Christian Frossard : ce qui change cet hiver

Christian Frossard, comme responsable du développement du ski de fond à la Fédération française de ski, a en charge le Marathon ski tour et aussi le Samse national tour, c’est-à-dire la coupe de France. Alors que la neige vient de recouvrir les massifs, Nordic Magazine lui a demandé quelles conséquences un hiver tardif avait sur ces circuits nationaux.

 

 

L’annulation de grandes épreuves comme le Marathon international de Bessans ou encore La Foulée blanche est un coup dur pour le circuit national des courses populaires.

Annuler quand on met tout en œuvre pour maintenir une épreuve, c’est très décevant pour tout le monde, quel que soit la notoriété de la compétition. Certes, se priver de deux grandes épreuves nationales est bien dommage. D’autant plus que ce sont des épreuves d’un niveau très relevé où les têtes d’affiches répondent toujours présent.

 

Concrètement, quels changements avez-vous décidé de mettre en place pour tenir compte du nouveau calendrier ?

Nous avions 12 étapes cette année, c’est sans doute un peu trop. Le fait que 3 soit annulées ramène ce nombre au niveau du Marathon Ski Tour de 2013. Nous avons cependant adapté le règlement qui stipule que pour qu’une course soit prise en compte elle doit couvrir au minimum 40 km. Compte tenu de cette saison très exceptionnelle, nous acceptons d’étudier les propositions de parcours moins longs faute d’un enneigement suffisant.

 

Qu’est-ce que cela peut signifier pour le classement ? Doit-on s’attendre à une compétition plus serrée ?

Il y aura forcément plus de coureurs sur un nombre de courses moindre. Il y a des chances que chaque étape soit sportivement plus difficile. De toutes façons l’incertitude demeure jusqu’au bout puisqu’il faut attendre la dernière étape pour ne retenir que les trois meilleures pour le classement final.

 

Les hivers sans neige ont en a connu.

 

L’Envolée nordique se court à deux. Comment allez-vous intégrer ce résultat ?

Il a fallu modifier le logiciel de gestion du Marathon Ski Tour qui est fait pour un traitement individuel des performances. Ainsi dans cette étape par équipe de deux, les deux coureurs manqueront le nombre de points correspondant à leur place. Pour les équipes mixtes chacun marquera le nombre de points correspondant à sa place dans la course masculine pour les Hommes et dans la course féminine pour les Dames.

 

Le manque de neige a aussi fortement perturbé les sélections pour les rendez-vous internationaux. Vous avez été contraint de réagir très vite pour organiser en quelques jours des épreuves.

Les résultats de début de saison est évidemment essentiel pour que chaque athlète montre son niveau en vue des sélections internationales. Sans compétition la première quinzaine de décembre, les entraîneurs nationaux ont fait confiance aux coureurs des effectifs des groupes nationaux. Ensuite avec quelques compétitions nationales et des chronos spécifiques organisés par la FFS 18 et 19 décembre à Bessans, chacun a eu sa chance. Pour les grands rendez-vous internationaux ce sont les résultats en coupe du monde ou en coupe OPA (Organisation des Pays Alpins) qui servent de références.

 

Que pouvez-vous conseiller aux athlètes pour rentrer enfin dans le cycle des compétitions ?

En compétition de longues distances, il faut veiller à la gestion de l’effort. Le manque de neige s’est souvent traduit par une baisse des heures de ski. Si l’entraînement est réduit, il faut donc aborder les premières compétitions avec prudence et vérifier son état de forme avant de partir sur les mêmes vitesses de déplacement que l’an dernier.

 

Avez-vous déjà connu un tel hiver ?

Les hivers sans neige ont en a connu : 1988-1989 et 2006-2007. Si on cherche bien il y a eu aussi 1963 -1964. Seulement aujourd’hui la pression économique est telle qu’il devient impératif que la saison commence à l’heure dite. La neige de culture apparaissait comme la parade ultime en cas de problème. Ce début de saison il n’y a eu ni précipitations, ni froid, si bien que tout le monde du ski s’est trouvé pris dépourvu. La parade qui tend à se développer est le stockage de neige.

 

 

Photo : Nils Louna

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