Biathlon | Julien Robert : « heureux de retrouver le groupe relève »

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BIATHLON – Double médaillé olympique de relais, le Grenoblois dirige cette année la relève de l’équipe de France. Un nouveau challenge pour celui qui était l’entraîneur des filles depuis Sochi. Julien Robert se confie sur son parcours avant d’évoquer ses nouvelles fonctions et la situation du biathlon en France.

 

  • Julien Robert, vous avez été sportif de haut niveau et médaillé olympique avant d’être entraîneur. Comment s’est opérée cette transition et le choix de devenir entraîneur?

Ce choix était naturel car j’avais toujours imaginé retransmettre ce que j’avais appris durant ma carrière sportive à l’instar de ceux qui l’avaient fait avant moi et pour moi lorsque j’étais athlète (Christian Dumont ou Stéphane Bouthiaux par exemple). En biathlon, la transmission de compétences est souvent plus simple et crédible lorsqu’on a vécu certaines choses sur le terrain auparavant.

  • Vous avez connu le stress en tant que biathlète. La gestion des compétitions est-elle la même quand on est au bord de la piste ? Votre expérience de sportif vous sert-elle?

Le stress fait partie de la discipline et du haut niveau de manière générale. Je dirai même qu’il est moteur si on l’utilise intelligemment. Il est évident que l’on vit les choses différemment lorsqu’on est athlète ou entraîneur. La gestion et la préparation d’une course sont des choses que l’on peut maîtriser en tant qu’athlète et qu’on a tendance à plus “subir” une fois dans le rôle d’entraîneur. L’expérience sportive passée d’un entraîneur peut néanmoins servir à ne pas tomber dans certains pièges inhérents à la compétition.

  • Nommé entraîneur des filles après les Jeux olympiques de Sochi en 2014, vous avez vécu plusieurs années en coupe du monde et une olympiade à Pyeongchang. Quels souvenirs gardez-vous de cette période?

Ces quatres années passées à m’occuper de l’équipe féminine resteront de très bons moments sportifs et humains. J’ai eu la chance de vivre cette expérience avec un staff exceptionnel et de très bons résultats. Il y a eu des médailles lors des grands rendez-vous (individuellement et en relais) chaque année grâce à des athlètes de qualité et à un investissement sans faille d’un encadrement soudé et dévoué.

Julien Robert, avec , Justine Braisaz et Jean Paul Giachino © Manzoni/NordicFocus. 

 

  • Quel bilan tirez-vous des jeux olympiques de Pyeongchang?

L’objectif  des Jeux olympiques 2018 pour l’équipe des filles était de ramener de Corée-du-Sud une médaille individuellement et collectivement. Le contrat a été rempli même si nous avions le rêve d’un titre sur le relais féminin. Le relais mixte en or restera un moment très fort pour toute l’équipe, tout comme les deux titres de Martin Fourcade.

 

      « Je suis très heureux de retrouver le groupe relève »

 

  • Aujourd’hui entraîneur de la relève, qu’est-ce qui vous a motivé à accepter cette nouvelle fonction?

Quatre années de coupe du monde, c’est un long défi et il était temps pour le groupe filles d’avoir un nouveau discours. J’étais déjà avec les jeunes à l’IBU Cup il y a quatre ans et je suis très heureux de retrouver le groupe relève et de pouvoir leur transmettre ce que ces dernières années de très haut niveau m’ont apporté.

 

  • Qu’est-ce qui caractérise la relève tricolore qui a grandi dans le sillage des excellents résultats du biathlon français depuis une décennie?

Il y a des éléments de qualité chez les 15 athlètes dont nous nous occupons (avec Baptiste Desthieux, Jean-Pierre Amat et Jean-Paul Giachino). C’est vraiment un groupe jeune et dynamique et leur faudra sans doute un peu de temps pour prendre la mesure de leur potentiel. Il est évident que les résultats de leurs ainés et leurs palmarès éloquents leur donnent une soif de progression et de bien faire.

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Julien Robert prodigue ses conseils à l’entraînement.

 

  • L’hiver dernier, Antonin Guigonnat et Emilien Jacquelin, venus de l’IBU Cup, ont montré de très belles choses sur le coupe du monde. Quels seront vos objectifs sportifs pour le groupe France hommes et femmes?

Une partie des jeunes issus du groupe relève vont seulement commencer à découvrir le circuit IBU Cup cet hiver. L’autre partie du groupe aura dans le viseur le circuit Junior cup et les Mondiaux junior. Antonin Guigonnat a réussi un hiver incroyable mais sa route n’a pas été un long fleuve tranquille. Il s’est battu, a été obstiné pendant plus de six ans entre les deux circuits avant de réellement performer au plus-haut niveau l’an passé. Bien sûr qu’on attend des jeunes qu’ils fassent leurs armes le plus vite possible mais la maturité et l’expérience viennent bien souvent avec le temps. Leurs objectifs seront, pour moi, de progresser avant tout et d’emmagasiner un savoir faire qui leur permettra, je l’espère, d’être prêt à performer sur la coupe du monde à l’horizon 2022.

 

  • Martin Fourcade a pointé du doigt récemment le manque de moyens dans le biathlon. Quel regard portez-vous sur le sujet et plus généralement sur l’évolution du biathlon en France.

Oui Martin Fourcade a rendu public dernièrement les moyens dont on dispose. Peut-être que le grand public nous voit comme une équipe nationale de football. Ce n’est pas le cas. Malgré tout, nous avons les moyens de fonctionner grâce à la qualité de l’encadrement et par les budgets alloués par la FFS. Nous sommes dans un système où absolument tout est optimisé avec quelquefois, c’est vrai, une part de système D. J’évolue dans le biathlon de haut niveau depuis près de 25 ans (athlète ou entraîneur) et c’est une question récurrente. Nous avons de plus en plus de moyens financiers mais tout coûte de plus en plus cher et la structuration du biathlon français (nombre de techniciens, camion de fartage, ajout d’un circuit Junior cup, qualité du circuit national) n’a eu de cesse de progresser. Si on se retourne, le bilan de l’évolution de la discipline en France est très bon. Mais c’est le propre du sport de haut niveau, on veut toujours mieux et plus.

 

Photo : Nordic Focus Photo Agency / Nordic Magazine

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