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Caroline Colombo, biathlon, Antholz
Caroline Colombo (FRA) - Manzoni/NordicFocus

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Biathlon | Caroline Colombo : « Un hiver émotionnellement compliqué »

L’hiver 2020/2021 de la Jurassienne Caroline Colombo n’a pas été de tout repos. Marquée par un gros passage à vide en milieu de saison, elle se livre longuement à Nordic Magazine.

Cette saison, les occasions de voir Caroline Colombo, 25 ans dans quelques jours, avec le sourire après une course étaient rares. C’est que la Franc-Comtoise, malgré quelques jolis coups d’éclat, s’est perdue au tir en milieu d’hiver. Manquant les championnats du monde de Pokljuka (Slovénie), elle n’est ensuite plus remontée en coupe du monde, laissant la place à une convaincante Lou Jeanmonnot.

Dans une longue interview accordée à Nordic Magazine, la native de Pontarlier (Doubs) revient sur son hiver : ses réussites, ses difficultés et ses déceptions. Toute en franchise. Entretien.

  • Quel bilan faites-vous, à tête reposée, de cet hiver 2020/2021 ?

Il est forcément contrasté. En début de saison, j’ai montré mon meilleur niveau depuis de nombreuses années. J’ai réussi à progresser en ski et j’étais stable au niveau du tir avec quelques belles salves mais, globalement, il manquait toujours une balle. C’était un petit peu frustrant avec des tirs qui me permettaient d’être placée sans pouvoir jouer tout devant. Ensuite, il y a eu une période catastrophique avec une descente sur l’IBU Cup lors des championnats d’Europe.

Caroline Colombo, biathlon, Antholz
Caroline Colombo (FRA) – Manzoni/NordicFocus
  • Après cette rétrogradation, comment avez-vous vécu cet Euro de Duszniki Zdroj (Pologne) ?

J’avais envie de trop bien faire, envie de montrer que je pouvais presque prétendre à une place sur les championnats du monde. Au final, je me suis perdue, je n’ai pas réussi à me retrouver sur mon tir et j’ai enchaîné les mauvaises performances. J’ai ensuite eu un dernier coup d’éclat, à l’orgueil, lors de la dernière IBU Cup. Cela m’a montré que je pouvais retrouver de belles émotions en biathlon. C’est ce que je retiens de cette saison.

« Je n’arrivais pas à me reconnaître au tir »Caroline Colombo à Nordic Magazine

  • Avez-vous des explications sur ce milieu de saison manqué lors duquel vous vous êtes perdue derrière la carabine ?

Je suis logiquement redescendue en IBU Cup après ma non-sélection pour les Mondiaux. J’avais fais un début de saison correct en coupe du monde et je voulais confirmer cela au niveau inférieur. À vouloir trop bien faire, à vouloir montrer les choses sans les faire pour moi, j’ai oublié de faire des choses simples et j’ai enchaîné les mauvaises performances, ce qui m’a perdu. Être revancharde marche très bien sur les skis, mais pas en tir. Je n’arrivais pas à me reconnaître au tir. J’ai toujours dit qu’il n’y avait pas besoin de confiance pour bien tirer mais surtout de la technique. Enfaite, je me suis rendu compte que je me suis toujours trompée parce que sans le relâchement derrière la carabine, ça ne rentre pas.

Caroline Colombo, biathlon, Kontiolahti
Caroline Colombo (FRA) – Manzoni/NordicFocus.

La veille de la course, je termine 81e avec un 5/10… Je suis allée voir mes entraîneurs le soir en leur disant que je ne savais plus trop où j’en étais. Ils m’ont dit qu’il fallait que je retrouve du plaisir en faisant des tirs en une minute, une minute quinze pour me prouver que je savais bien tirer. Je leur ai répondu que je ne courrais pas comme ça, mais pour donner ma meilleure performance, le meilleur de moi-même. Je ne veux pas faire un 10/10 en tirant en une minute trente. Ce n’est pas moi. Je me suis donc dit que j’allais seulement courir pour moi.

  • Et tout s’est bien passé…

C’est peut-être bête mais il faisait beau ce jour-là. Le cadre était beau, j’avais la chance d’être à Obertilliach pendant que d’autres étaient enfermés à la maison. Je suis partie en étant relâchée, une Caro libre ! Je fais le 10/10 et un temps correct en ski. Ça faisait juste du bien. Une troisième place en IBU Cup, sans prétention, devrait être normale pour moi, mais celle-ci venait de loin. C’était vraiment une belle course.

« Je retiens les trois tops 30 mais surtout la manière pour aller les chercher »Caroline Colombo à Nordic Magazine

Cette médaille m’a fait du bien. On avait comme stratégie d’aller de l’avant en écrémant la course par l’arrière. Je suis parvenue, malgré un tour de pénalité, à faire ma part de boulot. Ça fait du bien de vivre des émotions comme celles-là, surtout quand elles sont partagées.

Caroline Colombo, Emilien Claude, biathlon, Duszniki Zdroj
Emilien Claude (FRA), Caroline Colombo (FRA) – Stancik/IBU
  • Revenons à votre saison de coupe du monde : vous avez signé trois tops 30 à Kontiolahti (Finlande) en tout début de saison puis à Oberhof (Allemagne) et Antholz (Italie) fin janvier…

Je retiens les trois tops 30 mais surtout la manière pour aller les chercher. Mes courses étaient vraiment construites. J’aurais ça en tête quand je reprendrais l’entraînement dans les prochaines semaines.

  • Deux de ses trois tops 25 ont été réalisés sur le format de l’individuel : est-ce un hasard ou ce format vous plaît-il plus qu’un autre ?

Au début de ma carrière, je détestais les individuels, je trouvais ça ennuyant parce que j’aime être à la confrontation. Au final, je me suis mise à les apprécier parce que j’arrive à me construire lors de ces courses, à penser à moi. Je commence à les cocher parce que c’est une course où je peux exister et être présente.

« Je n’aurais pas dû aller aux championnats d’Europe revancharde »Caroline Colombo à Nordic Magazine

  • Comment avez-vous reçu l’annonce de votre non-sélection pour les Mondiaux de Pokljuka (Slovénie) survenue après deux belles performances en coupe du monde ?

Je m’y attendais, je savais que j’étais susceptible de redescendre. Je n’avais pas mon mot à dire. Avec du recul, je me rends compte que j’aurais dû mieux switcher avant d’aller sur les championnats d’Europe pour continuer sur ma lancée de la coupe du monde. Je n’aurais pas dû y aller revancharde.

Caroline Colombo, biathlon, Oberhof
Caroline Colombo (FRA) – Manzoni/NordicFocus
  • Vous n’êtes pas du tout retournée en coupe du monde sur la fin de saison, Lou Jeanmonnot vous étant préférée : aviez-vous imaginé cela ?

Quand je suis partie de la coupe du monde, je pensais y revenir parce que j’avais montré de belles performances. Si j’avais couru à mon niveau en février, je pense que j’y serais remontée. Malheureusement, ça n’a pas été le cas et Lou a logiquement pris ma place.

« On parle de la cinquième ou de la sixième roue du carrosse, mais je n’ai plus envie de l’être »Caroline Colombo à Nordic Magazine

  • Lors des finales d’Östersund (Suède), il y avait pourtant un quota pour une septième biathlète…

J’aurais aimé y retourner à cette occasion mais la Fédération a rempli ce quota seulement pour les garçons. J’ai été un petit peu déçue de ne pas remonter pour montrer que je pouvais avoir le niveau de la coupe du monde. Ils ne m’ont pas laissé cette chance.

  • Avez-vous eu des explications de la part de la Fédération suite à cette non-sélection pour les finales ?

Ils ont estimé que je n’avais pas le niveau pour remonter en coupe du monde.

Caroline Colombo, Hochfilzen, biathlon
Caroline Colombo (FRA) – Manzoni/NordicFocus
  • Cela fait plusieurs hivers que vous faites l’ascenseur entre l’IBU Cup et la coupe du monde : est-ce pesant ?

Je continue de progresser et de m’améliorer sur la coupe du monde donc, dans ce sens-là, ce n’est pas pesant. Les années précédentes, j’étais toujours remontée par la suite à la différence de cet hiver qui a été très dur émotionnellement parlant. Je sais ce qu’il me reste à faire, je dois passer un cap pour m’affirmer parmi les meilleures françaises. On parle de la cinquième ou de la sixième roue du carrosse, mais je n’ai plus envie de l’être.

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