BIATHLON – La Jurassienne Anaïs Bescond, confinée au Canada, est l’invitée de Nordic Magazine ce dimanche. Dans cette deuxième partie de l’entretien qu’elle nous a accordé depuis Canmore, la Jurassienne revient sur les raisons qui l’ont motivée à poursuivre l’aventure biathlon jusqu’aux Jeux olympiques de Pékin 2022.
À lire aussi :
- Anaïs Bescond : « Mon confinement au Canada » (1/2)
- Jeux de société : les bons tuyaux d’Anaïs Bescond
Anaïs Bescond vise les Jeux olympiques de Pékin 2022
- Anaïs Bescond, quels ont été les éléments moteurs qui vous ont décidé pour rempiler une ou deux saisons de plus ?
Dans l’idée, je m’engage sur deux saisons en vue des Jeux olympiques de Pékin 2022, enfin si c’est possible qu’ils se tiennent (rires). Mais si l’année prochaine, je suis rapée, blessée ou hors de forme, je mettrai le clignotant. La saison que je termine a été encourageante avec des résultats sympas et d’autres moments à côté du sujet. Mais j’aime tellement ce que je fais que je ne me voyais pas arrêter.
- Avez-vous été agacée sur les rumeurs pesant sur votre possible arrêt de carrière ?
Non, moi même, avant Pokljuka, j’avais quasiment choisi d’arrêter mais, dans le fond, je ne savais pas vraiment ce que je voulais faire. Et là bas, tout est reparti après un superbe week-end. Je comprends les gens qui m’ont peut-être assez vu, mais ma décision m’appartient et je demande juste que les gens la respectent.
- Des médailles olympiques, des médailles aux Mondiaux, des victoires en coupe du monde. Comment se fixer des objectifs quand on a déjà tout ça ?
Dans le biathlon et le sport de haut-niveau en général, tout est remis à zéro à chaque début de saison. Je ne rencontre aucun souci pour me retrouver des objectifs car tout est perfectible, je suis loin d’être une athlète aboutie. Je n’ai pas fini de faire le tour du biathlon et les courses manquées cette saison sont autant de motivations pour mieux faire l’an prochain (rires).

20.02.2020, Antholz, Italy (ITA): Anais Bescond (FRA) – Modica/NordicFocus
- Votre saison s’est soldée par un 15e rang mondial (3e Française), plusieurs podiums individuels et collectifs sans oublier une médaille de bronze sur le relais mixte simple des mondiaux d’Antholz. Satisfaite ?
Oui, très. Car au vu de la saison précédente, il y a beaucoup de positif. 15e n’est pas mon meilleur classement mais j’ai réalisé pas mal de podiums individuels cet hiver. Sans oublier la médaille aux mondiaux. Tout cela me donne l’envie de repartir. Il y a aussi eu des ratés dont je ne suis pas du tout satisfaite.
- Pour revenir sur les mondiaux, comment expliquez-vous les difficultés des bleues à Antholz ?
Il y a eu des ratés en termes de tir. Quelque chose s’est passé là bas c’est certain ! Toutes les filles, et pas seulement les Françaises, ont peiné sur le pas de tir. Est-ce l’altitude, la pression ou autres, je ne sais pas. Les spectateurs là-bas, ça devient hallucinant… Les gars de l’équipe de France ont réussi à hausser leur niveau d’un cran et nous, on est resté dans une spirale difficile dont il est délicat de sortir. Je suis fière d’avoir pu en sortir lors de ce relais mixte simple qui est une compétition de très haut-niveau. Depuis plus de 10 ans sur le circuit, c’est le premier hiver où je dispute un single mixte, un nouveau format, et j’y arrive avec Emilien. J’en suis très contente. On a réussi à faire quelque chose de chouette.

20.02.2020, Antholz, Italy (ITA): Anais Bescond (FRA), Emilien Jacquelin (FRA) – Modica/NordicFocus
- Est-ce compliqué d’exister face à un collectif masculin ultra performant ?
C’est compliqué… mais depuis toujours. Je suis en équipe de France avec Martin depuis mes débuts ! Du coup, d’aussi loin que je m’en souvienne, on a toujours eu ce monstre dans l’équipe qui a banalisé les victoires et les podiums. Il a tellement habitué les gens à ce genre de résultats exceptionnels que les supporters se lassent presque d’une quatrième place…

17.01.2020, Ruhpolding, Germany (GER): Celia Aymonier (FRA), Anais Bescond (FRA), Marte Olsbu Roeiseland (NOR) – Manzoni/NordicFocus
Alors oui c’est difficile car on oublie que le circuit réunit les meilleures de chaque pays avec de grandes ambitions. N’oublions pas les podiums et les victoires des filles cet hiver.
- Quel regard portez-vous sur le choix de la fondeuse suédoise championne olympique de sprint Stina Nilsson de rejoindre le biathlon ?
Elle fait ch… (rires) car ça peut faire une solide de plus… Je suis flattée pour le biathlon qui n’est pas la « poubelle du ski de fond », chose que j’entendais toute jeune à mes débuts ! Voir l’intérêt que portent des fondeuses comme Miriam Gossner et Denise Herrmann au biathlon, je trouve ça chouette. Je lui souhaite du courage tout en espérant qu’elle ne nous redonnera pas trop de fil à retordre.
Photos : Nordic Focus.
