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Christophe Deloche : pourquoi je ne vais plus entraîner l’équipe de France

Entré dans le groupe France en 1999, comme coach du groupe B et des sprinteurs, Christophe Deloche est devenu successivement entraîneur, chef d’équipe Coupe du Monde puis, en 2011, chef de l’Equipe de France de Ski de fond. A l’issue d’une saison 2013/2014 marquée par la médaille de bronze Olympique du relais tricolore, il a choisi de quitter le groupe national. Il explique pourquoi.

 

Les meilleurs souvenirs de votre carrière ?
Ce sont forcément les médailles olympiques de Roddy Darragon à Turin et puis celle de Sochi avec le relais, parce que les Jeux sont tellement importants, tellement médiatisés mais aussi tellement regardés par le grand public. Les Jeux, c’est une autre dimension. Donc ce sont mes meilleurs souvenirs. Après, il y a tous les moments passés en stage, en compétition, à la fois avec des athlètes mais aussi les personnes du staff, ce sont plein de petits moments.

 

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Les Français à Sochi après la médaille de bronze du relais masculin.

Les Français à Sochi après la médaille de bronze du relais masculin.

 

Est il vrai que vous allez faire monter en pendentif la douille utilisée le 16 février par le starter du relais olympique ?
(Rires) Oui ! C’est Pierre Gay-Perret, ancien entraîneur des équipes de France de ski de fond, qui l’a récupérée après la course et qui me l’a donnée. Je ne l’ai pas encore montée en pendentif, c’est en cours, mais je l’ai gardée.

 

C’est ma volonté de partir.

 

Pourquoi décidez vous de partir aujourd’hui ?
C’est ma volonté de partir. D’une part parce que ce sont des métiers usants, avec énormément de déplacements, ce qui en termes de vie de famille, n’est pas toujours facile. Et d’autre part, je sens que personnellement j’ai besoin de faire autre chose. Vis-à-vis de l’équipe, c’est important aussi, nous sommes sur des métiers où il ne faut pas vouloir rester trop longtemps. La personne qui arrivera amènera une autre dynamique, d’autres idées et c’est très bien comme ça. A mon avis, on attend trop souvent d’être en fin de course pour changer, c’est pour ça que je souhaite partir maintenant.

 

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Deloche

Christophe Deloche, avec Maurice Manificat à Toblach.

Christophe Deloche, avec Maurice Manificat et les membres de l’équipe de l’équipe de France à Toblach.

 

En 15 ans d’encadrement des équipes de France, quelles sont pour vous les principales évolutions de la discipline ?
Pour le haut niveau, l’évolution s’est vraiment concentrée sur le haut du corps. A l’époque, nous avions beaucoup moins de mass start et beaucoup moins de sprints. Maintenant, sur tous les grands événements, nous avons des duels ou des arrivées groupées, il faut donc être finisseur, très costaud du haut du corps. Nous le voyons même maintenant, les jeunes sur le sprint sont mieux formés, mieux préparés que les gens de 35 ans. C’est la grosse évolution, commune à beaucoup de sports. Après ça reste du ski de fond, il faut être capable de faire les heures d’entraînement, c’est là-dessus que ça se joue, où il faut arriver à trouver le bon compromis.

 

Le point fort, c’est le travail.

 

Aujourd’hui quels sont les points forts du groupe dont aura la charge votre successeur ?
Le point fort, c’est le travail. Ce sont des athlètes travailleurs, bien dans leur tête, qui ont envie aussi de partager quelque chose ensemble. Puis, ils ont aussi envie de faire évoluer la discipline, et c’est vraiment important. En ski de fond, nous avons des gens « moteurs » et une belle densité, nous l’avons vu sur la course de skate des derniers Championnats de France. Au-delà des personnes qui sont là, entraîneurs ou athlètes, c’est aussi important de montrer aux jeunes que c’est jouable d’avoir des résultats au niveau international.

 

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Christophe Deloche et Roberto Gal à Prémanon, lors des championnats de France de ski nordique.

 

Cela veut dire que c’est aujourd’hui possible pour une nation comme la France d’avoir régulièrement des résultats au plus haut niveau ?
Tout à fait. Et c’est très important d’avoir des athlètes qui montrent à toute la filière qui est derrière qu’il est possible de réussir en ski de fond en France, ce qui n’était pas le cas il y 15 ans en arrière, avant que Roberto Gal n’arrive. Nous avons vu cette année qu’aux Mondiaux juniors, nous avons réussi à faire des médailles, aux moins de 23 ans aussi. C’est important de continuer dans ce sens là, de créer de la dynamique autour des équipes et de tout ce qui se passe derrière, de la discipline en général.

 

Je vais rester dans le milieu.

 

Vous resterez la saison prochaine dans le milieu du ski de fond et de l’entraînement. Vous pourriez vous impliquer dans un Comité non loin de chez vous ?
En effet, j’ai envie de rester dans le milieu et il y a de grandes chances que se soit dans le Comité Mont Blanc. Je ne pars pas parce que j’en ai marre d’entraîner, j’ai aujourd’hui envie de faire passer mon expérience à des jeunes. Après il va falloir que je m’adapte à eux et eux à moi, c’est un gros challenge. Le coaching, c’est le coaching, mais en passant de la Coupe du Monde à un niveau régional, il va falloir que je ne sois pas trop gourmand avec les jeunes que je vais entraîner, que j’arrive à trouver le bon compromis.

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Christophe Deloche encourage Célia Aymonier à La Clusaz.

Christophe Deloche encourage Célia Aymonier à La Clusaz.

 

Qu’est ce que votre expérience sur le circuit Coupe du Monde pourra apporter sur le circuit national ?
La vision du haut niveau et toute l’expérience accumulée sur le côté technique et physique. Après il faut arriver à le décliner à ce niveau-là. Le but pour un comité régional, c’est d’avoir des athlètes performants et surtout leur donner les bases pour réussir à haut niveau et ne pas brûler les étapes. Il fait arriver à leur donner les clés pour pouvoir continuer à progresser et ne pas être déjà en bout de course au moment où ils passeront à la Fédération.

 

Photos : Agence Zoom et Samuel Cordier

 

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