en effet bloquée le dos. Du coup, depuis trois semaines, je fais les choses différemment. Ce n’est pas très inquiétant même si je n’ai pas pu disputer la montée de la Lysbotn pop. Marie Dorin a eu le même souci que moi en Norvège : on est rentré ensemble en France… A part ce petit souci, j’ai pu me tenir au programme de préparation physique avec les deux séances lourdes de muscu hebdomadaires,le vélo au printemps, le ski-roue entré progressivement dans la préparation ou encore la course à pied. 

 

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Anouk lors du KV de Chamonix.

 

Votre préparation a été marquée par une bonne semaine de vélo également sur les terres de Coraline Hugue puis par une participation au kilomètre vertical de Chamonix. Que vous apporte la pratique de ces différents sports dans la préparation ?

On a un sport qu’on ne peut pas pratiquer toute l’année…. donc autant profiter de divers sports pour se préparer. C’est l’occasion de toucher à autre chose en parallèle du programme défini en ski-roues ou footing. C’est aussi et surtout un petit plus de casser la routine de l’entraînement. En mai-juin, j’adore faire des bornes en vélo, c’est vraiment un moyen agréable de découvrir un territoire, d’aller plus loin qu’à pied également. Sur le kilomètre vertical que j’ai découvert l’an passé en participant au marathon du Mont Blanc, j’ai apprécié un effort continu qu’on peut presque comparer à celui d’une montée d’un col en ski-roues. Ce genre de compétition est une bonne façon de repousser ses limites physiques et mentales. Ça décrasse !

 

 

Toucher à d’autres sports permet de casser la routine de l’entraînement”

 

 

Revenons-en à ce week-end de championnat de France de ski-roues où vous défendrez votre titre glané sur les pentes du Galibier l’an passé. Quels sont vos objectifs ?

Comme je dis souvent, les France d’été sont un rendez-vous important mais ne sont pas l’objectif de l’année. C’est surtout une belle occasion de retrouver le dossard, de faire du travail d’intensité, d’aiguiser son esprit de compétition et se faire un peu mal physiquement. C’est important de se remettre dans l’état d’esprit course avec de la concurrence d’un bon niveau. En termes d’objectifs, j’espère être placée et si possible garder mon titre. Je ne veux rien avoir à regretter donc je donnerai le meilleur de moi-même.

 

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En vélo avec ses collègues de l’équipe de France.

 

Vous connaissez bien les pentes de Prémanon. Quelles seront les particularités de cette montée et quelles adversaires craignez-vous le plus ?

En fait, je ne les connais pas tant que ça car je m’entraine surtout dans le secteur de Pontarlier et notamment sur le Larmont. Cette année s’annonce très différente des précédentes années car nous concourrons avec des skis roulants, ce qui va sans doute changer la donne par rapport aux Marwe habituels qu’il faut emmener grâce à un travail plus en force. On a reconnu la montée hier : la dernière partie me plaît bien avec une montée en zigzag. Le goudron est bon et la piste sera assez longue pour une belle bagarre sauf si une athlète tue la concurrence lors du prologue. Toutes les copines de l’équipe de France seront de sérieuses adversaires comme Coraline Hugues ou Célia Aymonier, on verra bien ce week-end.

 

 

Toutes les copines de l’équipe de France seront de sérieuses adversaires”

 

 

Après Prémanon et avant la Trans’roller (étape de la coupe du monde de rollerski), vous partirez pour le premier stage sur neige dans le tunnel d’Oberhof. Impatiente ?

Oui, mais le travail d’Oberhof est différent car on tourne en rond dans un tunnel ; c’est assez spécial. Les intensités en ski sont également bien différentes. En clair, oui ça me tarde car la neige permet surtout de retrouver les sensations notamment en classique mais je préfère bien profiter de mon été. Chaque chose en son temps en somme. 

 

Naturellement, comment ne pas évoquer l’échéance principale de l’hiver avec les Jeux olympiques de Sochi. Les deux lettres JO obnubilent-elles votre quotidien ?

J’y pense mais pas trop non plus pour ne pas se brûler les ailes. La déception de Vancouver 2010 m’a servi de leçon. Là encore, chaque chose en son temps. D’abord, il faudra aller aux Jeux, donc faire de bonnes courses en coupe du monde pour décrocher un ticket. Il faudra donc bien réussir sur le début de la saison en novembre. Pour ma part, il y aura peu de courses en skating, donc je vise surtout Davos et le début du tour de ski pour faire mes preuves. Concernant le relais, on progresse de saison en saison alors forcément on pense parfois à la médaille. On sait qu’à part l’intouchable Norvège, on n’est pas très loin du podium. Mais je ne me focalise pas trop sur l’événement et préfère poursuivre mon bonhomme de chemin.


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