Biathlon | Quentin Fillon-Maillet : « Je ne m’entraîne que pour la gagne »

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BIATHLONAprès avoir évoqué le confinement, sa préparation et la saison à venir, Quentin Fillon-Maillet ne cache pas ses ambitions et poursuit sa quête de gros globe de cristal, sans oublier les championnats du monde. Son nouvel axe de travail, en plus du tir : un mental qu’il ne cesse de questionner. Partie 2/2.

 

Biathlon : Quentin Fillon-Maillet la tête et les jambes

Quentin Fillon-Maillet vient d’enchaîner deux saisons à tutoyer les sommets du biathlon mondial. À 28 ans, le Jurassien veut voir plus loin et a des rêves de champion. Soulever le gros globe de cristal, mais aussi glaner son premier titre aux championnats du monde en individuel font partie de ses objectifs prioritaires.

Et pour atteindre ce graal, le nouveau “leader” sportif de l’équipe de France de biathlon se donne les moyens avec le travail mental en figure de proue.

Il évoque aussi, pour Nordic Magazine, le fonctionnement de l’équipe de France post-Martin Fourcade, et sa nouvelle vie d’« Athlète 2.0 ». Entretien.

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  • Chaque saison vous visez encore et toujours plus haut. Pour l’hiver qui arrive, le gros globe semble vous tendre les bras comme objectif principal ?

Évidemment mon objectif est de me bagarrer pour le gros globe de cristal. C’est quelque chose que j’ai très envie de faire. Et c’est pareil pour les championnats du monde. Si j’échoue, ce sera une grande déception. Je suis dans l’optique de partir pour gagner et rester plus régulièrement sur la première place du podium. Ça passera évidemment par des victoires en coupe du monde.

 

  • Vous l’avez dit, cet hiver encore, des championnats du monde auront lieu [à Pokljuka, NDLR.]. On se doute évidemment que, cette fois-ci, vous souhaiterez conquérir l’or en individuel ?

Je m’entraîne pour la gagne, que pour la gagne.  Pour les championnats du monde, il faut être là le jour-J, autant bon sur les skis qu’au tir, ça fait beaucoup de paramètres. Et puis, il y a le fartage aussi. On a eu un souci l’année dernière, mais l’équipe travaille bien dans ce sens. Je veux aller chercher la victoire sur chaque course, y compris sur les mondiaux.

 

« Le mental a une grande importance dans le sport de haut-niveau. On ne le souligne pas assez. »

 

  • Quelle importance accordez-vous au travail mental, chose sur laquelle vous semblez beaucoup travailler ?

Beaucoup de choses passent par le mental. Je le travaille derrière la carabine car, aujourd’hui, c’est un peu mon point faible. Sur l’entrainement de tir, cela consiste en l’acceptation des erreurs, et aussi en étant un peu plus présent. Il y a aussi une approche mentale en dehors du sport. Quand je réfléchis à des compétitions, j’essaie de me remémorer les sensations que j’ai pu avoir sur des victoires ou des courses où ça s’est très bien passé.

 

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Le mental a une grande importance dans le sport de haut-niveau. Et ça, on ne le souligne pas assez. J’ai travaillé avec un préparateur mental qui m’a apporté certaines connaissances. J’en parle aussi avec mes coachs Patrick [Favre] et Vincent [Vittoz], et j’essaie de prendre des infos un peu partout. Je regarde beaucoup de reportages sportifs, ainsi que des interviews, notamment d’athlètes qui ont un charisme très fort et qui réussissent à remporter chaque course. Il y a un esprit sportif et le talent, évidemment. Par exemple, le dernier que j’ai regardé est celui sur Teddy Riner.

Bon, je ne suis pas Teddy Riner (rires), mais c’est très intéressant de voir comment il se remet en questions, et essaie de s’améliorer malgré qu’il ait été invaincu quasiment toute sa carrière.

 

  • Ce mental pourrait jouer un rôle majeur sur une saison pour le moins atypique. D’ailleurs, que pensez-vous des décisions de l’IBU de réaliser deux semaines de compétition sur le même site ?

La grande différence sera que les pistes ne vont pas changer d’une semaine à l’autre. Ça va faire évoluer le fait qu’on va rester sur le même site, certains qu’on préfère et d’autres qu’on aime mieux. Je ne suis pas hyper fan du choix des sites car ce ne sont pas des pistes qui me conviennent et qui m’ont réussi par le passé. Les deux premiers [Kontiolahti et Hochfilzen, NDLR.] ne sont pas ceux que j’affectionne le plus mais j’ai fait une bonne préparation, alors je n’ai pas d’excuses.

Concernant celles de janvier, et notamment les deux semaines à Oberhof, il y a une grande partie des athlètes pour qui ce n’est pas le site préféré. On passera deux semaines là-bas, dans des conditions particulières avoir du brouillard, du vent, pas beaucoup de neige. J’espère qu’on aura au moins une semaine de beau (sourire).

 

Le niveau de l’équipe est bon, voire très bon. Il y a une très bonne ambiance dans l’équipe. On part chaque saison d’un niveau plus haut. En ce moment, on peut seulement se comparer entre nous. Mais je suis content de ma préparation, les autres aussi, donc normalement on va sur une bonne saison.

 

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On ne part pas dans l’inconnu sans Martin [Fourcade]. La question de “Comment allons-nous faire ?” ne s’est pas posée, tout s’est fait naturellement. Tout le monde a trouvé sa place et on sait fonctionner sans lui. Chacun des gars a des objectifs assez haut voire très haut. On n’a donc pas peur de rallonger un peu les séances et d’en rajouter de temps en temps. C’est ça la force du collectif France.

 

« Le biathlon, aujourd’hui, c’est toute ma vie. C’est difficile de le dissocier de ma vie. »

 

  • Avec le départ de Martin Fourcade, une sixième place s’est libérée et a été décrochée par Martin Perrillat-Bottonnet. Que pouvez-vous nous dire sur les capacités et la personnalité du jeune Savoyard ?

Martin a montré de belles choses. J’ai été agréablement surpris par ses capacités. Il a souvent été devant avec le groupe de tête sur les entraînements. En revanche, il a un peu payé ses efforts sur le début d’automne [il n’a pu courir ni à La Féclaz, ni à Arçon, NDLR.]. Ça s’explique aussi car il a fait plus d’entraînements que l’année dernière.

Sinon il a amené une bonne ambiance et participe à la bonne atmosphère au sein de l’équipe. Je ne le connaissais que par l’intermédiaire des stages en groupe B. J’espère qu’il va savoir récupérer maintenant. Il devrait pouvoir faire de belles choses cet hiver. Mais il y a aussi des jeunes qui ont fait de belles choses récemment et ça fait plaisir de voir ça. Je suis pour que les jeunes nous poussent.

 

  • Vous avez il y a quelques mois lancé votre web-série pour vos fans. En plus des réseaux sociaux, et de vos relations médias, vous devenez un athlète plus complet, tant sur la piste qu’en dehors.

Le public voit essentiellement ce qui se passe sur les courses et les réseaux sociaux. Mais ça ne constitue pas une vie de sportif. Je voulais en montrer un peu plus que tout ça. J’aurais bien voulu en montrer encore plus, mais avec la situation actuelle il y a des choses qu’on n’a pas pu tourner. Cette web-série est aussi une réponse à des demandes de pas mal de fans.

 

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Les personnes qui me suivent veulent savoir qui sont les personnes que je côtoie, qui m’a permis d’arriver jusqu’ici, etc. Et puis il y a ce qu’il se passe sur l’hiver aussi. Il y a une démarche complète, mentale et physique. Le biathlon aujourd’hui c’est toute ma vie, c’est difficile de le dissocier de ma vie privée.

Et puis, ça permet aussi de faire parler de moi. Je ne recherche pas la notoriété, mais aujourd’hui être sportif c’est pas seulement mettre un dossard. On nous suit, on veut savoir où on en est. Je fais le choix de me diversifier, via les médias, mais aussi ma web-série. Je deviens un sportif 2.0.

 

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Photos : Yves Perret/www.ypmedias.com.

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