Biathlon | Antholz : les Bleues dans le doute

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BIATHLON | ANTHOLZ 2020 – Encore une fois en dedans sur le pas de tir, les biathlètes françaises passent à côté, lors de l’individuel gagné par Dorothea Wierer, d’une troisième course aux Mondiaux d’Antholz 2020. Pourquoi ? 

 

Comme depuis le relais mixte d’ouverture des 56es championnats du monde, les biathlètes françaises sont dans le dur. Et c’est le tir qui pêche, plus que le niveau sur les skis de fond, où elles sont parmi les plus rapides du plateau. C’est comme si les Françaises avaient perdu leur œil de lynx sur le site d’Antholz (Italie), situé en altitude. Si les conditions aérologiques sont compliquées dans le Trentin-Haut-Adige, leurs adversaires arrivent à réagir. Pas elles. « Aujourd’hui c’était loin du compte », peste Michel Vion, le président de la FFS, sur La Chaîne L’Équipe

 

« Je me suis faite piéger »

Les biathlètes françaises, coup de chance, ont tiré au sort la cible n°1, moins sujette aux changements de vent, pour régler leur carabine : un sport royal. Seulement, elle est passée à l’ombre entre la séance dite de zeroing et le départ de la course. Ce qui a perturbé Anaïs Bescond, première Française à l’élancer et finalement 52e avec un 14/20. « Aujourd’hui, ça ne s’est pas passé comme je le voulais. D’entrée. On avait la cible une pour les réglages donc j’y suis allée. Tout mon tir était haut, explique sur La Chaîne L’Équipe la championne olympique du relais mixte. Les cibles sont passées à l’ombre entre le réglage et la course donc ça m’a toute déréglé. Je suis ensuite allée sur les cibles du milieu sur consigne des coachs. »

Justine Braisaz, elle, s’est installée dès son premier tir sur une cible du milieu du pas de tir. Sans plus de succès, avec un 2/5 : « Je me suis installée à un fanion plutôt calme et le vent s’est levé. Je me suis faite piéger. Les balles sont logiquement trop hautes. C’était une bonne course et là… la pilule est dure à digérer ! » Le globe de la spécialité est donc perdu pour elle, pour quelques points… « Je n’ai pas perdue le globe aujourd’hui, j’ai tout fait pour l’avoir mais c’est pas pour cette année. C’était un des objectifs de ma saison, que j’avais gardé pour moi. J’aurais préféré que ça se passe autrement mais, voilà, c’est le jeu. Les courses en relais peuvent nous faire du bien pour affirmer nos points forts en individuel. Sur ces championnats, nous ne sommes pas à notre niveau. Keep going ! »

 

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Manzoni/NordicFocus

 

« Ça m’agace »

Célia Aymonier, 28e à 16/20, est arrivée au micro de La Chaîne L’Équipe énervée par sa course, et son tir. « Ça me saoule d’avoir laissée échapper les deux dernières balles debout. J’étais bien et ça me fait chier (sic). Aujourd’hui je suis déçue, ça m’agace. Je pense qu’il nous manque ce grain de folie qui fait qu’on n’arrive pas à se lâcher complètement. Ce n’est pas le changement de cible qui m’a perturbé. Je n’ai pas tiré très vite pour que les balles aillent au fond. Je pense qu’il faut que je sois plus offensive dans ces moments-là. »

Julia Simon, arrivée en Italie avec le statut de cinquième mondiale, est en plein doute après les quatre premières courses… « À chaque fois j’efface la course disputée pour essayer de faire mieux sur la prochaine. Mais ça ne veut pas. C’est compliqué. On essaye de s’accrocher. Le sport ce n’est pas facile, il y a des hauts et des bas. C’est ma troisième saison en coupe du monde, j’essaye de tout prendre pour m’améliorer. J’apprends. »

Lui aussi interrogé sur La Chaîne L’Équipe, Franck Badiou, le coach de tir des Bleues, a défendu son choix de changer de cibles à cause de l’ombre projeté sur le numéro une. Tout en avouant que cela a perturbé ses athlètes, en proie au doute : « Au dernier moment ont chamboule tout. Ce n’est pas facile pour elles. Ce choix n’était peut-être pas complètement approprié. » « Tout cela prouve qu’on est pas encore assez bons au niveau de la maturité pour s’adapter aux conditions. C’est une faute collective. C’est un petit manque d’expérience que d’autres possèdent. Pas nous », termine Michel Vion.

 

Photos : Nordic Focus.

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