Aurore Jean : « Je savoure ce moment de bonheur »

C’est une jeune femme qui nage dans le bonheur que nous vous proposons de retrouver dans cet entretien. Hier, Aurore Jean a écrit un beau chapitre de l’histoire du ski de fond féminin français. La Rousselande se confie à Nordic Magazine avec une belle sincérité. Avec un scoop à ne pas manquer.


Aurore Jean, vous venez de signer le meilleur résultat de votre carrière en montant, pour la première fois, sur le podium d’une épreuve de coupe du monde de ski. Quel est votre sentiment par rapport à cette performance ?
Heureuse, sans mot… J’ai du mal à réaliser encore et toujours que je suis montée sur « la boîte »  hier ! Je savoure ce moment de bonheur au fil des  jours en Russie. J’en ai d’ailleurs rien dormi le soir. Oui, une belle nuit blanche !


 

Quand vous levez les bras sur la ligne d’arrivée, une demi seconde derrière la référence mondiale Kikkan Randall. Avez-vous l’impression d’avoir fait quelque chose de grand en signant la meilleure performance d’une française sur le circuit mondial dans l’histoire du ski ? 

C’est une belle récompense ce podium, après toutes ces heures d’entraînements et toutes ces années pour arriver au « plus haut ». C’est tout simplement un rêve qui s’accomplit enfin !

Ça n’a pas toujours été facile pour moi, j’ai enchaîné des blessures et coupures sur pas mal de mes saisons. 

D’ailleurs je remercie au passage toutes les personnes (qui se reconnaitront sûrement) pour avoir toujours cru en moi, et qui m’ont aidée dans l’accomplissement de ce podium de vendredi. Car c’est surtout dans les moments les plus difficiles de notre carrière que l’on a besoin de ces personnes pour réaliser nos objectifs.


 

Qu’avez-vous ressenti au moment de monter sur le podium

Beaucoup d’émotions ! J’avais l’impression d’être dans un rêve et qu’il fallait qu’on me « pince» pour me faire dire que c’était vraiment vrai !


 

Sochi accueillera les Jeux olympiques dans un an. Forcément, on veut y voir un heureux présage… La piste semble être à votre convenance, parlez-nous en.

C’est une piste très éprouvante physiquement dès le début avec une belle longue montée, un virage qui  redescend sur le stade qui peut devenir très technique avant d’arriver dans le long stade d’arrivée. Mais c’est une piste que j’apprécie car j’aime bien la difficulté de cette bosse, où je me suis sentie le mieux lors de ce sprint.


Cela va forcément vous donner confiance et pour les Jeux olympiques et pour la suite des mondiaux. Une telle performance peut-elle à vos yeux servir de déclic dans votre carrière ?
Oui, la confiance est la bienvenue. Je dois aussi rester concentrée sur la suite, notamment pour les mondiaux de Val di Fiemme qui est mon objectif n°1 de la saison. 
Les Jeux olympiques sont dans un an, c’est encore loin pour moi. Je prends les choses d’une année sur l’autre. En tout cas, j’ai eu la chance d’être ici, j’ai pu prendre mes repères pour Sochi 2014 : les lieux, les  pistes, les conditions climatiques difficiles, les hébergements…C’est déjà un plus de connaître cet endroit. Cette course va rester un long moment dans ma tête, je vais pouvoir aussi travailler d’avantage mes points faibles, pour ne pas faire d’erreurs et être au top le jour J .

 

J’ai skié aux Rousses avec Kikkan Randall”

 

Est-ce vrai que vous avez accueilli et skié dernièrement avec la numéro un mondiale américaine Kikkan Randall dans les forêts jurassiennes ? Racontez-nous cette rencontre confidentielle.
On ne peut plus rien cacher ! Oui, j’ai eu la chance de pouvoir m’entraîner avec Kikkan, la semaine après le tour de ski. Elle séjournait aux Rousses et m’a contacté pour faire des séances avec elle.
 J’ai été ravie de pouvoir m’entraîner à ses côtés, c’était aussi un grand honneur pour moi de partager ceux-ci avec la numéro 1 mondiale de sprint sur les pistes du Risoux et de la Darbella. C’est une fille très sympathique, et qui reste discrète. 

J’ai pu ainsi connaître un peu plus de choses sur elle avec son mari (présent à ses côtés) lorsqu’ils sont venus manger chez moi. Je suis aussi d’autant plus « happy » de faire 2e derrière elle et devant Céline Brun-Lie, un peu française aussi avec qui je peux discuter parfois pendant les coupes du monde ! 


 

Dans quelques semaines débutent les mondiaux à Val di Fiemme. Quels seront vos objectifs personnel et collectif avec l’équipe de France que ce soit sur le relais ou le team sprint ? 

Mes objectifs personnels seront déjà bien sur le sprint classique qui débutera en premier, avec –  je l’espère – une place en finale. Ainsi que les courses de distances, avec le 10 km skating et le skiathlon. Il y a de grandes chances pour que je ne dispute pas le 30 km classique, car la suite des coupes du monde va très vite s’enchaîner derrière la fin de ces mondiaux.

Bien sûr  le relais va être aussi un très bel objectif  commun. Après notre relais de la Clusaz où nous avons montré nos capacités à jouer le podium, on est d’avantage très motivées pour ce relais des mondiaux. Attention on a les crocs !


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