Biathlon | Julia Simon : « Le travail paye »

BIATHLON - Ce jeudi à 17h35, les dames retrouvent la coupe du monde de biathlon avec le sprint de Nove Mesto qui se déroulera, comme annoncé, à huis clos. Cinq Françaises au départ… Une course à suivre en live commenté sur notre site.
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BIATHLON – Meilleure tricolore de l’hiver, Julia Simon revient avec nous sur la meilleure saison de carrière qui l’a propulsée au huitième rang mondial. Un hiver terminé sur la plus haute marche du podium et qui suscite chez la Savoyarde satisfaction et ambition. 

 

« J’ai passé un cap physiquement : il y a eu une grosse progression »

 

  • Vous signez la meilleure saison de votre carrière, quel bilan en retenez-vous ? 

C’est une saison réussie : ça a très bien répondu dès le début, avec mes premiers podiums. Après j’ai eu un petit coup de moins bien après Pokljuka , le doute s’est installé avec les mondiaux. Mais je retiens surtout que c’est ma meilleure saison, j’ai passé un cap physiquement il y a eu une grosse progression. Je n’ai pas terminé l’hiver complètement cramée, et ça c’est une grosse satisfaction : ça montre que le travail paye, même dans les jours où j’étaient un peu moins bien j’ai réussi à rivaliser, donc c’est très positif.

 

  • Par contre au niveau du tir, on vous a senti moins efficace, avec des statistiques de tir en baisse, comment l’expliquez-vous ?

Oui, sur le tir j’ai été moins efficace. Mais cela fait parti de l’axe de travail qu’on avait défini avec Franck (Badiou, l’entraîneur de tir de l’équipe dames) : travailler un tir plus posé, plus calme, en prenant peut-être une seconde de plus par tir pour être plus sereine. On savait que cela ne viendrait pas tout de suite, et que les résultats prendraient une à deux saisons. Je n’ai pas encore pu vraiment le mettre en place notamment au couché où j’ai eu de vrais passages à vide. Après , il y a eu des hauts et des bas, c’est sûr que la saison n’était pas parfaite au tir mais malgré ça j’ai pu rentrer dans le top 10 très régulièrement, donc c’est encourageant pour la suite.

 

BIATHLON - Au terme d’un superbe duel, la Norvège a devancé l’Italie lors du relais mixte d’ouverture des mondiaux de biathlon à Antholz. Julia Simon, Justine Braisaz, Martin Fourcade et Quentin Fillon-Maillet sont passés à côté de leur entrée dans ces mondiaux (7e).

Julia Simon (FRA) – Manzoni/NordicFocus

 

  • Et le fait que Franck Badiou ait décidé d’arrêter et soit remplacé par Jean-Paul Giachino, c’est une inquiétude pour vous ?

C’est sûr que ce n’est pas l’idéal. Changer ses repères en changeant d’entraîneur, de discours, ce n’est pas la meilleure façon de progresser. Pour l’instant je suis un peu dans le flou, ce n’est pas facile. Mais Jean-Paul a un peu la même vision du tir que Franck, donc j’attends de voir. Je ne l’ai pas encore eu au téléphone pour en discuter avec lui.

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« Le bilan des Mondiaux est mauvais […] mais on construit aussi une carrière avec ça »

 

  • Revenons sur les championnats du monde : cette quinzaine aura été compliquée pour tout le groupe féminin et pour vous aussi. Avec le recul comment l’analysez-vous ?

Ça reste un mauvais bilan, on était aussi peut-être très attendues avec les gros résultats des garçons, ça mettait une pression supplémentaire, on avait tellement envie de bien faire. Ce n’est pas facile à gérer mais on construit aussi une carrière avec ça. Moi j’étais dans une spirale négative, notamment au niveau du tir.

 

  • Vous terminez tout de même ces Mondiaux avec une belle 5e place sur la mass start, en jouant même la médaille jusqu’au dernier tir, est-ce que cela sauve le bilan ?

Non, mon résultat sur la mass-start ne sauve pas le bilan des Mondiaux, même si bien sûr j’étais contente de terminer sur une bonne note, contente aussi d’avoir réussi à relever le niveau. Mais moi je vois un peu plus loin que ces quinze jours, je regarde ma saison, qui reste la meilleure saison de ma carrière, je regarde les progrès que j’ai eu, les caps que j’ai passé, pour envisager la suite.

 

BIATHLON - Illustration de la course sans des biathlètes françaises ce dimanche lors de la poursuite des mondiaux d’Antholz, Julia Simon est passée à côté après pourtant un bon début de course.

Julia Simon (FRA) – Modica/NordicFocus

 

Oui, ça a été une grosse émotion. Et une belle satisfaction, c’était une belle course, j’étais enfin placée après un sprint correct. J’ai profité des erreurs des autres, mais surtout j’ai réussi ce jour-là à tout mettre en place : les sensations étaient très bonnes sur les skis, le tir était en place. C’était un grand moment, même si j’aurais aimé pouvoir le partager avec du public.

 

BIATHLON - Après les messieurs, place au bilan de la coupe du monde dames de biathlon avec trois athlètes qui ont survolé les débats : Dorothea Wierer, Tiril Eckhoff et la reine des mondiaux, Marte Olsbu Roeiseland. Julia Simon termine numéro 9 mondiale et meilleure tricolore. 

Julia Simon (FRA) – Manzoni/NordicFocus

 

  • Justement comment avez-vous vécu cette fin de saison  avec le huis-clos ?

Honnêtement les courses en huis-clos, ça ne m’a pas perturbé. Je n’ai pas encore une grosse expérience en coupe du monde, et sur l’IBU Cup les courses sans public on connaît ! C’est plus l’ambiance générale qui était bizarre, même si nous étions en Finlande dans un pays plutôt épargné, c’était étrange. On a appris le matin de la course que les Américains étaient partis dans la nuit, les Autrichiens faisaient leurs valises aussi parce que l’Autriche fermaient les frontières et les Italiens étaient très inquiets de la situation dans leur pays. Et pour nous, on faisait comme d’habitude,  le seul point positif c’était qu’on entendait les radios des coachs et les consignes ! Mais c’était une réalité très bizarre.

 

  • En gagnant le jour de la dernière course de Martin Fourcade, vous êtes un peu passée dans l’ombre, ce n’est pas un peu gâcher le plaisir ?

De toute façon, vu les résultats des garçons cet hiver, ils étaient sur les podiums tout le temps donc même si j’avais gagné ailleurs, dans un autre moment cela n’aurait pas changé grand-chose. Non, je crois que toute l’équipe était vraiment contente de finir la saison comme ça. Et puis, grâce à ça, nous avons battu le record de podium sur une saison, donc c’était vraiment sympa !

 

  • Actuellement, vous êtes confinée chez vous à Villard-Sur Doron, dans le Beaufortain, comment se passe l’entraînement ?

Je fais beaucoup de home-trainer, je cours aussi. J’ai la chance d’avoir quelques sentiers qui partent de la maison, donc ça va. Après pour le tir c’est plus compliqué, je n’ai pas encore repris le tir, de toute façon pour l’instant avec le confinement je ne peux pas. Je vais voir comment les choses évoluent. Tout est encore très flou pour la suite, on ne sait pas si on pourra partir en stage, si les hébergements vont rouvrir. J’ai repris un appartement pour l’été à La Féclaz mais pour l’instant c’est l’inconnue…

 

Photos : Nordic Focus.

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