Anthony Chalençon… dans la maille du filet

CHRONIQUE – Tous les athlètes redoutent de tomber dans La Maille de son filet. Chaque jeudi, Clément Mailler ne les épargne pas quand il s’agit de leur poser les bonnes questions. Point d’échappatoire pour eux : ils doivent répondre. Victime du jour : Anthony Chalençon.
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CHRONIQUE – Tous les athlètes redoutent de tomber dans La Maille de son filet. Chaque jeudi, Clément Mailler ne les épargne pas quand il s’agit de leur poser les bonnes questions. Point d’échappatoire pour eux : ils doivent répondre. Victime du jour : Anthony Chalençon.

 

Aujourd’hui je m’attaque au handisport avec un champion qui ne manque pas de sens de l’humour et de la dérision. Quand on est aveugle on attend avec impatience l’arrivée du saut à ski, on touche les fesses de Brigitte Macron et on se balade au Japon avec une fourchette en plastique… et bien d’autres !

Une autre façon de voir les choses en jeux de mots et anecdotes dont je peux me permettre car Anthony Chalençon est un ami proche. 

 

  • Le handisport peine à être médiatisé, en tant qu’aveugle quel est ton point de vue ?

Bonne question (Rires) ! Très bien formulée ! (Rires) Mon point de vue est que l’on est comme un sport valide olympique qui est peu connu, comme par exemple avec le canoë de Tony Estanguet. On est médiatisé pendant les Jeux et après il y a trois années qui sont oubliées.

Après il n’y a pas que le handisport qui est dans ce cas là. Il y a pas mal de petits sports olympiques dans ce cas là. Quand j’ai commencé c’était diffusé sur des petites chaînes et même pas en direct, mais je les remercie d’avoir cru à ça. Puis petit à petit c’est arrivé sur France TV à Sotchi 2014 puis Pyeongchang 2018, et ça a finalement été bien regardé. On a été très surpris en rentrant en France de l’impact qu’avait eu les jeux paralympiques et les audiences. On ne peut pas prétendre être autant médiatisé que certains sports valides, mais c’est déjà beaucoup mieux pour nous.

 

  • Tu as été la star des Jeux paralympiques et on t’a vu notamment dans un reportage à la télé. Comment tu te trouves à l’écran ?

(Rires) ! Je me trouve très beau ! (Rires) j’ai juste un petit problème, mais d’un autre côté c’est bien que ce soit un sport d’hiver… c’est qu’on ne voit pas trop que je perds mes cheveux ! (Rires) Toujours un truc sur la tête c’est bien.

 

  • Selon toi, est-ce une discrimination de ne pas voir le saut à ski comme disciplines paralympiques ?

Ouais ! Oui c’est un scandale et j’attends avec impatience de voir ça (Rires) ! Tu sais que quand on est rentré des Jeux on a eu une conférence de presse, et il y a un journaliste plus malin que les autres qui me dit « tu étais à Vancouver en ski alpin, Pyeongchang en ski de fond, donc Pékin tu prépares le snowboard ? » Je lui ai dit « non, j’attends avec impatience l’arrivée du saut à ski ! » (Rires) le skeleton pourrait être pas mal aussi !

 

  • On sait que les aveugles utilisent beaucoup le touché pour se faire une idée des gens. Macron on le reconnaît plutôt au nez ou aux fesses ?

(Rires) Je lui ai fait la bise, il m’a semblé bien rasé. Après je ne suis pas permis… il y aurait eu sa femme j’aurais peut-être tenté tu vois ! Mais elle n’était pas là alors j’étais un peu déçu !

 

  • Quand le président te dit qu’il a adoré ta course, on a envie de rire ou on répond poliment ?

C’est ça ! (Rires) En même temps j’espère qu’il a d’autres choses à faire que de regarder mes courses ! Après il n’a pas été jusqu’à le dire qu’il avait regardé la course.

 

  • Ton guide il t’obéit au doigt et à l’œil ?

Exactement ! Surtout à l’œil ! Il n’en mène pas large (rires).

 

  • Tu es passé du ski alpin au biathlon. C’est l’envie de s’arracher sur la piste ou la peur de se prendre un arbre qui a motivé ton choix ?

Euh…. un peu les deux. À la fin de ma préparation en ski alpin je ne faisais que de l’endurance, ce qui était très intelligent au passage (rires) ! Mais j’ai pris goût à l’endurance. Et c’est vrai que je me suis pris des bonnes cartouches en alpin et je commençais à en avoir marre. Mais ça ne m’a pas empêché d’en prendre des bonnes en ski de fond (rires) !

 

  • C’est plus facile de s’entraîner quand on ne voit pas passer les kilomètres ?

Oui clairement ! (Rires) surtout quand tu t’entraînes à certains endroits c’est vachement plus facile !

 

  • Est-ce qu’on ne sortirait pas une version de l’interview en braille ?

Oui largement ! Et c’est à la portée de tout le monde. Les gens seraient contents (rires) !

 

  • Le ski-roue c’est bien, dur, ou déconseillé ?

Oh put*** ! Et bien le ski-roue… ça va un peu mieux mais il y a toujours une ou deux grosses chutes par an ! Après j’ai l’impression que c’est tout le monde. Mais oui ça reste très engagé quand même ! (Rires)

 

  • À 100 fois près, combien de fois as-tu demandé une fourchette à la place des baguettes à Peyongchang ?

(Rires) ! Au Jeux c’était bien parce qu’il y avait le village olympique. Mais je suis récemment allé au Japon et j’avais une fourchette en plastique dans ma poche ! (Rires) Si on allait au resto… c’était l’enfer sinon ! Les aveugles japonais je leur souhaite bien du plaisir ! (Rires)

 

Et enfin tu penses à quoi là tout de suite ?

Là tout de suite je vais aller remplir ma bouteille d’eau et pas tarder à aller me coucher.

 

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