Biathlon | Anaïs Bescond : « Mon confinement au Canada » (1/2)

BIATHLON - Dans le silence de mort du stade de Nove Mesto à huis clos, Anaïs Bescond a décroché une superbe 2e place sur le sprint, derrière l’Allemande Denise Herrmann et devant la locale de l’étape Marketa Davidova qui n’aura finalement pas été fêtée par son public.
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BIATHLON – La Jurassienne Anaïs Bescond, confinée au Canada depuis la fin de saison de coupe du monde de biathlon disputée à Kontiolahti, attend désormais la reprise avec le groupe France et son nouvel entraîneur de tir Jean-Paul Giachino. Première partie de notre entretien réalisé depuis Canmore avec l’invitée dominicale de Nordic Magazine.

 

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« J’ai de la chance et j’en suis consciente »

 

  • Anaïs Bescond, vous avez “la chance” de vivre votre confinement au… Canada ! Expliquez-nous cela ?

Voilà plus d’un an que suis en couple avec un Canadien technicien sur la coupe du monde de biathlon. Au départ, on avait prévu qu’il passe du temps en France pour la fin de saison, qu’il rentre et que je le rejoigne ensuite pour y passer le printemps. Vu ce qu’il s’est passé en Finlande, ses employeurs lui ont conseillé de rentrer dès que possible avec l’équipe du Canada. Finalement, je me suis pas trop posée de questions, car avec mon souci au genou, j’avais de toute façon besoin de faire les bonnes choses avec notre médecin.

Je suis donc rentrée en France le dimanche soir et le lundi, le président nous annonçait début du confinement. Du coup, je suis partie mardi à 4h du matin pour m’ex-filtrer avant fermeture des douanes. Ça s’est précipité pour le mieux. Je suis arrivée à Canmore de justesse avec comme seule contrainte d’être confinée en quarantaine pendant 14 jours car on venait d’Europe. Des amis nous ont fait nos courses et ravitaillé, on pouvait toutefois marcher autour de chez nous. En Alberta, il neigeait plein temps et il faisait froid, donc on est restés au chaud pendant cette période. Au final, ça s’est bien goupillé. J’ai pris quatre semaines de repos pour le break habituel d’avril, y compris pour soigner mon genou.

 

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20.02.2020, Antholz, Italy (ITA): Anais Bescond (FRA) © Modica/NordicFocus.

 

  • Du coup, vous avez pu travailler physiquement avant la reprise “officielle” très attendue ?

J’ai repris le 13 avril le ski à Canmore. Là, on est sur la fin de saison de printemps. Les parcs provinciaux et nationaux sont fermés, je monte donc à pied au centre nordique, idéal pour l’échauffement. Ça correspond à du ski de printemps avec des bonnes sensations qui m’ont permis de faire du travail musculaire correctement. On reste à l’affut des informations car tout rouvre petit à petit mais je suis sans carabine, la mienne n’était pas revenue de Finlande que je suis partie de France !

 

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J’ai anticipé pour qu’on me fasse une crosse au Canada et que je puisse travailler ici quand ce sera possible. Lors d’un travail avec l’IUT d’Annecy qui avait scanné nos carabines, j’ai récupéré mes fichiers que j’ai envoyés à un collègue de mon copain pour usiner la carabine. Je poserai un canon dessus pour m’entraîner. J’ai tout temporisé dans le bon sens ! Je suis dans de bonnes conditions.

 

  • Votre entraîneur Frédéric Jean craignait une « fatigue mentale » précoce chez ses athlètes du fait de devoir rester près de chez soi et faire souvent la même chose en termes d’exercices. Avez-vous eu ce sentiment en Amérique du Nord ?

Non car à part tourner en rond au Nordic Center en ski ce qui ne me gêne pas, je suis carrément bien. J’ai de la chance et j’en suis consciente. J’en profite que pour moi et ne veut pas le partager sur les réseaux sociaux car c’est un peu délicat vis-à-vis des Français coincés près de chez eux. Je me dis aussi qu’on a de la chance de faire un sport d’hiver : le confinement tombe pile sur le mois de repos habituel. Je réflléchissais d’ailleurs à ne pas courir à Oslo (avant que la finale ne soit annulée, NDLR) pour préserver mon genou. Le plan est finalement idéal en termes de préparation et de reprise sur neige. J’ai parfois des moments de blues loin de ma famille mais on reste en contact via les applications d’appels : ça m’aide beaucoup.

 

« Je ne m’attendais pas du tout au départ de Franck Badiou »

 

  • Avez-vous hâte de retrouver vos collègues de l’équipe de France pour le premier regroupement ? De retrouver de l’émulation de groupe ?

Oui forcément, ça me tient à coeur. Il y a des changements dans l’équipe qui vont amener de la nouveauté avec le retour d’Anaïs Chevalier, le départ de Célia Aymonier… Il y a beaucoup d’excitation mais aussi énormément d’appréhension face à la crise sanitaire du Covid. On n’est pas au-dessus de ça, personne ne l’est…

 

BIATHLON - Après une flamboyante étape de coupe du monde à Pokljuka, l’entraineur de l’équipe de France dames de biathlon Fredéric Jean se tourne avec optimisme et mesure vers les mondiaux d’Antholz.

26.01.2020, Pokljuka, Slovenia (SLO): Anais Bescond (FRA), Justine Braisaz (FRA), Julia Simon (FRA),© Manzoni/NordicFocus.

 

J’ai à cœur de respecter les directives qui tomberont en termes de travail de groupe, ça m’embêtera mais la santé de tous passera devant tout pour moi. Je respecte aussi, sur la base de mon expérience, le plan de préparation des coaches. Je regarde d’un œil attentif ce qu’il se passe en France, au Canada et dans le monde autour de cette épidémie.

 

  • Vous allez aussi retrouver Jean-Paul Giachino, un entraîneur de tir que vous connaissez très bien, cette saison (il remplace Franck Badiou). Qu’attendez-vous de ce changement de coach ?

Je n’attends rien car je ne m’y attendais pas du tout ! Le plan avait été programmé avec Fred et Franck en vue des Jeux 2022, ce départ de Franck est arrivé comme un cheveu sur la soupe. Le fait est que la fédération a su réagir vite et je suis rassurée de retrouver une “vieille connaissance”. J’aurai été inquiète de repartir de zéro avec un coach qui ne me connaît pas : on va retrouver rapidement nos marques de travail et de sympathie. Il ne m’a pas vu pendant deux ans, les retrouvailles vont être intéressantes.

 

Photos : Nordic Focus.

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