Biathlon | Siegfried Mazet : « Johannes Boe n’est plus un tireur fou »

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BIATHLON – Siegfried Mazet, l’entraîneur de tir de l’équipe norvégienne masculine de biathlon, a accordé une longue interview à Nordic Magazine. Premier épisode : le bilan de l’hiver passé et son confinement, qu’il vit en France, loin de ses athlètes.

 

Le rendez-vous téléphonique était fixé lundi 20 avril dans l’après-midi. Les réponses du coach de tir sont carrées, maîtrisées et complètes. Il revient, depuis son domicile situé à Allex (Drôme), sur la saison qui s’est achevée il y a quelques semaines, notamment le tir de Johannes Thingnes Boe. Mais, pour débuter, Siegfried Mazet raconte son confinement et le programme des prochaines semaines.

 

  • Comment restez-vous en contact avec vos athlètes pendant le confinement ?

Pour l’instant, nous faisons des conférences Skype avec les athlètes. Ils ont d’ailleurs continué à s’entraîner en Norvège dans de bonnes conditions de neige jusqu’à la fin du mois de mars. Seule Oslo, la capitale, avait des conditions de confinement plus strictes. Ce mois d’avril, on est dans une période de repos et ils vont reprendre l’entraînement d’ici une dizaine de jours.

 

  • Quand pensez-vous pouvoir retourner en Norvège auprès de vos athlètes ?

Notre premier stage est prévu à la fin du mois de mai. Pour l’instant, je ne sais pas si je vais pouvoir remonter en Norvège… J’attends l’annonce des nouvelles restrictions du gouvernement norvégien et français. Le tout pour pouvoir m’organiser au mieux. Peut-être que je devrais rester plus longtemps là-haut, je ne sais pas… En tout cas, on s’organisera. Mon collègue Egil [Christiansen, le coach de la partie ski de fond, ndlr.] est sur place. Si je rate le premier stage, j’espère pouvoir me rendre sans problème au mois de juin en Norvège.

 

Siegfried Mazet, biathlon

Siegfried Mazet (FRA), Erlend Bjoentegaard (NOR) – Manzoni/NordicFocus

 

  • Cet hiver, Johannes Thingnes Boe a trouvé une belle régularité au tir : pouvez-vous nous en expliquer la raison ?

Il n’a rien changé par rapport à l’hiver passé, mais il a continué à bosser dans le sens où l’on travaille depuis quatre ans. Je dirais qu’il n’y a pas eu de changement, c’est plutôt dans la philosophie de ce qu’il veut être comme biathlète que ça s’est modifié. Bien sûr, on a ajusté deux-trois points techniques qui nous permettent d’être plus stables. On sait qu’ils ne sont plus sources d’erreurs possibles. Maintenant, quand il rate une balle, c’est de son propre chef, ce n’est pas lié à un problème technique. On s’est affranchis de cela. On a ensuite répété, un peu à l’image de Martin [Fourcade, ndlr.], pour faire face à toutes les situations en temps réel. S’il veut jouer le général de la coupe du monde, il doit être le plus régulier possible. C’est ce qu’il avait beaucoup de mal à faire. Il était très stéréotypé. Aujourd’hui, il n’est plus un tireur fou, mais il est capable de s’adapter à la situation donnée et de faire des choix en temps réel.

 

« Il n’a manqué qu’une victoire d’un autre biathlète que Johannes… »

 

  • Sur la saison complète, et au-delà du gros globe remporté par Johannes Thingnes Boe, quel bilan faites-vous ?

C’était un très bon hiver avec beaucoup de places dans le top 10. Après il n’a manqué une victoire venue d’un autre biathlète que Johannes. J’aurais vraiment aimé qu’un autre, notamment le jeune Johannes Dale, le fasse. J’aurais voulu que ses progrès de l’hiver se concrétisent par cela. Ensuite, Tarjei [Boe] et Vetle [Sjaastad Christiansen] ont été sur les podiums. Erlend Bjoerntegaard a été régulier entre la cinquième et la dixième place. C’était un très bel hiver, mais il faut se battre pour aller chercher les quelques balles qu’ils peuvent encore rater pour monter plus régulièrement sur le podium.

 

Siegfried Mazet (FRA) – Manzoni/NordicFocus

 

  • Vous parliez à l’instant de Johannes Dale : est-il, pour vous, à presque 23 ans, l’avenir du biathlon norvégien ?

C’est difficile à dire… Il a le potentiel physique pour. Après, des gars comme Tarjei, Johannes ou Martin sont des gens qui avaient signé leur premier podium en coupe du monde à 22 ans. Pour l’instant, il est dans cet âge un peu charnière où il est encore un peu jeune et avec un déficit d’expérience. Il est très prometteur, mais ce qui va se passer lui appartient.

 

« Sturla est fascinant »

 

Ce qu’il a fait est exceptionnel. Souvent, un athlète performe une fois en quatre courses. Lui, il a fait quatre sur quatre. Aleksander Fjeld Andersen était pressenti pour entrer dans l’équipe et on avait décidé d’écarter Birkeland, battu par plus jeune et moins régulier. Mais Surla a rempli toutes les cases en fin d’hiver.

 

  • D’autant qu’il n’a raté qu’une seule balle sur soixante…

Il a eu un parcours atypique parce qu’il a peu de courses internationales au compteur. Il a fait les Mondiaux juniors il y a deux ans, il a eu une mononucléose l’hiver dernier et, cette année, il est arrivé sur la pointe des pieds. Pas sélectionné sur les premières IBU Cup, il vient en remplacement d’un gars malade et gagne. Il va ensuite aux championnats d’Europe où il performe. Finalement, en trois courses, il se retrouve en coupe du monde. Il a juste fait les bonnes choses au bon moment. C’est quelqu’un de très brillant qui écoute ce qu’on lui dit.

 

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Sturla Holm Laegreid (NOR) – Manzoni/NordicFocus

 

  • Il nous disait notamment qu’il avait beaucoup appris de vous…

S’il est comme il a été en stage, je prends quelqu’un qui ne va pas me demander beaucoup d’énergie. C’est un biathlète déjà formé avec de bonnes aptitudes. Au niveau du tir, il s’est déjà posé beaucoup de questions. Il a beaucoup tiré pendant sa mononucléose et a donc déjà parcouru son chemin de croix. J’ai adoré les questions qu’il m’a posé, c’était fascinant. Ensuite, il n’a fait que confirmer. Il me fait confiance parce qu’au niveau coupe du monde, il était vierge de tout.

 

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Photos : Nordic Focus.

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