Biathlon : les cinq enseignements du début de saison masculin

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BIATHLON – En cette fin de mois de décembre, et après quatre semaines de coupe du monde, Nordic Magazine fait un premier bilan de la saison. Commençons avec les cinq enseignements principaux du début d’hiver masculin.

 

1. Johannes Thingnes Boe n’est pas le leader incontesté du biathlon mondial

Avec la retraite de Martin Fourcade, tous les regards, en début de saison, se sont braqués sur Johannes Thingnes Boe, le plus grand rival du Catalan lors de ces dernières années sur le circuit. L’un des plus coriaces, aussi, puisque, à la différence de Simon Schempp, Anton Shipulin ou Emil Hegle Svendsen, il est parvenu à lui chiper le gros globe de cristal lorsqu’il était à son meilleur.

Double vainqueur sortant de la coupe du monde, donc, le Norvégien, papa depuis janvier dernier, faisait figure d’épouvantail à l’entame de l’hiver. Pourtant, après neuf courses individuelles, le biathlète de Stryn n’est pas le leader incontesté du biathlon mondial.

Bien sûr, il mène le classement général grâce à sa régularité mais il n’a levé les bras qu’à une seule reprise, la faute à un tir pas toujours au top (un seul plein, lors de sa victoire sur le premier sprint de Kontiolahti). L’année passée, au même moment de la saison, Johannes Thingnes Boe avait déjà gagné à cinq reprises !

 

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Johannes Thingnes Boe (NOR) – Manzoni/NordicFocus

 

2. Les Français sur courant alternatif en individuel

Les deux premières semaines de compétition ont été compliquées par les bleus de Vincent Vittoz et de Patrick Favre. Dans l’impossibilité de clore sa préparation sur les neiges scandinaves, comme d’accoutumée, l’équipe de France, en stage à Bessans (Savoie), s’est retrouvée en difficulté sur le plan physique lors des premières courses, disputées à une centaine de mètres d’altitude sur le stade finlandais de Kontiolahti (Finlande).

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Petit à petit, les Français ont rattrapé leur retard jusqu’à signer un festival lors de la première semaine d’Hochfilzen (Autriche)… en altitude ! Deux doublés sur le podium dont l’éclatante victoire à 20/20 de Quentin Fillon-Maillet lors de la première poursuite tyrolienne. Emilien Jacquelin et Fabien Claude, avec deux podiums chacun, ont également été les artisans de ce retour réussi des bleus au premier plan.

 

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Quentin Fillon Maillet (FRA) – Manzoni/NordicFocus

 

3. Le seul multiple vainqueur est… Sturla Holm Lægreid !

Au premier plan, justement, on a souvent, très souvent, retrouvé des Norvégiens. Outre Johannes Thingnes Boe, donc, on a vu Johannes Dale, vainqueur de sa première coupe du monde à Hochfilzen (Autriche), mais aussi, et surtout, Sturla Holm Lægreid.

Cet étudiant en ingénierie, qui avait découvert l’élite du biathlon dans le huis clos de la fin de saison dernière, a réalisé un premier bloc de pure folie. Vainqueur de l’individuel d’ouverture, il a même eu le plaisir de porter le dossard jaune une journée… avant que le plus jeune des frères Boe ne le reprenne le lendemain.

Ensuite, alors que l’on pouvait penser à une décompression, le biathlète de Bærum a réalisé un incroyable doublé sprint/poursuite en Autriche pour devenir le seul homme multiple vainqueur en coupe du monde cette saison. Qui aurait misé un kopeck sur Lægreid en début d’hiver ?

 

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Sturla Holm Laegreid (NOR) – Manzoni/NordicFocus

 

4. Le relais français, champion du monde, plombé par un de ses mousquetaires

Depuis son titre mondial brillamment décroché dans la furia des Mondiaux d’Antholz (Italie), l’équipe de France masculine n’y arrive plus en relais. Quinzième à Nove Mesto (République Tchèque) à la fin du dernier exercice, le collectif a cette fois terminé huitième à Kontiolahti (Finlande) puis sixième à Hochfilzen (Autriche). Pas de quoi pavoiser.

Pourtant, sur le papier, la France possède l’un des meilleurs effectifs de la planète, à même de rivaliser avec la Norvège, l’Allemagne ou encore la Suède. Mais, comme avant la démonstration d’Antholz, il y a toujours un grain de sable. Cette saison, il se nomme Emilien Jacquelin, ou plutôt le-tir-debout-d-Emilien-Jacquelin. Un monstre emportant les espoirs français dans l’exercice collectif.

Que ce soit en Finlande ou en Autriche, le Dauphinois est allé tourner sur l’anneau de pénalité : trois fois en Scandinavie, deux fois dans le Tyrol. Dès lors, la suite du relais était perdu. Il faudra régler cela pour la suite et Emilien Jacquelin, qui annonce vouloir changer son état d’esprit sur ce format pour ne plomber ses copains, le sait plus que personne d’autre.

 

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Emilien Jacquelin (FRA) – Manzoni/NordicFocus

 

5. Gérer le manque de Martin Fourcade

Même absent, il est encore là. Comment faire sans Martin Fourcade ?Roi absolu du circuit pendant une petite dizaine d’années, le Catalan a pris sa retraite en mars dernier, dans un monde du biathlon sous bulle à cause de la pandémie naissante du coronavirus. Pourtant, c’est comme si le champion français, plus grand biathlète de l’Histoire, était toujours présent.

Martin Fourcade, qui a un temps manqué à Emilien Jacquelin, n’est plus là pour pousser les autres à leur meilleur. Ce que Johannes Thingnes Boe à avoué à Hochfilzen (Autriche) : il est orphelin du quintuple champion olympique. « Il me manque. Sa présence me motivait, me forçait à être meilleur, avant et pendant la course, expliquait-il à nos confrères de L’Équipe. Il était à un tel niveau que vous deviez aller encore plus loin dans vos retranchements pour réussir. »

Martin Fourcade manque à tout le monde, mais personne n’est irremplaçable et, au fil des courses, d’autres biathlètes prendront les devants sportivement et médiatiquement comme il le faisait. Bien qu’il n’y ait qu’un seul Martin Fourcade. Éternel.

 

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Martin Fourcade (FRA), Johannes Thingnes Boe (NOR) – Manzoni/NordicFocus

 

Photos : Nordic Focus.

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