Corinne Niogret : « On n’arrive pas au sommet en ne travaillant pas »

Championne olympique en 1992 lors des JO d’Albertville, Corinne Niogret entraîne aujourd’hui les filles de l’équipe de France B de ski de fond et l’équipe nationale juniors-jeunes. A son retour de Tignes, elle fait le point sur la préparation de ses troupes.


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Corinne, vous rentrez de Tignes où vous avez suivi un stage avec les jeunes dames de l’équipe de France. Pouvez-nous dire si vous êtes contente d’elles ?
Oui nous avons passé la semaine à Tignes, c’était notre troisième stage sur neige après deux séjours à Oberhof dans le tunnel. Les filles travaillent et sont très réceptives, donc oui je suis contente de leur travail même si ce qui compte c’est la course et que c’est à ce moment-là que l’on verra leur progression. Le travail ne paie pas toujours forcément du jour au lendemain et surtout, avec les plus jeunes, nous sommes là pour construire l’avenir.

 

Quelle a été la feuille de route de la préparation estivale ?
Nous avons travaillé surtout l’endurance durant tout l’été en variant les “plaisirs” avec de la musculation, du ski-roues, de la course à pied… Petit à petit, à l’approche de la saison, nous affinons les programmes en intensité pour attaquer en bonne forme.

 

Le programme des prochains jours ? Le premier rendez-vous avec la compétition ?
Les filles sont rentrées avant-hier de stage, vont passer une semaine plutôt à tendance récupération à la maison, puis les juniors iront à Tignes du 4 au 8 novembre, pour venir  ensuite sur Prémanon dès le 17 novembre afin de finaliser la préparation en vue du Subaru Nordic Challenge qui sera la première étape qualificative pour le début de saison en OPA. Pendant ce temps les seniors prépareront leurs valises pour s’envoler le 11 novembre en Scandinavie où elles affronteront le chrono pour des places sur le circuit mondial.

 

Parlez-nous de Julia Devaux (SC Villars de Lans) dont on a remarqué la bonne forme lors du sprint des championnats de France de rollerski à Briançon.
Julia est dans sa dernière année junior. L’ambition est donc double chez elle. Dans un premier temps, elle doit valider des choses en tant que junior sur le circuit OPA puis les championnats du monde de Liberec et, dans un deuxième temps, penser et préparer sont passage l’an prochain chez les seniors… En ce moment, elle est un peu dans le dur  car elle souffre d’une fracture de fatigue et donc elle est en programme allégé pour pouvoir reprendre le ski dans de bonnes conditions assez rapidement.

 

Léa Damiani (SC Damiani), Marie Kromer (SC Nordique Praz-de-Lys-Sommand) et Mathilde Petit Jean (SC Nordique Pays rochois) s’entraînent avec l’équipe de France. Est-ce important pour ces filles de s’entraîner avec vous ?
C’est à elles qu’il faut poser la question ! Mais oui, je pense que c’est important d’appartenir à ce groupe, de sentir que la fédération leur fait confiance et de continuer à progresser. Elles ont encore beaucoup de travail à faire pour, dans quelques années, prendre la suite dans le groupe coupe du monde. Mais, en tout cas, elles essaient d’être au maximum professionnelle en conciliant leur sport, les études….

 

Au regard de ce que vous avez vu ces derniers mois, doit-on s’attendre à de bonnes surprises dans les prochains mois ?
En ski de fond, il y a quand même rarement des surprises, les gens progressent régulièrement pour atteindre le haut niveau. On n’arrive pas au sommet en ne travaillant pas. Donc, partant de ce principe, j’espère que les filles auront encore progresser et qu’elles pourront s’épanouir et donner leur maximum durant tout la saison.

 

Imaginons que nous soyons en avril, qu’est-ce qui rendrait le coach que vous êtes heureuse ?
Que les filles aient réalisé leurs objectifs ! Tout le monde ne peut pas gagner, mais quand on atteint les buts fixés, c’est quand même intéressant. Il est sûr qu’en termes de résultats, j’aimerais voir des sourires sur des podiums d’abord sur la coupe OPA et pourquoi pas aux championnats du monde junior et U23 et aux FOJE, car Léa Damiani est encore dans la catégorie Jeune.

 

Dernière question : toujours passionnée par votre rôle d’entraîneur ?
Oui j’aime ce que je fais et je ne regrette pas d’avoir bifurqué depuis deux saisons dans l’entraînement des skieuses de fond.

 

Photo : Gérard Liveneau