Christophe Perny : « Le Jura est référent en matière de ski nordique »

Le combiné Sébastien Lacroix est un ambassadeur du Conseil général du Jura. Ses récentes médailles d’or aux Mondiaux n’ont pas échappé à Christophe Perny, le président de la collectivité territoriale qui accorde un entretien à Nordic Magazine dans lequel il détaille les interventions du Département dans le ski nordique : team Jura, CNSNMM, camion de fartage…

 

Perny Lacroix LamyChappuis

Christophe Perny, entre Sébastien Lacroix et Jason Lamy Chappuis Photo : Conseil général du Jura 

 

Comment avez-vous réagi quand vous avez appris que Sébastien Lacroix, ambassadeur du Conseil général du Jura, avait décroché deux médailles d’or aux Mondiaux dans le val di Fiemme  ?

On savait déjà que la paire Jason Lamy Chappuis et Sébastien Lacroix était redoutable. Par contre, la première médaille, celle qui a récompensé l’équipe de France, était plus inattendue. Nous avons d’abord été contents pour Sébastien, fiers ensuite car nos deux champions – j’associe naturellement Jason – ont fait parler du Jura, et, satisfaits enfin parce que nous nous sommes dits, nous Conseil général du Jura, que nous n’avions pas fait un mauvais choix en faisant confiance à Sébastien (sourire). Nous avons eu le nez creux ! Du coup, par ces exploits, le Jura devient encore un peu plus référent en matière de ski nordique.

 

Il est vrai que le Jura est monté à de nombreuses reprises sur les podiums cet hiver, qu’il s’agisse aussi de Théo Hannon,  vice-champion du monde junior en combiné nordique, ou encore, dans une autre discipline, Vincent Gauthier-Manuel.

Bien que nous soyons, par l’altitude, un petit massif, nous devenons une vraie terre de formation de champions. Toutes ces réussites valident le travail du Centre national de ski nordique de moyenne montagne, des clubs, des éducateurs, mais aussi la qualité de nos pistes, de nos équipements…

 

La marque Jura est redoutable”

En plus de Sébastien Lacroix, vous avez décidé de soutenir Anaïs Bescond, 4e dernièrement en coupe du monde, ou encore Marie-Caroline Godin.  On peut encore citer le triathlète Romain Guillaume. La liste des ambassadeurs est-elle appelée à s’allonger ?

C’est possible, au fil des opportunités et des athlètes en devenir. Nous sommes assez réactifs. C’est aussi en fonction de ce qu’on peut nous proposer.  Nous discuterons naturellement avec des espoirs. Il est vrai que l’année 2013, à un an des Jeux olympiques de Sochi, est charnière. Au-delà des partenariats, je veux rappeler que la marque Jura est redoutable.

 

Pourquoi avez-vous décidé de financer en grande partie le camion de fartage de l’équipe de France de ski nordique ? Quel sera l’investissement pour le Conseil général du Jura et qu’attendez-vous comme retombées médiatiques ?

Cette action s’inscrit dans le cadre de nos très bonnes relations avec la Fédération française de ski. Depuis que je suis aux responsabilités, j’ai tissé des liens importants et forts avec son président, Michel Vion, ou encore avec le directeur technique national, Fabien Saguez. Jusqu’ici, ceux-ci n’existaient pas. Ceci participe aussi à crédibiliser le Jura.
A côté de cela, nous accompagnons le Centre national de ski nordique de moyenne montagne (CNSNMM) de Prémanon, qui héberge le Pôle France, dans ses projets. La ministre des Sports est venue en marge de la coupe du monde de Chaux-Neuve, et elle a visité le nouveau stade des Tuffes qui sera inauguré en mai prochain. Nous participons également à l’amélioration de l’hébergement, qui n’était pas au niveau jusque là. Nous voulons que le CNSNMM et ses installations deviennent un lieu identitaire du département du Jura, qui vient valider notre statut de terre de formation et de terre de champions.
La FFS a évoqué avec nous son souhait de doter les équipes de France d’un outil exceptionnel, le camion de fartage dont les plus grandes nations nordiques sont dotées ; nous avons accepté d’investir 150 000 euros sur un total de 190 000 €. Cet équipement sera à nos couleurs, nous aurons donc une visibilité à l’international dans le milieu du ski nordique. Ses spectateurs sont, on le sait, des clients potentiels pour le Jura. On ne peut pas attendre un retour sur investissement si l’on ne dépense rien. Il faut prendre des initiatives.

 

Je ne fais pas de politique par procuration”

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Christophe Perny, 
lors de la Transjurassienne .

 

Le fait d’être dans une année pré-olympique constitue va décupler cette visibilité ?

Les Jeux olympiques sont l’événement sportif le plus important de la planète sur le plan médiatique. Si le Jura peut être présent, même de manière furtive, c’est extraordinaire. Or, avec Jason Lamy Chappuis, Sébastien Lacroix, Anaïs Bescond et d’autres, nous pouvons nous attendre à de belles choses. Si nous nous inscrivons dans la durée, les JO constituent, oui, un phare.

 

Comment souhaitez-vous que l’on comprenne votre présence à Chaux-Neuve, pour la Coupe du monde de combiné nordique, ou encore à Mouthe, à l’arrivée de La Transjurassienne ?

J’essaie d’être partout (sourire). Je fais de la politique pour vivre les décisions que l’on prend. Il me faut donc, en permanence, être proche du terrain. Pour tisser des liens avec les acteurs, il est important d’être présent au moment où se concrétisent les projets ou se réalisent les événements. Cela permet de constater comment ceux-ci ont été menés, de recueillir le ressenti des porteurs. Je ne fais pas de la politique par procuration. Il se trouve que, en plus, j’ai une attirance pour le sport. Quand vous soutenez des athlètes, si vous ne les voyez pas au moment où ils vivent leur passion dans ce qu’elle a de plus beau, c’est vraiment dommage !

 

Autre nouveauté : vous avez choisi de soutenir une équipe Jura nordique qui porte les couleurs de la collectivité. Celle-ci accueille des jeunes qui n’ont pas encore rejoint l’équipe élite du comité régional. Est-ce dire que votre engagement s’inscrit dans la durée ?

Il faut être présent dans tous les temps et pour tous les niveaux. Nous aidons les comités départementaux, les clubs et les licenciés. Nous aidons l’élite, mais nous sommes aussi présents aux côtés des jeunes pousses. Ici, la démarche que nous menons en lien avec le président Gérard Carrez est intelligente : nous nous adressons à de jeunes Jurassiens scolarisés dans le département, évoluant dans une catégorie entre deux étapes. Auparavant, soit ils partaient ; soit ils
étaient perdus pour le ski. Tous les champions n’arrivent pas à maturité au même âge. Peut-être qu’au sein de ce team, il y a un ou plusieurs filles ou garçons qui rejoindront l’élite. Il convient d’être vigilant, car il serait dommage qu’ils ne rejoignent pas le sport de haut niveau.