Biathlon : Simon Desthieux revient sur son incroyable saison

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BIATHLON – Champion olympique de relais mixte, auteur de son premier podium en coupe du monde, 8e mondial, Simon Desthieux réalise une incroyable saison. Le biathlète d’Hauteville se confie.

 

Après une saison pleine marquée par un titre olympique et un premier podium décroché en coupe du monde de biathlon, Simon Desthieux a pris quelques jours pour souffler… Il revient pour Nordic Magazine sur un hiver riche en émotions.

 

  • Simon Desthieux, si on vous demande de résumer votre saison en trois mots ?

Régularité car tout le temps dans les points, souvent à pas grand chose du podium. Jeux olympiques avec de bons moments en Corée du Sud. Podium : mon premier décroché sur la coupe du monde en fin de saison.

BIATHLON - Au moment de commenter son incroyable septième victoire au classement général de la coupe du monde, Martin Fourcade a surtout évoqué une grande « fierté ».

Fredrik Lindstroem (SWE), Simon Desthieux (FRA) et Martin Fourcade (FRA) à Tyumen (RUS). © Tumashov/NordicFocus.

 

  • Il vous aura fallu attendre le dernier sprint de l’hiver pour enfin monter sur votre premier podium en coupe du monde, deuxième derrière Martin Fourcade ! Quelles émotions avez-vous ressenti ce jour là, à Tyumen ?

En fait, sur le coup, je n’ai pas eu forcément l’impression de faire une très belle course. Les sensations étaient correctes en ski mais pas franchement la folie… J’imaginais une 4e ou 5e place. J’ai eu du mal à y croire jusqu’au dernier coureur.

J’ai pris le moment comme il est venu, un bon moment qui plus est avec Martin. Je suis tellement souvent passé tout près que j’avais l’impression d’avoir déjà fait un podium ! Le moment où ça arrive, le podium ne change pas une vie mais apporte de la satisfaction.

 

  • Ce podium est surtout venu récompenser une saison d’une impressionnante régularité avec 16 courses dans le Top 15 ! Heureux d’avoir maintenu ce très haut niveau de performance durant tout l’hiver ?

Oui vraiment. Etre aussi régulier sur toute une saison, notamment en biathlon, trouver tous les jours de nouveaux objectifs, de continuer le travail, même après les Jeux, est une grande satisfaction pour moi. J’ai pu rester concentré toute la fin de saison, même après l’or du relais mixte. Revenir avec une médaille des Jeux, c’est sensationnel et c’est ce pourquoi je suis allé en Corée. Ne pas avoir fait de podium individuel m’a permis de rester focus sur le mois de mars. J’étais déçu de mon sprint d’Oslo et à Tuymen, pour le dernier sprint et malgré la fatigue, ça s’est bien passé.

 

“Je peux aller chercher encore mieux à l’avenir”

 

  • Simon Desthieux, vos résultats vous ouvrent aussi la porte du Top 10 mondial, 8e, à l’issue d’une saison pleine où vous avez autant brillé sur les skis que derrière la carabine. Votre saison la plus aboutie en carrière ?

Pas la plus aboutie car je sens que je peux aller chercher encore mieux à l’avenir, notamment sur le tir pour progresser. En termes de forme physique, ça m’a rassuré et fait plaisir d’être bien durant tout l’hiver alors que souvent, je connaissais des coups de mou durant une saison.

Si Martin est si fort, c’est que physiquement, il dure tout l’hiver et qu’en plus, il tire très bien.

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Martin Fourcade (FRA), Simon Desthieux (FRA), Anais Bescond (FRA), Marie Dorin Habert (FRA) à Pyeongchang (KOR). © Thibaut/NordicFocus.

 

  • La cerise sur le gâteau fut bien sûr cette médaille d’or olympique décrochée sur le relais mixte avec Anaïs Bescond, Marie Dorin-Habert et Martin Fourcade. Etes-vous redescendu de votre nuage depuis cette fabuleuse victoire ?

Le nuage, j’en suis vite redescendu avec le relais hommes (voir plus bas)… Mais la journée qui a suivi le relais mixte, on est resté tous les quatre ensemble, dans la même dynamique, avec le même plaisir lors de la cérémonie des médailles même si les filles enchaînaient le lendemain.

C’était très chouette de travailler cet esprit d’équipe, même si le relais mixte est la course de toute l’équipe de France : elle montre le niveau collectif de la nation. Partager cette médaille était bien sûr un bon moment. Et il faut savoir en profiter au moment T.

 

“L’accueil a Hauteville m’a presque autant ému que la médaille d’or”

 

  • Quels souvenirs en garderez-vous ?

Quand Martin Fourcade touche la dernière cible, on sait que c’est gagné et toute l’équipe le sait et le vit de façon intense. A ce moment là, le suspens est énorme et l’émotion d’autant plus forte : notre joie se concrétise une fois que Martin passe la ligne.

 

  • Dans la foulée de l’euphorie, il y a eu cette désillusion avec le relais hommes… Comment l’avez-vous vécue ?

Un moment difficile. Mais il s’est passé tellement de choses après le relais mixte, une fois qu’on a goûté à ça, c’est pas simple de le revivre. J’étais dans un jour sans malgré une approche très soignée. Ça a été dur à digérer juste derrière la médaille d’or.

Martin savait que c’était une journée compliquée avec le vent, sur une fin de Jeux, les gars étaient déçus. C’est comme ça, ça arrive souvent en biathlon… Les courses se ressemblent et trouver de la régularité demande une remise en question constante.

 

  • Un mot également sur l’accueil triomphal que vous a réservé le plateau d’Hauteville à votre retour. Là aussi un grand moment partagé avec les enfants du plateau, vos anciens entraîneurs, vos partenaires ?

Très surpris de voir autant de monde. J’ai été presque autant ému à ce moment là qu’à l’arrivée du relais mixte, tellement c’était sympa de partager ce moment avec tous les gens qui ont été derrière mois durant les Jeux et la saison. Ça fait des bons souvenirs.

BIATHLON - Quel feux d’artifice tricolore sur le sprint de la coupe du monde de Tyumen : Martin Fourcade, vainqueur, s’empare de son 7e globe alors que Simon Desthieux monte sur son premier podium.

Simon Desthieux (FRA) à Tyumen (RUS) © Tumashov/NordicFocus.

C’est aussi grâce à ce genre de cérémonie qu’on mesure l’importance des Jeux, alors que sur place, on est dans notre bulle, dans notre monde… Aux Jeux, l’ambiance est différente de la coupe du monde : il y a moins de monde, moins d’ambiance sur les pas de tir, en tribunes. C’est par exemple lors de la cérémonie à Grenoble que j’ai réalisé la portée de ce qu’on avait réalisé en Corée du Sud. Marie Dorin-Habert, par exemple, a dit 50 fois aux journalistes : « Dites moi que je suis championne olympique, dites le moi ! ».

 

  • Au final, après cette saison pleine, quelles pistes de travail dégagez-vous pour la prochaine saison de coupe du monde ?

Je ne suis pas encore là ! J’ai des petits avis sur ce que je peux améliorer mais j’ai aussi envie de le partager avec le futur coach de l’équipe. J’attends de voir comme ça va se passer avec le nouvel encadrement. Ça a été une saison tellement dense que j’étais content qu’elle se termine pour décompresser.

La suite, aujourd’hui, je ne m’y projette pas encore. Juste après les Jeux, on a enchaîné sur les coupes du monde, puis les championnats de France et les journées de sollicitations diverses. Du coup, on n’a pas eu le temps de se poser depuis la fin des Jeux ! Mais c’est aussi le moment d’en profiter car le haut-niveau est éphémère.

 

Photo : NordicFocus

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