Biathlon : le bilan des Mondiaux juniors

BIATHLON - Une France de gala a conservé son titre mondial du relais lors des Mondiaux Juniors de biathlon. En Slovaquie, les Françaises ont dominé de la tête et des épaules et se parent d'or devant l'Allemagne et la Suède. 

BIATHLON – Les championnats du monde jeunes et juniors de biathlon viennent de se terminer en Slovaquie. L’équipe de France revient d’Osrblie avec 6 médailles dont deux titres mondiaux. Le chef de groupe de cette équipe junior Baptiste Desthieux dresse pour nous le bilan de ces Mondiaux.

 

« Il y a beaucoup de motifs de satisfaction »

  • Baptiste, les Mondiaux ont débuté par les courses Jeunes sur le format de l’individuel. Un format qui n’a pas trop réussi aux Français ? 

Oui, ça ne c’est pas exactement passé comme on l’espérait même si on ne sait jamais trop à quoi s’attendre sur les course Jeunes. On a senti chez nos garçons et nos filles, beaucoup de tension. Il y avait l’envie de bien faire mais peut-être en oubliant certaines bases. Cela leur a coûté quelques balles qui les empêchent de jouer dans le haut du classement.

 

Ce n’est jamais évident d’arriver à jauger le niveau d’ensemble entre les athlètes qui courent en Junior Cup, les Scandinaves qu’on voit peu, ceux qui courent en IBU Cup. Maintenant on sait que lorsque nos meilleurs athlètes tirent à 19 ou à 20 sur un individuel ça jouera devant. Après de là à gagner c’est toujours très aléatoire. Martin Bourgeois-République a été très costaud, il a fini le boulot.

 

  • Parmi les grosses satisfactions, le relais dames a conservé son titre en Junior

Oui, en plus là avec la manière. En jouant devant du début à la fin. Avec une équipe presque similaire à l’an dernier : Camille Bened qui était surclassée en junior pour le relais et Lou Jeanmonnot-Laurent. On savait qu’elles pouvaient faire de belles choses. Il nous restait à remplacer Myrtille Bègue (désormais sénior), et Sophie Chauveau a été épatante.

BIATHLON - Une France de gala a conservé son titre mondial du relais lors des Mondiaux Juniors de biathlon. En Slovaquie, les Françaises ont dominé de la tête et des épaules et se parent d'or devant l'Allemagne et la Suède. 

  • Lou Jeanmonnot-Laurent s’est-elle vraiment fait chambrée pour avoir utilisé la seule balle de pioche du relais sur la dernière balle ?

(rire) Oui, clairement ! un relais sans balle de pioches c’était du jamais vu. D’ailleurs Jean-Pierre (Amat, le coach de tir de l’équipe junior) l’a encore en travers de la gorge (rire).

 

  • Dans ce relais, vous avez surclassé Camille Bened , pourquoi ce choix ?

C’est une possibilité que nous avions dans la tête avant même les individuels. Ce n’était pas évident parce que les relais venaient en tout début de Mondiaux (juste après les individuels). Nous avions fait le choix avec le staff et avec Stéphane Bouthiaux de privilégier une médaille sur un relais junior plutôt qu’en jeune. Pour Camille, les individuels auraient très bien pu modifier ce choix, mais les résultats ont plutôt conforté cette décision.

 

  • Dans la catégorie jeune, le bilan est-il satisfaisant pour vous avec 2 médailles (Rémi Broutier en argent sur la poursuite et le relais dames en bronze) ?

Il y a beaucoup de motifs de satisfaction dans cette catégorie Jeune. D’abord parce que nous avons vu que les garçons comme les filles étaient capables de rivaliser sur les temps de ski. Tous n’ont pas su répondre présent sur l’ensemble des tirs mais on sait de quoi ils sont capables quand les balles rentrent. Et puis on a intégré quelques « nouveaux », des athlètes que l’on a moins l’habitude de voir comme Oscar Lombardot. Il s’est très bien intégré et on a senti une belle évolution au cours de ces Championnats. Donc ça c’est intéressant pour la suite. Louis Girod aussi a un profil intéressant même s’il a encore quelques soucis au tir debout.

Chez les filles, c’est rassurant de voir que nous avons 3 athlètes nées en 2000 et qui vont vite sur les skis. Les autres nations ont emmenés des athlètes nés en 1999 ou 1998 et c’est positif de voir que nous arrivons à faire des médailles avec des athlètes plus jeunes. Et il y a la médaille de bronze du relais féminin qui est une belle satisfaction.

 

  • Dans la catégorie junior, quel bilan tirez-vous des Mondiaux pour des athlètes comme Emilien Claude et Lou Jeanmonnot-Laurent que l’on attendait peut-être avec des médailles individuelles autour du cou ?

Oui, pour Emilien et pour Lou c’est mitigé. Ce ne sont pas de mauvais championnats, ce sont des Mondiaux tout à fait corrects. Par contre on attendait au moins une médaille individuelle pour chacun. Emilien a été très en forme sur les premières courses mais en ne tirant pas très bien notamment sur la course individuelle. Et puis le tir s’est amélioré et la forme a un peu décliné donc ce qui est décevant c’est que l’on a pas réussi à combiner les deux. Pour Lou, il n’a pas manqué grand-chose. Peut-être d’avantage d’application sur la dernière balle. Sans se focaliser trop là-dessus non plus, c’est vrai que c’est certainement ce qui lui coûte les médailles.

Un jour sans sur les skis..😣 dommage pour une fois que le tir était pas si mal 😅📈📉 #biathlonlife 13eme, demain est un…

Publiée par Emilien Claude sur Samedi 2 février 2019

  • A l’image du groupe Jeune, vous aviez fait le choix de ne pas emmener d’athlètes nés en 1997 ?

Oui, toutes les autres nations (sauf les Norvégiens) ont emmenés des garçons et des filles nés en 1997, (comme le réglement de l’IBU l’autorise depuis cette saison, ndlr) à commencer par les Allemands qui devaient se racheter après des Mondiaux ratés les deux dernières années. Donc là encore, il y a du positif à retenir de cette semaine de compétition pour les Français avec des athlètes plus jeunes capables d’être devant et de ramener des médailles.

 

«Il n’y a pas que les médailles qui comptent»

  • Un mot sur Sophie Chauveau qui, après une entame de saison compliquée, réalise de très beaux championnats ?

Sophie a eu peut-être un peu plus de mal à s’adapter au système fédéral. Nous l’avons retrouvé en décembre sur la Junior Cup de Prémanon. Mais ses résultats des Mondiaux ne nous ont pas surpris. Sur les courses nationales, quand on regarde les résultats analytiques on se rend vite compte que Sophie est la junior française la plus rapide sur les skis. On l’a vu évoluer en tir cet automne, elle a été en progrès. Après, entre la progression et le résultat il y a parfois un petit « gap ». Elle a été sélectionnée de justesse et il y a eu un vrai déclic dans son attitude en arrivant sur les Mondiaux. Ca c’est traduit par ses très belles courses et des médailles.

 

  • Quel bilan général tirez-vous de ces Mondiaux ?

Le bilan global est bon, nous sommes contents. Nous ramenons 6 médailles (2 de chaque métal) ce qui est correct. Au delà des médailles nous sommes attentifs aussi à la manière et à la progression. Il n’y a pas que les médailles qui comptent. Prenons l’exemple de Thomas Briffaz. Il a été surclassé dans la catégorie junior et revient sans médaille mais c’est un garçon qui a fait de très belles courses. Il est encore jeune et il a une très bonne attitude. Sur l’individuel il arrive au dernier tir en position de faire une médaille. C’est un garçon que nous n’avons pas emmené sur les Junior Cup et, pour sa première sortie internationale être capable de jouer devant c’est vraiment très bien. Avec ces jeunes athlètes, c’est très important qu’ils prennent conscience du niveau international. Ce qui compte c’est qu’ils acquièrent de l’expérience.

  • Quel est le programme pour les prochains jours pour eux ? 

D’abord un peu de repos, de la récupération. Ceux de l’équipe de France seront au repos ce week-end et ne participeront pas à la manche du Samse National Tour à Corrençon-en-Vercors. Ensuite on refera un peu de volume pour se re-préparer pour l’étape d’ Arçon. 

 


La France : 2e au tableau des médailles

Avec 6 médailles (2 Or, 2 Argent, 2 Bronze), la France termine deuxième du tableau des médailles derrière la Norvège. En nombre de médailles l’Allemagne fait mieux que les Bleus mais avec un seul titre (relais Jeunes Hommes). La France ramène une médaille de plus que lors de l’édition 2018 d’Otepää.

Parmi les belles surprises la Slovénie (avec notamment Alex Cisar), l’Ukraine de la double championne du monde Ekaterina Bekh, et la Suisse d’Amy Baserga

La Chine confirme sa montée en puissance grâce notamment au titre mondial de Fanqi Meng. Une demi-surprise pour l’Empire du Milieu, de plus en plus présent en IBU Cup. Et qui s’est adjoint les services d’entraîneurs étrangers (et notamment norvégiens) pour préparer leurs Jeux Olympiques de 2022 à Pekin .

A l’inverse, la Russie, habituée à briller en IBU Cup n’a pas été à la fête. Avec deux médailles les Russes établissent un bilan très loin de celui de 2018 où il avaient raflés 6 titres et 11 médailles !

Photo : IBU / Facebook Emilien Claude

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