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Baptiste Gros : « J’ai la hargne »

SKI DE FOND – Avant les sprints de Toblach, ce samedi en Italie, le fondeur haut-savoyard revient sur son exploit de Davos. Il a terminé à la 2e place. Du jamais vu pour un Français en coupe du monde.

 

 

 

 Baptiste Gros, quelques jours après votre podium à Davos, êtes-vous descendu de votre nuage ?

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Un des objectifs que je me suis fixés avec le coach, c’était de claquer une perf de référence dès le début de la saison pour pouvoir gérer plus sereinement la suite et oser des choses dans la gestion de mon hiver. J’essaye de garder ça dans un coin de ma tête, ça me permet d’apprécier ce podium, mais de le faire en restant focalisé sur la suite et le travail qu’il me reste à faire. 

 

 

GROS Baptiste

 

Revenons sur ce sprint de Davos qui n’a pas été un long fleuve tranquille pour vous. Premier temps fort, vous manquez la qualification gêné par un adversaire au moment d’entrer dans les couloirs qui mènent à l’arrivée. A ce moment-là, qu’est-ce qui se passe dans votre tête ?

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J’avais la rage. Il y a trop peu d’occasions dans l’hiver pour accepter facilement d’être sorti par un geste pas vraiment sportif… Après si le jury en avait décidé autrement, je me serais plié à leur jugement et j’aurais attendu patiemment Toblach !

 

Finalement, c’est un autre geste peu fair-play qui vous a permis d’être sélectionné ?

Dans mon quart, Paal Golberg fait tomber Jovian Hediger, C’est lui qui se fait disqualifié et non Eirik Brandsdal (qui me tasse dans le finish). 

 

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Cet incident ne vous a-t-il pas finalement donné la hargne qui vous a emmené jusqu’à la 2e place ?

Ça aide à l’avoir, mais chaque manche d’un KO sprint est une nouvelle course. La hargne je l’ai cultivée pendant mes 8 mois de préparation et maintenant je fais tout pour l’avoir à chaque départ !

 

En prenant le départ de la finale, votre stratégie était-elle clairement établie ?

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Oui, vu ma qualification je ne me sentais pas de battre les autres en tentant de mener la course. Après la 1/2, je savais que j’avais les armes pour jouer sur la fin de course, mon but c’était de rester en embuscade sur le premier tour pour pouvoir relâcher toute l’énergie économisée, dans une seule attaque au deuxième tour. 

 

 

On travaille dur et le travail paie … What else !

 

Avec un peu de recul, qu’est-ce qui vous conduit à effectuer ce dernier tour magistral en finale ? Est-ce l’expérience qui a parlé ? Est-ce le fruit de longs mois d’entraînement ?

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 On bosse sur notre rendement sur les skis et le coach veille sur chaque détail. Il y a beaucoup d’innovations derrière ce résultat et un paquet d’heures d’entraînement passées à se focaliser sur les détails pour ancrer les nouveautés. On travaille dur et le travail paie … What else ! 

 

La 2e place de Maurice Manificat la veille a-t-elle été une piqûre de rappel dans l’équipe de France comme quoi tout était possible ?

En réalisant une aussi belle performance de groupe, les distanceurs nous ont lancés un défi, on était obligé de marquer le coup (question d’honneur) !

 

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Un mot sur le groupe sprint : tout ce que l’on a vu, y compris de la part des nouvelles recrues comme Lucas Chanavat ou Richard Jouve, nous promet un hiver très fertile, non ?

Il y a 3 ans, avec un sprinteur dans le top 30, c’était une bonne course … Aujourd’hui, un « petit » jeune qui finit 16e de son premier sprint en coupe du monde se dit « déçu » d’être sorti en quart de finale. En France le niveau du sprint s’est densifié et l’on devient tous plus exigeant. Dans la team Poney, on part du principe que tout est possible et qu’aucune ambition n’est démesurée. C’est notre petit côté « NO limite » ! 

  

 

JAY Renaud,JOUVE Richard,GROS Baptiste

 

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A Davos, que ce soit un Italien qui gagne, Federico Pellegrino, et non un Norvégien, cela a aussi un sens pour les prochaines compétitions ?

Ça à son importance pour le public et le spectacle mais il me semble que ça l’est moins pour un athlète. Courir en coupe du monde pour battre une seule nation, c’est accepter que les Norvégiens dominent le ski de fond. C’est comme faire une course sans se sentir capable de la gagner, ça n’a pas vraiment de sens.

 

Qu’avez-vous envie aujourd’hui de dire à votre coach, Cyril Burdet ? 

Après qu’il m’ait annoncé que j’allais souffrir pendant la trêve des fêtes, j’hésite… Plus sérieusement, je lui dis qu’il a toute ma confiance et que j’espère qu’il retire autant de satisfactions que moi de son investissement dans cette équipe ! Et aussi : « Fais gaffe à ta ligne pendant les fêtes, tu risques de le regretter quand on ira tester des skis ensemble ! » 

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Merci au staff, merci à mes partenaires, à ma famille et merci à tous ceux qui croient en l’équipe de France de ski 😉 

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