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Attentats de Paris : « Plus j’écoutais et plus j’hallucinais », témoigne Maurice Manificat

TEMOIGNAGE – Maurice Manificat, leader de l’équipe de France de ski de fond, raconte comment il a vécu les attentats de Paris et sa banlieue depuis la Norvège où il participait aux premières compétitions de l’hiver.

 

Le 13 novembre, 129 personnes perdaient la vie à Paris, 352 étaient blessées, selon un bilan encore provisoire. Au même moment, l’équipe de France de ski de fond logeait à Beitostølen, en Norvège, afin d’y disputer les premières courses FIS de l’hiver. Pour Nordic Magazine, Maurice Manificat, son leader, témoigne de la façon dont il a vécu ces douloureux éléments.

 

Quand et comment avez-vous appris les attaques terroristes à Paris et sa banlieue ?

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J’ai appris ça dès les premières infos vers 22h30, Cyril Burdet a vu l’info sur Twitter je crois, en annonçant déjà 18 morts. Pendant une seconde je n’y ai pas cru, mais on ne plaisante pas avec ces choses là.

 

Quelle a été votre première réaction, alors que vous étiez à plusieurs centaines de kilomètres de la France ?

Avant d’aller au lit, en regardant le fil Twitter, j’ai compris que ça prenait de l’ampleur, qu’il y avait une panique monstre dans Paris, j’ai alors branché le live France Info sur le site internet. Plus j’écoutais et plus j’hallucinais. J’ai demandé des nouvelles à un de mes cousins qui habite pas loin des attentats pour savoir si tout allait bien. Je suis resté scotché devant mon ordinateur jusqu’à 2 heures du matin… Ce fut assez terrifiant quand les journalistes qui ne pouvaient pas annoncer les chiffres dès qu’ils les avaient, faisaient comprendre que ça allait être affreusement élevé. J’ai mal dormi et je n’ai pas réussi à dormir tard le matin. J’ai vraiment eu l’impression de revivre le 8 janvier dernier mais en dix fois pire. Encore une fois, on était en période de compétition hors de France.

 

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En avez-vous parlé entre vous ?

On en a parlé longuement avec les autres, c’était bien évidemment notre sujet de discussion principal dès le petit déjeuner

 

 

Ce qu’on pouvait faire de mieux c’était montrer que la vie ne s’arrête pas.

 

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Porter la tenue de l’équipe de France a-t-il eu, le lendemain lors de la course, une signification encore plus forte qu’en temps normal ?

On aurait voulu faire quelque chose pour marquer le coup, mais on était pris de court. Ce qu’on pouvait faire de mieux c’était montrer que la vie ne s’arrête pas sous prétexte que d’autres la massacre. Ce samedi 14 novembre, pour ce 15 km skate, il y avait une certaine détermination en nous, simplement l’envie de bien faire sans pression de résultat car cette course n’était rien à coté de ce qui c’était passé.

 

Avez-vous reçu des témoignages de soutien de la part des athlètes étrangers ?

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Dès l’échauffement le matin de la course, Sundby s’est spontanément arrêté pour présenter sa désolation et demander mon ressenti par rapport à ça. Dès qu’on croisait quelqu’un, on voyait bien qu’on nous regardait plus qu’à l’accoutumée. Sur la course, les spectateurs nous on montré leur soutien. Je n’ai pas fait attention moi-même, mais certains avaient les drapeaux norvégiens et français maquillés sur leur joue.

 

 

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En s’attaquant au Stade de France, les terroristes s’en sont pris à un événement sportif. Comment cela résonne-t-il en vous ?

Cela ne résonne pas différemment que pour les autres lieux et symboles. C’est toute une civilisation et valeurs auxquelles ils s’attaquent. On aurait envie de faire justice soit même, mais il est bon que cela soit géré par des personnes raisonnables et compétentes. En tant que contractuel de la Douane française, je me sens proche des corps de métiers de l’Etat français qui agissent dans l’ombre, mais qui malheureusement sont parfois aussi impuissants que nous, simples citoyens. Le contrôle de tout est une utopie.

 

Photo : Agence Zoom

 

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