Biathlon : Estelle Mougel raccroche la carabine

BIATHLON - Julia Simon a remporté le titre de championne de France de la mass-start à Prémanon, devant sa copine de club Justine Braisaz et Anaïs Bescond. Myrtille Bègue titrée en U21 devant Gilonne Guigonnat et Lou Jeanmonnot.

BIATHLON – La biathlète vosgienne Estelle Mougel a annoncé ce week-end qu’elle mettait un terme à sa carrière.

 

Le biathlon, c’est terminé pour Estelle Mougel. La biathlète Vosgienne l’a annoncé ce week-end sur sa page Facebook. Elle qui ne savait pas, après les France, si elle allait continuer ou pas sa carrière de sportive de haut-niveau en biathlon, a finalement décidé de raccrocher la carabine au clou.

 

Auteur d’une carrière faite de hauts et de bas où elle aura souvent dû batailler pour décrocher sa place en équipe de France tout en brillant sur le circuit national, Estelle Mougel aura finalement décroché quatre médailles aux championnats de France, un titre de championne du monde ou encore une médaille de bronze internationale.

JYB

 

« Une décision horrible et très difficile à prendre. J’espère ne pas regretter. La politique du biathlon français, cette densité et ce niveau m’aident à prendre cette décision. J’ai la tête sur les épaules et je vois bien que c’est pas demain que je vais gagner des coupes du monde.. », écrit-elle pour expliquer sa décision, près d’un mois après les championnats de France où Coline Varcin et Léna Arnaud ont pu être fêtées pour leur dernière course.

Son communiqué complet :

Tetelle, la fille qui met des moufles quand il fait 20 degrés a une annone à faire (un peu long mais quand il faut, il faut) :

Pas de champagne sur la ligne d’arrivée des championnats de France pour moi tout simplement parce que je ne savais pas encore si je repartais pour une saison de biathlon à 200%. 
Après un mois à me poser des questions sur le choix à faire, j’avais fini par choisir de repartir pour une année. 
Aujourd’hui, j’ai changé d’avis. Une décision horrible et très difficile à prendre.. J’espère ne pas regretter. La politique du biathlon français, cette densité et ce niveau m’aide à prendre cette décision. J’ai la tête sur les épaules et je vois bien que c’est pas demain que je vais gagner des coupes du monde..
La politique du biathlon tant à restreindre les groupes et les sélections.

Je me souviens avoir dit en commençant cette saison : « Quoiqu’il arrive et même si je vais aux Jeux, c’est ma dernière année ». Cela dit, après les championnats de France, j’étais pourtant sure de vouloir continuer.. L’objectif était de me faire plaisir, de courir pour moi et d’aller au bout des choses. Je pense que l’objectif est atteint, je me suis prouvé à moi-même que j’avais le niveau, j’ai donné du fil à retordre à pas mal d’athlètes et l’encadrement ont parfois été surpris de me voir encore présente. Je me suis donné à 200%, j’ai fais tout les sacrifices possibles, j’ai toujours été sérieuse et j’ai jamais fait les choses par hasard, jamais négligé le moindre détail. 
Je vais continuer à m’entraîner, vous allez toujours me voir en ski roue, en vélo ou en course à pied car j’aime ça, que le sport fait parti intégrale de ma vie et que j’en ai besoin. Je vais également continuer la compétition en essayant d’autres choses et en restant sur le nordique aussi. J’ai juste décidé de tirer un trait sur l’internationale, arrêter de courir après toutes ces sélections usantes qui m’ont parfois supprimé le plaisir de courir. J’ai d’ailleurs déchiré la page de mon dictionnaire où se trouvait ce mot suite à de nombreuses incompréhensions. Je suis toujours aussi motivée mais j’ai assez donné. Après avoir été sortie de l’équipe de France lorsque j’étais Juniors, suite à une saison blanche due à une mononucléose je me suis battue pendant trois années pour rattacher le wagon. J’ai toujours réussi à remonter sur le circuit internationale mais j’ai jamais réussi à me faire une réelle place. Cette impression de remonter la rivière à contre courant sans jamais en voir le bout.. J’ai jamais voulu lâcher, j’ai toujours eu le couteau entre les dents malgré de gros coup dur sur certaines sélections et compétitions. Beaucoup aurait abandonné plus tôt et beaucoup m’ont sûrement pris pour une folle à continuer comme ça. Mais quand l’envie, la détermination et la motivation sont là pourquoi arrêter ?! Aujourd’hui tout ceci est encore présent mais ce qui me pousse à arrêter c’est l’envie de voir autre chose et surtout de commencer à gagner ma vie, arrêter de vivre avec le porte feuille de mes parents et sous leur toit. Il faut dire qu’en étant athlète de haut niveau on vit un peu dans un autre monde sans voir tout ce qu’il se passe autour de nous. Manger, s’entraîner, dormir, s’entraîner, manger, dormir .. Il est tant de rentrer un peu plus dans la vraie vie.
Tout ce que j’ai pu vivre, tout ce que j’ai pu apprendre, je me ferai le plaisir de pouvoir le transmettre aux jeunes. Je vais passer de l’autre côté de la barrière comme on peut dire (ou du moins c’est ce dont j’ai envie). J’ai bien d’autres projets en tête aussi : de nombreux défis qui me tentent depuis un moment.

4 médailles en championnat de France, un titre de championne du monde, une médaille de bronze aux mondiaux, une médaille d’or et d’argent sur les championnats du monde militaire, de nombreux podiums, quelques départs en IBU CUP, beaucoup de pays, (pourtant je suis toujours aussi nulle en anglais), enormement de “j’ai froid les doigts”, un sacré paquet de saucisses de Morteau, de fromages, de chocolats et autres mais aussi toutes les déceptions qui m’ont sûrement forgé le mental. Tout cet investissement financier, physique, mentale et psychique je ne le regrette pas car j’ai énormément appris et ce sport m’a beaucoup apporté. Je vais bien sur essayer de garder en tête tout les aspects positifs de ces 7 années de haut niveau : les émotions, les exceptionnels moments et toutes les bonnes personnes que j’ai pu côtoyer. J’ai été fière de rendre mes proches fiers et émus. Pour ma part j’ai jamais vraiment réussi à être satisfaite de moi mais peut-être que je vais y arriver en faisant autre chose.

Je tiens à remercier tout ceux qui ont fait parti de cette aventure, ceux qui m’ont toujours soutenu et encouragé. Je ne vais pas faire la liste, ils se reconnaîtront. Je vais quand même citer mon ski club de la Bressaude, le comité des Vosges ainsi que Salomon avec qui j’espère continuer à travailler. Il y a également mes sponsors : La confiserie Bressaude, Escaliers Morel, La Brasserie de la Schlucht, le département des Vosges, Region Grand Est ainsi que ma ville de La Bresse.

Mon hyperactivité et ce besoin de faire de la compétition font que vous allez me retrouver sur certaines feuilles de résultats. Que ce soit bien clair, c’est la fin du haut niveau mais sûrement pas du sport.

A bientôt et merci.


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