Biathlon : Entretien bilan avec le Jurassien Quentin Fillon-Maillet

BIATHLON - Déçu de ses Jeux olympiques, Quentin Fillon-Maillet a parfaitement réagi en prenant une superbe troisième sur le sprint de Kontiolahti. Victoire d’Anton Shipulin.

BIATHLON – Auteur de trois podiums cet hiver en coupe du monde, le Jurassien Quentin Fillon-Maillet termine l’hiver à la 10e place mondiale. Malgré des Jeux manqués, le Grandvallier a su rebondir. Entretien.

 

  • Quentin Fillon-Maillet, vous terminez la saison à la 10e place du général de la coupe du monde. Que vous inspire ce superbe classement ?

Aller chercher cette place a été un vrai combat toute la saison, notamment en fin d’hiver ou jusqu’à la dernière course on était 5 ou 6 à se battre pour aller chercher ce top 10.
Mais c’est pour moi le plus beau résultat de la saison car je ne pensais pas arriver à cette place suite aux problèmes rencontrés cette saison.

Quentin Fillon Maillet (FRA) s’offre deux podiums à Östersund.

  • Avez-vous le sentiment d’avoir vécu « trois saisons » en une avec un début d’hiver exceptionnel et deux podiums à Östersund, une période plus délicate ensuite, la faute à un tir déréglé, puis une superbe fin de saison marquée par un troisième podium à Kontiolahti ?

A l’automne j’ai appris que ma copine et son père avaient tous les deux un cancer. Après cette annonce je me suis dit que la saison n’allait pas être facile.

Mais sur la première partie j’avais vraiment l’envie de me battre pour eux mais l’hiver est long et comme prévu ça a été, sans mentir, catastrophique pendant janvier et février. Mais j’ai réussi à rebondir pour bien finir la fin de saison.

 

Durant les JO, j’ai réalisé les plus mauvaises courses de la saison

 

  • Vous rêviez de créer la sensation aux Jeux olympiques de Pyeongchang mais avez traversé cette période dans la douleur. Que s’est-il passé ? 

Déjà avant les JO mes performances sur les courses étaient très moyennes, non à cause du ski qui était correct mais c’est bien le noir de la cible qui était dur à trouver par moment.
Un peu de pression en plus et quelques problèmes techniques ne donnent pas un bon résultat sur le tir.
Et donc durant les JO, j’ai réalisé les plus mauvaises courses de la saison sur l’objectif le plus important de ces 4 dernières années, je vous laisse donc imaginer ma déception à la suite de cet évènement.

Quentin Fillon Maillet à Ruhpolding.

  • Comment avez-vous trouvé la force de rebondir après cette terrible désillusion ?

Après les JO, deux choix se proposaient à moi, soit de dire que ma saison était gâchée et abandonner ou trouver une solution pour oublier les JO et rebondir.
Pour moi, il était impensable d’abandonner, j’ai une chance exceptionnelle de faire du biathlon au plus haut niveau et beaucoup de personnes veulent cette place alors pour expliquer simplement j’ai profité de cette chance.

 

Je vais m’entraîner pour revenir plus fort

 

Je suis très heureux d’avoir fait ces belles courses pour clôturer la saison surtout à la maison, c’est parfait. Et comme toute cette fin de saison, j’ai su faire face à des obstacles rencontrés plus tôt dans l’hiver.
Alors que pendant l’hiver, il est compliqué de réagir car nous avons peu d’entraînement et peu de temps pour travailler. Mais je vais avoir beaucoup de temps pour m’entraîner cet été pour revenir plus fort, je vous répondrais donc dans sept mois.

SKI DE FOND - Il y a tout juste une semaine, les Jurassiens Quentin Fillon-Maillet, Martin Bourgeois-République et Tom Bourgin-Millet gagnaient le relais des championnats de France à Prémanon devant le Dauphiné et la Savoie.

  • Comment envisagez-vous la découverte d’un nouveau staff en équipe de France, vous qui avez fait toute votre carrière avec l’entraîneur Stéphane Bouthiaux ?

Stéphane et même Franck ont déjà mis la barre très haute, j’ai passé beaucoup de temps avec eux au point de les surnommer “papa” pour Stéphane et “tonton” pour Franck c’est vous dire le lien tissé après toute ces années.
Ce sont des passionnés qui ne comptent pas leur investissement pour notre succès et c’est une chance énorme de les avoir rencontrés. Merci à eux!
Je n’attends pas des futurs coachs qu’ils soient diplômés en sport d’Harvard mais avant tout qu’ils débordent d’envie et d’idées pour entraîner une équipe pleine de motivation.

 

Photo : NordicFocus et Nordic Magazine

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