Biathlon | Martin Fourcade : «Je sens que je suis au niveau sur les skis»

BIATHLON – Antonin Guigonnat signe la plus belle performance de sa carrière en coupe du monde de biathlon en prenant la 2e place du sprint de Pokljuka derrière un impressionnant Johannes Boe. 24e place et incompréhension pour Martin Fourcade.

BIATHLONMartin Fourcade a réalisé, lors de la poursuite d’Oberhof, sa meilleure course de l’hiver sur les skis. Il nous confie sa joie de retrouver la forme. Le septuple vainqueur du gros globe de la vainqueur du classement général revient également sur son dernier tir, manqué.

 

  • Vous avez eu du plaisir aujourd’hui sur les skis ?

Oui, du plaisir sur les skis et le sentiment de pouvoir jouer à mon niveau. C’était intéressant. J’aurais aimer concrétiser ça avec un meilleur résultat, mais quoi qu’il en soit, c’est la première fois cette saison où je sens que je suis au niveau sur les skis. C’est agréable.

 

  • Que s’est-il passé sur le dernier tir ?

J’étais à peine trop offensif. J’avais fait une course à l’attaque et, là, je ne suis pas assez resté dans mes marques. Il y a du négatif aujourd’hui, notamment sur ce tir.

 

  • Entre le sprint et la poursuite, ça permet de vous rassurer en termes de sensations par rapport au mois de décembre ?

Le sprint était pas incroyable. Pour la poursuite, c’est une jolie course sur les skis avec des conditions qui n’étaient pas faciles : vent tourbillonnant, neige lente. C’était une course de costauds sur les skis, je suis content d’en avoir fait partie. Il y a pas mal de positif sur cette course, comme le fait d’avoir jouer avec Johannes Boe tout le long de la course.

 

BIATHLON - Martin Fourcade a signé sa deuxième victoire de la saison en remportant la poursuite à Hochfilzen, grâce à un 20/20… et un Johannes Boe qui a ouvert la porte en manquant quatre fois la cible.

Martin Fourcade (FRA) – Manzoni/NordicFocus

 

  • C’était la première fois que vous vous retrouviez en duel avec Johannes Boe sur un dernier tir. Y avait-il la notion de jeu pour vous qui aimez toujours bien jouer ?

Non, pas forcément. J’ai senti l’excitation sur la piste parce qu’il y avait énormément d’encouragements pour nous deux. Le public attendait cette confrontation depuis le début de saison. Me retrouver tout seul à tirer alors que je m’attendais à une bataille, ça m’a un peu sorti de mes marques. Mais voilà ça arrive parfois dans un sens, parfois dans un autre. Aujourd’hui, ça a tourné en sa faveur.

 

  • Le duel, vous l’avez plusieurs fois connu, mais à chaque fois vous aviez le dossard jaune. Là, c’était l’inverse. Est-ce que ça changeait quelque chose dans la manière de l’appréhender ?

Non, pour moi aujourd’hui, il n’y avait pas de favori. On était tous les deux sur le tapis, à égalité. Celui qui ferait le meilleur tir sortirait vainqueur. Moi je n’ai pas fait un bon tir, mais lui n’en n’a pas fait un bon non plus. Voilà, ça suffit pour gagner parce que j’ai vraiment ouvert la porte. Je me battais pour la victoire, il n’y a pas eu d’impact mental de me battre avec Johannes.

 

  • Il y a une très belle performance d’ensemble de l’équipe de France aujourd’hui. Vous allez participer au relais demain. C’est un réel plaisir ?

Oui, c’est un plaisir de faire partie de l’équipe. Les conditions seront compliquées demain, comme souvent à Oberhof. J’espère que ce sera une course de biathlon qui ne se jouera pas à la loterie, ce serait dommage pour l’équipe. Après, moi, le relais sur lequel je suis focalisé, c’est celui des championnats du monde. C’est sur ce relais-là qu’il faudra être fort. Les autres, ce sont des entraînements pour arriver là-bas en forme.

 

BIATHLON - Vainqueur de l'individuel de Pokljuka, Martin Fourcade a ensuite enchaîné deux contre-performances sur le sprint puis la poursuite qu'il n'a pas terminée. Il fait le point sur sa situation physique.

Martin Fourcade (FRA) – Manzoni/NordicFocus

 

  • Vous avez été en face-à-face au troisième tir avec Alexander Loginov. Est-ce un plaisir de le faire craquer ?

Non, du tout. Je me focalise beaucoup moins que ce que l’on peut penser sur Loginov. Hier, il a fait une démonstration, c’était pas possible pour moi de le battre. Je ne pense pas trop à lui pendant les courses et je fais comme s’il n’était pas là.

 

  • Est-ce que c’est la notion de plaisir qui va être mise en avant sur les prochaines étapes ?

C’est ce qu’il m’a manqué sur le début de saison. Quand les résultats ne sont pas au rendez-vous, c’est dur d’y aller avec de l’envie et du plaisir. C’est une sorte de cercle vicieux, je pense. C’est pas le manque de résultats qui a créé le manque de plaisir, c’est plus l’inverse. J’avais besoin pour commencer cette second partie de saison dans une meilleure dynamique, de retrouver des sensations sur le ski, les sensations que j’ai eues pendant sept ans et qui m’ont cruellement manquées au début de saison. Il y a l’humilité de prendre les choses une à une.

 

 

  • L’objectif principal de la saison, ce sont les Mondiaux d’Östersund ?

Oui, je parlai d’humilité tout à l’heure. L’humilité, c’est de se rendre compte que pour le général, c’est pas moi qui décide : bien sûr que je peux encore le gagner, mais avec les désillusions du mois de décembre, c’est Johannes qui décidera, en partie, de qui gagnera le général. Avec cette dynamique là, le principal c’est justement d’être le plus performant possible sur l’autre événement de la saison. Par le passé, je sais que mes adversaires ont souvent revu leurs objectifs initiaux pour arriver à dominer l’autre enjeu important de l’hiver.

 

Photo : Nordic Focus Photo Agency

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